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Wired

Edité par The Condé Nast Publications, le mensuel Wired existe depuis bientôt douze ans aux Etats-Unis. Disponible dans l'hexagone dans une poignée de librairies spécialisées, la revue mérite-t-elle que Krinein s'y attarde le temps d'une chronique ? Assurément. Car Wired constitue un cas relativement unique dans le petit monde de la presse et ce, à l'échelle internationale. Sans réel équivalent en France (le seul rapprochement pertinent se trouverait éventuellement du côté de Chronic'art), Wired s'impose comme le guide ultime de la génération nerd (ou geek, pour faire branché).

Définir précisément de quoi traite le magazine relève ainsi de la gageure. Des nouvelles technologies, pourrait-on dire. Ou pour rester encore plus vague, du futur. L'informatique tient une place importante (voir les dossiers de fond parus récemment sur l'open source ou sur le phénomène Google) mais ne se limite pas dans ces pages au simple guide d'achat de la dernière machine qui déchire ta race en deux. Le lecteur un minimum curieux et anglophone (niveau accessible malgré un certain nombre de termes techniques ou argotiques) apprendra donc comment les diamants pourraient révolutionner les ordinateurs, pourquoi l'Inde devient peu à peu la nouvelle Silicon Valley, les nombreuses faces cachées d'Internet, la façon dont les machines changent les tactiques militaires...

Dans cette logique de regard transversal, Wired aborde tout ce qui touche de près ou de loin à la notion de progrès. Aux côtés des sagas de Pixar, des frères Wachowski ou de Philip K. Dick, les journalistes habitués ou occasionnels retracent les derniers travaux les plus stimulants de la médecine moderne (lutte contre le cancer, séparation des siamoises Bijani, clonage thérapeutique...) ou se penchent sur des projets d'architecture en vue (allant jusqu'à confier en juin 2003 la rédaction en chef d'un numéro entier à l'architecte néerlandais Rem Koolhaas). Du côté de la culture, Wired propose (outre un guide mensuel) des approches originales de sujet incontournables : les logiciels utilisés pour les effets spéciaux du Seigneur des Anneaux, la science du générique de Kyle Cooper (à l'oeuvre sur Seven, L'Armée des Morts et... Spider-Man 2), la robotique selon Isaac Asimov à l'occasion de la sortie de I, Robot...

Les papiers les plus improbables mais aussi les plus enthousiasmants entrent par ailleurs parfaitement dans la logique nerd de la ligne éditoriale tenue par le rédacteur en chef Chris Anderson. Plutôt que de décortiquer le dernier jeu vidéo à sensations, Wired part régulièrement à la rencontre de passionnés un peu dingues comme ces rockers ne jouant que des thèmes de vieux jeux Nintendo, ou ces artistes underground utilisant le Game Boy comme instrument de musique. A noter également, pour les amateurs de science-fiction, les participations régulières d'auteurs en vue du genre (Bruce Sterling, Lawrence Lessig, Neal Stephenson...) aux colonnes du magazine.

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3 commentaires

  • bageleater

    23/08/2004 à 00h00

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    Et oui, Wired c'est super bien. Mais par contre Lawrence Lessig n'est pas et n'a jamais été un auteur de science fiction. Par contre c'est un grand specialiste du droit de la propriété intellectuelle à l'origine de l'initiative Creative Commons.

  • Anonyme

    24/08/2004 à 00h01

    Répondre

    Mea culpa. Lawrence Lessig n'est pas auteur de science-fiction mais de science-vision (hum, quelle pirouette).

    Merci pour cette précision bageleater

    Camite.

  • Anonyme

    08/09/2004 à 00h02

    Répondre

    Personnellement, j'ai feuilleté quelques fois Wired et je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout. Des articles branchouillards qui ne veulent rien dire, un fond totalement absent qui n'est que remplacé par l'idée de modernité, une mise en page parfois à hurler. Bref, selon moi, il ne vaut même pas son papier pour la poubelle.

    Claude

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