9/10

Wipitta

Viva le net, surtout quand il permet de découvrir des créations de qualité comme Wipitta, la seule web-série qui rend les flics sympathiques !

S'il y a bien un truc de vraiment sympa avec le net, c'est qu'on assiste depuis quelques temps à l'émergence d'un phénomène qui permet de révéler des talents qui seraient sûrement restés anonymes s'ils n'avaient du dépendre que du bon vouloir des grosses structures de diffusion : les web-séries.

Guilhem Connac et Sami Jalal. Take five!
Guilhem Connac et Sami Jalal.
Take five !
Souvent tournées au format court et auto-produites, ces séries ont généralement pour signe distinctif de compenser un manque de moyens par une créativité, un sens aigu du système D et une liberté de ton qui les rendent nettement plus intéressantes à regarder que les produits souvent formatés diffusés sur les grandes chaînes de télévision. De bons et joyeux trublions tels que Fabien Fournier (Noob), Ruddy Pomarede (Flander's Company) ou François Descraques (Le Visiteur du Futur) se sont ainsi fait connaître d'un public de bon goût et, bien que dans un registre différent, on peut aujourd'hui rajouter à cette liste le nom de Guilhem Connac avec sa série Wipitta.

Wipitta est une ville fictive située entre Amérique et Europe, qui a la particularité d'abriter la police fédérale la plus absurde du monde, et notamment deux spécimens pas piqués des hannetons, les officiers Elliot Poune et Costa Saganakis, deux bras cassés persuadés d'être la crème des flics de la ville et dont la spécialité est le raisonnement capilotracté. Leur propension à transformer la moindre affaire en monument d'absurdité leur vaut l'incompréhension voire le mépris de leurs collègues, et vaut surtout au spectateur de s'assurer une bonne tranche de rigolade.

Et c'est ce qui fait tout le charme de Wipitta. Chaque épisode étant bâti sur une structure - prologue / scènes entrecoupées de jingles / épilogue - qui n'est pas sans rappeler Kaamelott, la série fait la part belle au jeu d'acteurs et aux dialogues improbables tout en détournant les clichés inhérents au genre policier, comme dans Entrée Libre, l'épisode deux de la première saison qui porte sur la meilleure façon d'entrer en scène lors d'une intervention musclée.

Tournage de l'épisode
Sur le tournage de l'épisode Jump
Très sympathique lors des premiers épisodes, Wipitta trouve rapidement un rythme et une identité qui s'affinent carrément lors des deux (et pour l'instant seuls, les autres étant en cours de montage) épisodes de la saison 2, où non seulement les répliques font mouche à chaque coup, mais où l'on a en plus la très bonne surprise de voir le cast s'étoffer avec la présence du comique Eric Blanc (qu'on n'avait pas revu depuis un bail) et de la comédienne et présentatrice Karine Lima, excellente dans le rôle d'une psy médusée découvrant cette maison de barjos.

Mais ce sont surtout les acteurs récurrents du reste de la distribution qui font plaisir à voir tant on sent qu'ils s'amusent à incarner leurs personnages, à commencer par le duo Poune / Saganakis parfaitement campé par les très bons Jerémy Kretz et Sami Jalal, à fond dans leurs rôles de neuneus et bien entourés par Philippe Van Den Bergh (le lieutenant Robert Stonk), Dorothée Caby (l'agent Helena Roff) et... Guilhem Connac lui-même, dans le rôle du Doc, le médecin légiste un brin pompeux de la police fédérale de Wipitta.

Shortcom bien ficelée et qui laisse présager du meilleur lors des prochains épisodes, Wipitta se paye déjà un bon succès sur la toile et gagne franchement à faire plus parler d'elle, ce qui sera sans doute le cas dès lors que l'on sait qu'elle reçoit le soutien de comiques reconnus comme Gérald Dahan, qui devrait venir y taper un caméo. En attendant, n'hésitez pas et laissez-vous prendre en flag, vous pourriez bien décider de vous faire alpaguer plus souvent (et zyeutez au passage l'épisode Making Of, véritable bijou d'humour)!

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