L'œuvre d'Agatha Christie à l'écran : Hercule, Jane et les autres

Plus de trente ans après sa mort, Agatha Christie fait toujours recette : ses polars sont des classiques réadaptables à l'envi, et certains de ses personnages sont entrés au panthéon des détectives légendaires.

Avant Mary Higgins Clark ou Patricia Highsmith, il y avait Agatha Christie. Pionnière du polar "cup of tea", la romancière anglaise (de son vrai nom Agatha Mary Clarissa Miller) a laissé une empreinte durable dans l'histoire de la littérature policière, au point d'être anoblie en 1971. A sa mort en 1976, plusieurs dizaines de films, téléfilms, pièce de théâtre et feuilletons radiophoniques avaient déjà été adaptés de ses œuvres. Par la suite, le compteur a continué de tourner, s'enrichissant de nouveaux supports comme la bande dessinée ou les jeux vidéo (en 2005, 2006 et 2007, 10 petits nègres, Le crime de l'Orient-Express et Meurtre au soleil sont successivement adaptés à l'univers vidéoludique). Le "murder mystery" est un genre qui plait toujours, et les enquêteurs emblématiques que sont Hercule Poirot et Miss Marple revivent inlassablement certaines de leurs aventures.

Hercule Poirot - Miss Marple - Dix petits bonshommes - Autres - Le cas de la France

Hercule Poirot

Le plus célèbre des personnages d'Agatha Christie est incontestablement le détective belge Hercule Poirot. Le petit homme précieux et moustachu apparaît pour la première fois en 1920 dans The Mysterious Affair at Styles, et sera le héros de 84 histoires ! Sa dernière aventure, Hercule Poirot quitte la scène (Curtain), est également le dernier roman publié par sa créatrice, qui l'avait pourtant écrit trente ans plus tôt, durant la Seconde Guerre Mondiale.

1965
1965
Dès 1928, le personnage est incarné sur scène par Charles Laughton, et trois ans plus tard, il atteint l'écran sous les traits d'Austin Trevor, dans les films Alibi (adapté du roman Le meurtre de Roger Ackroyd) et Black Coffee (tourné simultanément en français avec une autre équipe, comme cela se faisait parfois à l'époque, sous le titre Le coffret de laque). Trevor reprend le rôle en 1934 dans Lord Edgware dies.

Au cours des décennies suivantes, malgré un succès littéraire constant, Poirot se raréfie à l'écran : on recense une fiction télévisée de Mort sur le Nil en 1950, une autre (allemande) du Crime de l'Orient-Express en 1955, et un épisode de G.E. True Theater en 1962. Heureusement, en 1965, il est remis au goût du jour par Frank Tashlin, réalisateur de quelques comédies avec Jayne Mansfield, dans A.B.C. contre Hercule Poirot ; il est alors interprété par Tony Randall, qui est confronté entre autres suspects à la sculpturale Anita Ekberg de La Dolce Vita ; le ton parodique déçoit les intégristes, mais le film remporte un certain succès.

Après un téléfilm allemand tiré de Black Coffee en 1973, s'ouvre une série de productions prestigieuses consacrées au détective. La première est l'adaptation par Sidney Lumet du Crime de l'Orient-Express, en 1974 ; autour d'un Hercule Poirot joué par Albert Finney, on trouve un casting de stars : Sean Connery, Anthony Perkins, Lauren Bacall, Richard Widmark, Jean-Pierre Cassel... Le film est un peu guindé, mais ne manque pas de classe, et constitue la dernière adaptation d'Agatha Christie à sortir de son vivant.

En 1978, Mort sur le Nil marque l'arrivée de Peter Ustinov dans le rôle de Poirot. Pompeux mais pas exempt de bonhomie, parlant un français impeccable (à la différence d'Albert Finney qui le baragouinait approximativement), Ustinov offre une interprétation délectable et pertinente, qui sauve un film paresseusement écrit ; au rayon des célébrités, on trouve Mia Farrow, Jane Birkin, David Niven, Bette Davis... Quatre ans plus tard, Meurtre au soleil réplique la formule : Peter Ustinov en vedette, une ambiance de vacances ensoleillée, un casting trois étoiles (Jane Birkin à nouveau, Diana Rigg, James Mason, Roddy McDowall...) et une 1978-1988 : Peter Ustinov
1978-1988 : Peter Ustinov
intrigue apparentée font du film un succès modéré, qui orientent les aventures suivantes de Poirot vers le petit écran. C'est donc sous forme de téléfilms que se tournent Le couteau sur la nuque et Poirot joue le jeu en 1985-86, permettant néanmoins à Ustinov de croiser Faye Dunaway et Bill Nighy, et surtout de devenir l'acteur ayant interprété le détective le plus souvent (le record était détenu par Austin Trevor depuis les années 30). Il enchaîne sans frémir sur un troisième téléfilm appelé Meurtre en trois actes, où il partage la vedette avec Tony Curtis.
Toujours en 1986, un autre téléfilm appelé Murder by the Book met en scène Ian Holm dans le rôle d'un Hercule Poirot assassiné... par Agatha Christie ?
En 1988, Peter Ustinov incarne Poirot pour la sixième et dernière fois, au bout de dix années de bons et loyaux services : la sortie de Rendez-vous avec la mort est cinématographique, et le casting un peu plus clinquant que celui des téléfilms (on y trouve entre autres Lauren Bacall, Carrie Fisher, ainsi que David Soul, le Hutch de Starsky).

Parallèlement à un film russe répondant au doux nom de Zagadka Endkhausa, Hercule Poirot trouve son interprète "définitif", un an seulement après Rendez-vous avec la mort : David Suchet, choisi pour jouer le moustachu dans la série Poirot, atomisera les records de nombre et de longévité établis par Ustinov. De 1989 à 2010, il mène 65 des enquêtes écrites par Agatha Christie ; après Le crime de l'Orient-Express en 2010, il ne lui reste qu'une pincée d'aventures à vivre, Depuis 1989 : David Suchet
Depuis 1989 : David Suchet
avant le fatidique Curtain que les fans attendent... En vingt ans, Suchet (qui, coïncidence, jouait un rôle secondaire au côté de Peter Ustinov dans Le couteau sur la nuque) s'est imposé dans le rôle de la même manière que Jeremy Brett en Sherlock Holmes : beaucoup de spectateurs s'avèrent désormais incapables de séparer le personnage de l'acteur. Les personnages secondaires (le capitaine Hastings, Miss Lemon et l'inspecteur Japp jusqu'en 2002, puis Ariadne Oliver et le majordome George depuis 2006), fidèles à leurs modèles de papier, habillent efficacement les épisodes. A partir du milieu des années 2000, la tonalité de la série s'est faite plus sombre, moins humoristique, à mesure qu'on s'approche de la fin de la carrière du héros.

La performance de David Suchet n'incitant pas à la compétition, on ne trouve que deux autres interprètes de Poirot au cours de ces vingt dernières années : Alfred Molina dans une adaptation télévisée (modernisée) du Crime de l'Orient-Express en 2001, et le Russe Konstantin Rajkin dans le téléfilm Neudacha Puaro en 2002, adapté du Meurtre de Roger Ackroyd. A ce jour, Hercule Poirot n'a donc jamais été joué à l'écran par un Belge, ni même par un Français...

Miss Marple

1961-1965 : Margaret Rutherford
1961-1965 : Margaret Rutherford
Miss Jane Marple, respectable habitante du petit village de St. Mary Mead, est une vieille dame solitaire à l'esprit affûté, dont le goût du mystère n'a d'égal que la mémoire des ragots ; détective amateur, elle exerce son art de la déduction en dilettante, débrouillant le plus souvent des mystères familiaux en milieu rural... Apparue pour la première fois sous la plume d'Agatha Christie en 1927, elle sera l'héroïne de douze romans et de trois recueils de nouvelles.

Malgré le succès de ses enquêtes littéraires, Miss Marple met plusieurs décennies avant de connaître les honneurs de l'écran. Après le téléfilm vite oublié A Murder is Announced (1956), le personnage est incarné au cinéma par Margaret Rutherford dans une série de quatre films, de 1961 à 1964 : Murder she Said (Le train de 16h50), Murder at the Gallop (Meurtre au galop), Murder Most Foul (Lady détective entre en scène, un titre français bien tiré par les cheveux) et Murder Ahoy (Passage à tabac) remportent un franc succès ; bien que de nombreuses libertés soient prises avec les textes, Rutherford 1980 : Angela Lansbury
1980 : Angela Lansbury
devient associée au personnage, au point qu'Agatha Christie lui dédie le roman Le miroir se brisa en 1962. Elle fait également une apparition clin d'œil dans A.B.C. contre Hercule Poirot en 1965.

Hormis un obscur téléfilm allemand (Mord im Pfarrhaus en 1970), les aventures de Miss Marple ne furent plus portées à l'écran jusqu'en 1980. Dans la mouvance des productions consacrées à Hercule Poirot, Guy Hamilton réalisa alors Le miroir se brisa, avec Angela Lansbury dans le rôle de la vieille fille ; elle jouait déjà deux ans plus tôt dans Mort sur le Nil, et s'illustrera durant de nombreuses années dans la série Arabesque, où son personnage d'écrivain malin évoque clairement celui de Mademoiselle Marple... A ses côtés, la distribution extra-choix réunit Elizabeth Taylor, Tony Curtis, Geraldine Chaplin, Rock Hudson, Kim Novak et Edward Fox.

En 1983, tandis que le film russe Tayna chyornykh drozdov adaptait le roman A pocketful of Rye avec l'actrice Ita Ever, l'occident remarquait surtout le téléfilm A Caribbean Mystery avec Helen Hayes ; deux ans plus tard, elle tient à nouveau le rôle dans Murder with Mirrors, avec Bette Davis et le tout jeune Tim Roth. Mais 1984-1992 : Joan Hickson
1984-1992 : Joan Hickson
entre-temps, la BBC a lancé sa série Miss Marple, avec l'impeccable Joan Hickson (qui tenait un rôle secondaire dans Le train de 16h50 en 1961 !). En l'espace de six ans, les douze romans sont adaptés, et le résultat constitue une référence incontournable pour les amateurs de l'héroïne.

En 2004, juste après une version indienne du roman Le miroir se brisa appelée Shubho Mahurat, ITV lance sa propre version de Miss Marple. Pour rester dans l'esprit de Poirot, ils nomment la série Marple, et offrent le rôle-titre à la comédienne Geraldine McEwan. A partir de 2008, elle est remplacée par Julia McKenzie, au physique plus "maman gâteau". La série n'apporte pas grand-chose aux épisodes tournés avec Joan Hickson, si ce n'est un peu de dynamisme dans la réalisation, et de nombreuses entorses aux romans. Dans l'épisode Mon petit doigt m'a dit, on croise le couple Tommy et Tuppence Beresford, qui sont des personnages récurrents dans l'œuvre d'Agatha Christie.

Dix petits bonshommes

En 1939, Agatha Christie publie Ten Little Niggers, édité aux USA sous le titre And then there were none, puis parfois retitré Ten Little Niggers (de la même manière, en France, il est indifféremment publié sous les titres Dix petits nègres ou Dix petits indiens). L'intrigue est un classique instantané : dix personnes coincées sur une île sont assassinées une par une selon les couplets d'une comptine... Le coupable serait-il parmi eux ? Le livre sera le plus gros succès de l'auteur, ce qui explique la multitude d'adaptations qui en sont tirées : porté dix fois 1945
1945
à l'écran, il surclasse sans peine les autres favoris que sont Le crime de l'Orient-Express, Le miroir se brisa et Le train de 16h50 (quatre fois chacun).

Dès 1945, René Clair tourne la première version, intitulée And then there were none en v.o. et Dix petits indiens en France ; on y voit notamment Walter Huston et Louis Hayward. Restée unique durant une dizaine d'années, l'adaptation est rejointe en 1959 par deux dramatiques télé insignifiantes, puis par une version indienne appelée Gumnaam.

En 1965, l'histoire est à nouveau portée à l'écran, par un George Pollock fort de ses Miss Marple avec Margaret Rutherford ; de nouveau appelé Dix petits indiens en français (mais cette fois Ten Little Indians en anglais), le film met en scène Shirley Eaton (une Bond Girl de Goldfinger) et Dennis Price.

Après un passage par les planches françaises (une version filmée d'Au théâtre ce soir en 1970), le roman retourne au cinéma en 1974, avec un beau casting composé de Charles Aznavour, Maria Rahm, Adolfo Celli, Stéphane Audran, 1974
1974
Richard Attenborough, Gert Fröbe, Herbert Lom, Oliver Reed et la voix d'Orson Welles. Le titre anglais est à nouveau Ten Little Indians, mais il est traduit en France par Dix petits nègres.

En 1985, on note une version friponne appelée Ten Little Maidens (aura-t-on droit un jour aux Exploits d'Hercule Poireau ?), suivie deux ans plus tard d'une version russe titrée Desyat negrityat. En 1989 enfin, la quatrième et dernière (à ce jour) version cinéma de Ten Little Indians sort dans une relative indifférence, et reste inédite en France ; on y trouve pourtant Donald Pleasence, Herbert Lom (encore !) et Frank Stallone (oui oui, le frère de).

Autres œuvres

Certains personnages n'ont pas connu la même popularité que Miss Marple et Hercule Poirot. Il en va ainsi de Mr Quin, un individu mystérieux que l'on trouve dans un recueil de nouvelles, et qui ne fut adapté qu'une seule fois à l'écran, en 1928. Lot de consolation : The passing of Mr Quin est la toute première adaptation filmée d'un récit d'Agatha Christie.

De même, Tommy et Tuppence Beresford tombèrent dans un relatif oubli après un premier film daté de 1929, Adventures Inc (en allemand : Die Abenteuer GmbH), adapté de The Secret Adversary ; les personnages étaient alors renommés en Pierre Lafitte et Lucienne Fereoni. On les retrouve bien plus tard, en 1983, dans le téléfilm The Secret Adversary sous les traits de Francesca Annis et James Warwick, confrontés à Honor Blackman. S'ensuit une série de 10 épisodes appelée Partners in Crime (Le crime est notre affaire), où le même duo d'acteur offre son moment de gloire au couple Beresford.


Adapté pour la première fois en 1937, Love from a stranger est un mini-favori des cinéastes : après la première version avec Basil Rathbone (connue aussi sous le titre A night of Terror), il a été repris en 1947 avec Sylvia Sidney, puis en 1967 à la télévision allemande (Ein Fremder klopft an).

Autre chouchou de l'œuvre christienne : la pièce Witness for the Prosecution. Filmée en 1950 et en 1953 sous forme de dramatiques télé, elle est adaptée au cinéma en 1957 par l'excellent Billy Wilder, qui s'offre un casting de grosses pointures : Tyrone Power, Marlene Dietrich, Charles Laughton et Elsa Lanchester font du film (appelé en France Témoin à charge) un beau succès. Il est donc inutile de s'appesantir sur le téléfilm de 1982...

La pièce The Unexpected Guest, quant à elle, semble inspirer les cinéastes exotiques : l'Inde en tire le film Dhund en 1973, l'Italie L'ospite inatteso en 1980, et le Japon Manekarezaru kyaku: Fujisanroku renzoku satsujin jiken en 2001.

Dans les années 50 à 70, on note également les téléfilms The Case of the Missing Lady (1950) et The Red Signal (1952), ainsi que les films de série B The Spider's Web (1960) et Endless night (1972) avec Britt Ekland, Peter Bowles et Lois Maxwell. En 1976, il convient de s'arrêter sur le fabuleux Un cadavre au dessert (Murder by Death), un pastiche qui réunit plusieurs détectives inspirés de personnages célèbres : Hercule Poirot devient Milo Perrier, assisté d'un chauffeur souffre-douleur, et Miss Marple est renommée Miss Marbles (Elsa Lanchester), accompagnée de sa nurse grabataire. Dans le même film, on trouve Peter Falk en
Sam Diamond (dérivé de Sam Spade), Peter Sellers en Sidney Wang (inspiré de Charlie Chan), ainsi que David Niven et Maggie Smith en Dick et Dora Charleston. Ces derniers sont les doubles de Nick and Nora Charles, un couple de personnages partiellement inspirés de... Tommy et Tuppence, créés par Agatha Christie ! Le dessin du générique, repris sur l'affiche, est l'œuvre de Chas Addams, l'auteur de La famille Addams.

Les années 80 sont décidément l'âge d'or des adaptations d'Agatha Christie : outre les Poirot et Marple cinéma et télé, on encaisse une batterie de téléfilms tirés de ses romans et nouvelles : Why didn't they ask Evans? (1980) avec John Gielgud et Eric Porter ; The seven dials mystery (1981) avec John Gielgud de nouveau ; The Spider's Web (1982) ; Murder is Easy (Un meurtre est-il facile ?, 1982) avec Bill Bixby, Jonathan Pryce, Shane Briant, Freddie Jones et Olivia de Havilland ; une série de 10 épisodes titrée The Agatha Christie Hour (1982) ; Sparkling Cyanide (Meurtre au champagne, 1983) ; The Last Seance (1986) avec Anthony Higgins et Jeanne Moreau ; et The man in the Brown Suit (L'homme au complet marron, 1989) avec Tony Randall, Edward Woodward et Rue McClanahan. Côté cinéma, la firme Cannon sort Ordeal by Innocence (Témoin indésirable) en 1985, avec Donald Sutherland, Faye Dunaway et Christopher Plummer, tandis que le Japon tente en 1985 une adaptation du roman Le Vallon expurgée d'Hercule Poirot, appelée Dangerous Women.

Après cette période faste, le calme revient : The Pale Horse est adapté en téléfilm en 1997, et Sparkling Cyanide en 2003. En 2004, le téléfilm Agatha Christie : A life in Pictures raconte la vie de la romancière.

Le cas de la France

Au beau milieu des années 2000, alors que le reste du monde a jeté l'éponge (si l'on excepte les séries Poirot et Marple qui roulent sur leurs rails), le paysage
audiovisuel français se prend d'une passion soudaine et inédite pour Agatha Christie. Après avoir snobé son œuvre durant plus de huit décennies, l'Hexagone ressent d'un coup le besoin de l'adapter frénétiquement sur grand et petit écran. En cinq ans, on voit donc sortir en France quatre films et deux séries tirés des bouquins de Dame Christie.

En 2005, c'est Pascal Thomas qui ouvre le bal avec Mon petit doigt m'a dit. Catherine Frot et André Dussollier y incarnent Prudence et Bélisaire Beresford, versions francisées de Tommy et Tuppence Beresford. Il rappelle le duo trois ans plus tard pour Le crime est notre affaire ; malgré son titre et ses enquêteurs (opposés ici à Claude Rich), le film est adapté du roman Le train de 16h50 qui mettait en scène Miss Marple. Entre-temps, le réalisateur a également tourné L'heure zéro (adapté du roman Towards zero) avec François Morel, Danielle Darrieux, Laura Smet, Melvil Poupaud, et Chiara Mastroianni ; on retrouve les deux derniers dans Le crime est notre affaire.

En 2006, la mini-série Petits meurtres en famille est librement adaptée d'une enquête d'Hercule Poirot, qui est remplacé dans le scénario par Antoine Duléry en Antoine Duléry et Marius Colucci
Antoine Duléry et Marius Colucci
commissaire Larosière et Marius Colucci (le fils de Coluche) en inspecteur Lampion, deux personnages créés de toute pièce pour franciser le récit. Poirot étant Belge, on peut douter de l'intérêt de la manœuvre, mais qu'importe... Le générique réunit Robert Hossein, Elsa Zylberstein, Grégori Derangère et Frédérique Bel. Le succès est suffisant pour qu'une autre série soit mise en chantier quelques années plus tard : en 2009-2010, Larosière et Lampion reprennent du service dans Les petits meurtres d'Agatha Christie, où les deux larrons remplacent à nouveau Poirot.

En 2008, Le grand alibi est réalisé par Pascal Bonitzer avec Pierre Arditi, Miou-Miou, Lambert Wilson, Mathieu Demy, Anne Consigny et Valeria Bruni Tedeschi. Le scénario est adapté du roman Le Vallon avec Hercule Poirot, qui est remplacé ici par un flic discret joué par Maurice Bénichou. Encore une fois, la substitution laisse songeur...


Avec plus de 120 films, téléfilms et séries tirés de son œuvre depuis 82 ans, Agatha Christie continue de fasciner alors que ses multiples héritiers dans le domaine du polar s'appliquent régulièrement à moderniser le genre. Faut-il en conclure que la recette du succès réside dans la structure presque mathématique de ses intrigues, ou que le côté rétro de son univers gagne en charme avec le temps au lieu de prendre la poussière ?...


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1 commentaires

  • Anonyme

    08/11/2010 à 03h56

    Répondre

    J'ai vu quelques vieux films avec H. Poirot et évidemment presque toute la série avec David Suchet: le gros reproche, les intrigues secondaires ont disparues. Les intrigues secondaires sont les l iens présents entre certains personnages alors que l'intrigue principale est dans le passé. Et c'est justement la force de H. Poirot: de tout découvrir.


    J'ai vu 2 ou 3 trucs avec Miss Marple: les histoires sont vraiment trop adaptées 

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