7.5/10

Turandot, princesse de légende - Spectacle au Stade de France

Le 28 mai 2005, le Stade de France se paraît de décorations chinoises pour la représentation d'un spectacle unique : Turandot. L'opéra de Puccini dont l'histoire se passe en Chine a été repris par Zhang Yimou (Epouses et concubines, Hero, Le secret des poignards volants) qui l'a mis en scène avec toute la grandeur et le sens esthétique qu'on lui connaît.

Les moyens mis en oeuvre sont grandioses avec une scène absolument gigantesque et un nombre de participants impressionnant. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La reconstitution de cité interdite mesure 35 mètres de haut pour 175 mètres de long et 35 de large. Disons-le autrement pour les habitués de sport : le décor remplit le stade de France à partir du second étage d'une tribune à l'autre où la plus grande maison occupe au moins toute la largeur de la pelouse. Il faut rajouter à cette scène pas moins de 80 musiciens, 120 choristes, 100 danseurs et 150 figurants, sans compter les nombreux accessoires et costumes venus directement de Chine. Dire que les moyens employés sont gigantesques en devient même un euphémisme.

Il est temps de s'intéresser d'un peu plus près à l'opéra lui-même, à savoir l'histoire de Turandot. Cet opéra en trois actes est la dernière création de Puccini (La Bohème, Tosca, Mme Butterfly, ...) qu'il n'a d'ailleurs jamais pu terminer, la fin ayant été écrite par Franco Alfano, un de ses élèves. Turandot est une princesse chinoise aussi belle que cruelle. Afin de repousser ses nombreux prétendants, elle a édicté une loi cruelle qui les oblige à résoudre trois énigmes pour pouvoir obtenir sa main. S'ils échouent ils seront décapités, ce qui a de quoi refroidir. Toutefois, un mystérieux prince tombé amoureux du charme de la princesse décide de relever le défi.

Difficile de suivre l'histoire d'un opéra chanté, qui plus est en Italien, sans livret. Bien heureusement, le format DVD comble largement ce manque grâce à l'affichage des sous-titres français qui nous indiquent le sens des paroles chantées. Le son en 5.1 permet également d'obtenir un bon rendu sonore. Toutefois, on ne constate rien d'exceptionnel à signaler au niveau des voix ou de l'orchestration et au vu de mon faible niveau en opéra, je ne peux dire quel est son niveau d'interprétation. Il manque toutefois à Turandot de grands airs célèbres, comme ceux de Carmen ou de La flûte enchantée, pour accrocher un public non connaisseur. Mais là n'est pas le principal, cet opéra étant avant tout un spectacle visuel éblouissant. Les décors sont fabuleux, les éclairages excellents et toutes les couleurs sont magnifiques. On peut signaler en particulier le travail effectué autour des costumes étincelants de beauté qui valent le détour à eux seuls. Zhang Yimou est assurément un grand esthète perfectionniste et il le prouve une fois encore.

Le DVD comporte en plus des bonus intéressants avec un making-of du spectacle de 20 minutes, parlant de la construction de la scène ou des coulisses de l'opéra. On y voit bon nombre d'explications sur l'opéra comme la création des costumes, l'arrivée des décors ou les aspirations du metteur en scène. Cela permet également d'obtenir une vue d'ensemble de la scène au coeur du stade de France qui prend là toute son ampleur. Un reportage parfait après avoir vu l'opéra. Une galerie de photos et des indications sur l'équipe technique sont également disponibles.

Turandot est un opéra occidental sur la Chine repris par les Chinois. On se retrouve dès lors avec un mélange des deux cultures, la musique classique et le chant italien se couplant admirablement avec la grandeur épique et visuelle chinoise. L'opéra vaut avant tout pour sa mise en scène époustouflante et son gigantisme qui en font un spectacle hors norme.

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1 commentaires

  • Anonyme

    12/04/2008 à 11h57

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    Un spectacle époustouflant et hors norme!!!!!

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