7/10

True Blood - Saison 2

Le champ d'action de True Blood s'agrandit pour le meilleur. Au lieu de se reposer sur ses acquis, la série vogue vers d'autres terres et parvient, pour le moment, à conserver le même intérêt que par le passé.

Sookie et ses amis ne sont pas au bout de leurs peines. Après avoir découvert un nouveau cadavre dans la voiture de l'inspecteur Bellefleur, voici que Bon Temps est une nouvelle fois en proie au chaos : manipulations, fanatisme, amours, sexe débridé, la communauté s'apprête à connaître une nouvelle période de troubles...


Le cheval de bataille de True Blood saison 1 n'était pas difficile à cerner. En posant les bases d'un monde où des créatures de légende, les vampires, pouvaient côtoyer les êtres humains, la série s'attaquait au phénomène de ségrégation à travers des éléments de divertissement. La saison 2 cherche à conserver cet équilibre mais ne peut s'empêcher de basculer plus généreusement dans le distractif, en multipliant les personnages et les intrigues - et tout en gardant cette enveloppe très fournie de trash attitude qui ferait faire une syncope à une Stéphenie Meyer. Le sexe, voilà quelque chose qui ne pourra jamais être dissocié de cette bonne petite ville de Bon temps, et les éléments nouveaux ne vont vraiment rien arranger. True Blood vient en effet s'appuyer sur la mythologie dans une plus large mesure, en la matérialisant à travers le personnage de Maryann. Si celui-ci ne semble aller nul part dans la première moitié de la saison, se contentant de fournir aux épisodes leur pourcentage de scènes orgiaques, il gagne en intensité dans les derniers moments et fournit un second degré de réflexion : le rapport à la religion et le fanatisme. Et si cette partie semble un peu trop « fantastique » pour être prise au sérieux, la série la contrebalance avec un instantané de culte religieux (The Fellowship of the Sun) qui pourrait bien trouver un écho de nos jours.
Il est simplement dommage de voir que cette nouvelle ligne directrice est en partie menée par ce crétin de Jason Stackhouse, qui n'a décidément qu'une belle gueule et un beau torse - même si l'on pourra lui découvrir quelques autres qualités insoupçonnées.
Deux autres personnages sont à relever : Jessica et Lafayette. La première, déjà rencontrée dans la première saison, apporte une dimension supplémentaire à la caste vampirique, même si celle-ci concerne encore les histoires de cœur et de sexe. Quant à Lafayette, il gagne en épaisseur, devient davantage que le dealer gay de la première saison qui ne servait, en fin de compte, pas à grand chose. Sookie est égale à elle-même : une belle petite cruche qui fait n'importe quoi, blindée de répliques stupides, et pourtant demeurant au centre de toutes les attentions, à commencer par celles de Bill le vampire. Leur couple gagne un peu de profondeur mais ne semble pas aussi primordial qu'il pouvait l'être dans la première saison.
En outre, le vampire n'est plus le principal représentant de son peuple, puisque Erik sera de la partie dans un grand nombre d'épisodes, avec évidemment quelques idées malsaines derrière la tête. Sam le Shapeshifter aura également droit à son petit bout de pellicule, mais ne semble pas faire partie des plans globaux de la série - ou en tout cas, pas comme la première saison nous le présentait.
En d'autres termes, True Blood multiplie les intrigues et cherche à tout emboîter en seulement douze épisodes (même si la durée de ceux-ci s'approchent généralement des soixante minutes), ce qui ne serait pas si mal s'il n'y avait pas un évident problème d'équilibre. Certains épisodes n'apportent rien, tandis que d'autres nous mitraillent d'informations diverses. Le point positif, c'est que tous les protagonistes ont leur petit moment de gloire et gagnent quelques points sur l'échelle de l'évolution. La série est toujours aussi convenablement filmée, pas trop mal photographiée, mais souffre toujours d'effets visuels plutôt moyens.

Blu-Ray comme d'habitude parfait d'un point de vue technique, et cela malgré une photographie très souvent plongée dans la pénombre. Sans difficulté, la définition nous restitue les noirs et les nuances de couleurs sombres avec facilité et sans fausse note. Bonnes pistes audio également, un peu plus marquées en version originale qu'en français, mais utilisant convenablement les différents canaux.
En termes d'interactivité, on se pose des questions. Pourquoi une bonne partie des bonus sont-ils présentés en version originale non sous-titrée ? Ainsi, la fonctionnalité de vision améliorée, donnant au cours des épisodes des infos complémentaires, n'est proposée qu'en anglais, ce qui met sur la touche une partie des personnes susceptibles de se procurer le coffret. Même remarque pour les commentaires audio, heureusement qu'il ne s'agit pas là du type de bonus le plus apprécié. Non, le plus intéressant restera cette série de faux reportages tournés dans l'univers de True Blood, d'une durée totale de 25 minutes.

Cette saison 2 résonne différemment. Alan Ball, créateur de la série, joue la carte de la diversité, et amène son petit monde sur des terrains différents. La saveur est distincte, ce qui n'est pas plus mal, mais continue à alterner entre la douceur des réflexions sociologiques et l'acidité de ses excès. Et au final, grâce à la prise de risques scénaristiques, True Blood s'élargit et conserve un certain intérêt, en admettant que le sujet de base (la relation entre humains et vampires) vous intéresse.


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Wipitta

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1 commentaires

  • Anonyme

    28/06/2009 à 18h34

    Répondre

    jadore cette serie!!!! i love !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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