6.5/10

Thor : son film de Hulk

Quelques années après l’arrêt de la série L’Incroyable Hulk, Bill Bixby et Lou Ferrigno reprenaient du service dans un épisode spécial où apparaissait le personnage de Thor. A ranger sur l’étagère des plaisirs coupables.

De 1978 à 1983, Bill Bixby et Lou Ferrigno se partageaient les deux personnalités de David Banner : scientifique maudit et monstre vert incontrôlable. Cinq ans après l'arrêt de la série, il fut décidé d'entamer la production d'une collection de téléfilms, à raison d'un par an ; le premier du lot s'intitule (attention, y
Les deux héros monosyllabiques
a du niveau) The Incredible Hulk returns, et sert de véhicule pour inviter à l'écran un autre personnage issu du catalogue Marvel : le puissant Thor, dieu de la foudre et fils d'Odin. Le film de Kenneth Branagh qui sort ce mois-ci n'est donc pas la première version live du comic book…

L'intrigue commence alors que David Banner, sous le pseudonyme habile de David Banyon (quelle imagination !), achève de construire une machine qui peut le débarrasser définitivement de son alter ego musculeux ; il est d'autant plus attaché à ce projet qu'il est à la colle avec une fille super, équipée d'une maison qui donne directement sur la plage. Malheureusement, une alliance d'individus peu recommandables va mettre en péril les plans de David… Et Thor, là-dedans ? Ah oui pardon, on pourrait l'oublier car son histoire n'a aucun rapport : il a été trouvé dans un marteau par le docteur Donald Blake, un gringalet en mission au Pôle Nord. A chaque fois que Blake beugle « ODIN ! » en fermant les yeux, Thor apparaît ; pour le faire disparaître, c'est pareil. Et tel le génie de la lampe d'Aladin, il doit exaucer les vœux du bonhomme qui l'invoque… Les puristes ont de quoi froncer les sourcils : dans la BD, Thor investit le corps de Blake, il n'est pas une entité distincte. Mais les producteurs ont probablement pensé que le concept risquait d'être trop proche de la transformation Banner-Hulk. Pour allonger le métrage, le scénario convoque Jack McGee, le journaliste obsessionnel de la série, et lui offre deux-trois scènes sans intérêt qui n'ont aucune incidence sur l'intrigue principale.

Alors oui, c'est kitsch, c'est fauché et c'est écrit avec les pieds (osera-t-on parler de
Sur le papier,
ça avait plus de gueule
cette looongue scène de bar simplement destinée à faire du remplissage ?). Mais c'est aussi ce qui fait le charme de cette production purement dans l'esprit de la série, où s'ébattent à nouveau de gros méchants bien caricaturaux (on apprécie particulièrement la trogne de Tim Thomerson, qui prendra goût à l'univers super-héroïque puisqu'on le reverra deux ans plus tard en frère de Barry Allen dans le pilote de Flash), punis à coups de tatane par un Hulk grimaçant et gesticulant comme un fou. A la différence que cette fois, Thor se joint à la fête, avec son look d'Astérix et son attitude neuneu de capitaine d'équipe de foot. Quant à Lou Ferrigno, sa moumoute change de forme par rapport à la série, pour cacher ses prothèses auditives… ce qui nous vaut la réplique d'anthologie de la version française, servie par Thomerson : « je vais te crever, espèce de punk ! ».

Envisagé comme le pilote d'une série consacrée à Thor, le téléfilm restera un essai isolé pour le dieu nordique, mais débouchera sur un autre team-up l'an suivant, avec un Daredevil un peu piteux. Quant à Eric Allan Kramer, interprète de Thor qui faisait là l'une de ses toutes premières apparitions à l'écran, il continuera sa carrière discrètement (il joue Petit Jean dans la parodie Sacré Robin des Bois de Mel Brooks), et héritera d'un cameo dans le Thor à gros budget de cette année.


Validé par Stan Lee !

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