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The L Word - Saisons 1 et 2

Jenny, jeune diplômée en littérature vient s'installer chez son petit ami Tim à Los Angeles. Rapidement, elle fait la connaissance de Bette et Tina, un couple de lesbiennes qui tente d'avoir un bébé. Pour Jenny, cette rencontre va être le point de départ de son entrée dans une communauté qui lui était jusqu'alors inconnue : celle des lesbiennes. De fil en aiguille, la jeune fille va être amenée par l'intermédiaire de ses voisines à rencontrer et à être intégrée dans le cercle des amis de Bette et Tina. Jenny va alors profiter de cette ouverture pour en apprendre un peu plus sur elle-même et sur les autres, mais aussi pour poursuivre son travail d'écrivain.

Diffusée depuis début janvier 2004, la série L Word commence à faire parler d'elle, que ce soit en Amérique ou encore plus récemment en France avec sa diffusion sur Canal +. Le succès est donc une fois de plus au rendez-vous pour une série américaine. Pourtant, au début, peu de personnes croyaient en ce projet, tant il est vrai que faire une série traitant du monde lesbien peut faire sourciller.

A la base, L Word, un projet de la chaîne Showtime, ne devait être qu'un film sur la communauté lesbienne. La chaîne privée américaine s'inquiétait, malgré le succès de Queer As Folk, de trouver un public régulier à la série, mais surtout de dénicher des actrices prêtes à jouer des homosexuelles pendant au moins une saison. L'accueil favorable de la presse et la motivation de l'équipe de la série ont ainsi permis au pilote de devenir la série actuelle, série qui vient juste d'achever sa deuxième saison aux Etats-Unis.
Devant un tel succès, de telles critiques, on peut se demander ce que la série a de si particulier, car en effet excepté le fait qu'elle mette en scène des lesbiennes, la série reste sur la forme et le fond assez basique. Showtime, la créatrice Ilene Chaiken et la scénariste Guinevere Turner ont tout fait pour que la série ait un succès important et soit suivie régulièrement. L Word aborde des thèmes variés, gravitant autour de l'homosexualité féminine bien sûr, tels que la vie de couple, le rejet des autres, l'adoption... ou encore des sujets plus larges pouvant toucher un panel plus étendu de spectateurs. L Word soulève donc des questions, aborde quelques problèmes de société de façon sensible et réelle.

Malheureusement, la série n'est pas exempte de défauts. A trop vouloir montrer le monde lesbien, L Word perd de son réalisme. Ainsi, à en croire la série, non seulement les lesbiennes ne fréquenteraient que des lesbiennes, mais aussi - à quelques exceptions près - se cacherait en chaque femme une lesbienne. Au final cet acharnement lasse, décrédibilise la série et fatigue le spectateur. Idem concernant un autre point de la série : l'actrice Jessica Beals a dit pendant une conférence de presse que « le sexe est partout dans la vie, la série a voulu rendre cet aspect ». Ici, la question n'est pas de savoir si le sexe est effectivement omniprésent dans notre vie, mais en tout cas il l'est dans la série. En effet, il ne se passe pas dix minutes sans qu'une fille se retrouve nue entre les jambes d'une autre. Si dans certains passages cette sexualité montrée est justifiée, dans de nombreux autres elle ne sert à rien si ce n'est a attirer un spectateur lambda en manque. Cette surexposition du sexe dans la série entraîne un autre problème : au fur et à mesure des épisodes, on monte dans une surenchère des scénaristes qui, ne sachant plus quoi inventer, font quasiment coucher tout le monde avec tout le monde. Déconcertant.
Pourtant, les points négatifs sus-cités sont paradoxalement pour une partie du public l'attrait de cette série ovni car il est rare de pouvoir voir autant de sexe si ouvertement dans une série, et ce a fortiori quand il s'agit de relations homosexuelles.

Dommage donc, car la série a des atouts, tout particulièrement le jeu des actrices très convaincant et saisissant. Aucune des actrices principales ne tire réellement son épingle du jeu car chacune joue avec justesse son rôle. Ces derniers sont le point fort de la série. On voit que l'équipe de la série a fait un effort certain sur la création des personnages afin de leur donner une identité, un caractère vraiment intéressant, tout en les faisant évoluer considérablement mais de manière crédible au long de la série.

Niveau montage et réalisation, rien d'original à signaler. La directrice Rose Troche fait un travail acceptable, bien que sans grande originalité. Une mise en scène et un montage un peu plus personnels auraient certainement pu donner à l'oeuvre une identité encore plus forte.
Enfin, cette série, comme toutes les séries à l'heure actuelle, se pourvoit d'une musique branchée, éclectique, visant elle aussi un très large public. Seule exception, la présence sur la B.O. de groupes américains dont le leader est homosexuel ou bien dont tous les membres sont des filles. A ce sujet, ces quelques groupes ont droit bien souvent à un passage en guest dans la série.

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24 - Saison 4

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2 commentaires

  • Anonyme

    15/07/2009 à 20h07

    Répondre

    Bonjour,


    Je suis une simple internaute spectatrice.


    La semaine dernière, Je suis tombée, par hazard sur la série américaine L WORD, en parcourant des vidéos sur YOUTUBE. J'ai donc vu les quelques vidéos de la saison 1 et 2 présentes sur le site et comme la saison 3 n'apparait pas, ni sur YOUTUBE, ni sur DAILYMOTION, j'ai dû faire une recherche internet. Je suis tombée sur le site AlloShowTV.COM présentant l'intégralité de la série, avec tous les épisodes. J'ai donc abordé la lecture complète de cette fiction , dans un ordre pas très courant : par la saison 3, 4, 5, 6 en VO puis j'ai revu complètement les versions 1 et 2, doublées en français.Je les apprécie particulièrement, elles me semblent plus réalistes que les autres.

    Soit dit en passant, je préfère de loin les versions en VO sous titrées car on entend la voix naturelle des acteurs, ce qui est vraiment appréciable. Ainsi, je trouve que la voix particulière, unique, de Leisha Hailey, ajoute au côté comique de son personnage, Alice, dans la série. Cet aspect est complètement gommé par la voix française de charrmme, choisie, pour la doubler.


    L Word m'a vraiment accroché envoutée. j'ai eu la patience de visionner les vidéos telechargées gratuitement en streaming sur megaupload. Leur lecture s'interromp toutes les 72 mn et il faut attendre 54 mn pour voir enfin la suite de l'épisode. A cela s'ajoute un telechargement en vitesse basse, rupture de fluidité de la transmission.Arrg!

    J'ai apprécié cette série amusante et exagérée, qui prent corps, dans l'univers particulier, sophistiqué de l'art, à Los Angeles, avec des décors et tenues vestimentaires magnifiques. La série est truffée d'anecdotes sur des artistes, peintres, photographes, écrivains, ... Tout de même, l'emploi exagéré d'un unique gros mot "fuck", dans la série, me fait pensé qu'ils n'ont pas de vocabulaire aux USA.


    Bien que cette série soit déjà vieille de 5 ans, elle est parue en 2004 aux USA, elle n'a pas été retransmise en France sur les grandes chaines du service public. Je ne sais pas trop pourquoi, je ne pense pas que le thème principale, abordé, le lesbianisme, soit vraiment un problème. La série semble pourtant avoir eu un très grand succès outre Atlantique.Elle est devenue un épiphénomène culturel. Je me demandais, si les quelques versions parues en France sur Canal + ou Teva, je crois, ont eu egalement du succès. Sur le net en dehors des papiers presse présentant la série, les Interviews des acteurs et d'Ilene Chaiken,la créatrice, je n'ai pas trouvé beaucoup de commentaires ou critiques. Comment a été accueilli et percue cette série chez les autres spectateurs Français? Est-ce que, d'une façon plus générale, nous réagissons de la même manière qu'aux USA sur le continent européen? Je n'en ai pas l'impression.

  • Anonyme

    18/07/2009 à 08h59

    Répondre

    Rebonjour, je developpe pourquoi j'ai aprécié L WORD.


     


    L Word est une comédie américaine populaire. Elle fourmille de scènes amusantes, cocasses, de rebondissements et de répliques qui font mouche, avec cette exubérance dynamique du show américain. C’est également une tentative d’intégration de l’univers de la comédie musicale hollywoodienne ramené aux dimensions populistes d’un café gay d’une rue de Los Angeles.


    Il  me semble que l’on retrouve des allusions, des clins d’œil et renvois  à l’homosexualité apparente ou cachée traitée au cinéma, sur ces peut être 30 dernières années.  Il faut demander à des cinéastes français.


    Dans L Word, les stéréotypes lesbiens sont peu marqués en dehors de l’androgynie de Shane. On est face à un énorme casting de jolies filles féminines au charme évident et une surenchère de personnages somptueux,  haut en couleur (Rosana Arquette, Cybill Shepherd, Holland Taylor, ...)


    Les personnages assument tous complètement plus ou moins  leur homosexualité.


     Dana sort du placard au cours de la saison 1 et Alice se définie catégoriquement comme ‘bi’ mais on la voit tout le temps avec des femmes.


     Le coming out adolescent ou adulte (Dana), la réaction des parents à l’annonce de l’homosexualité de leur enfant (Dana), les enfants face à l’homosexualité de leur parents (Alice et sa mère, les Peabodi  mère et fille), la nécessité de l’engagement, l’homoparentalité (Bette/Tina), la transsexualité (Moira/Max),…tous ces sujets  potentiellement brûlant sont abordés de façon déculpabilisée et désinhibée, comme à la tv française, ces dix dernières années.


    Dans la série, nous sommes témoin d’une sexualité qui ne se tait plus, filmée de façon plutôt lumineuse et rocambolesque. Rien n’est malsain dans la relation tendre et sensuelle voire passionnée, un poil érotique des filles et plus particulièrement de Bette et Tina. Shane a une sexualité compulsive qu’elle assouvit en draguant un peu partout, qui n’est pas sans rappeler des comportements clichés d’homme. Ca doit être la seule à agir comme cela dans la série.


    Les baisers et enlacements sont nombreux. Le french kiss n’est plus simulé, ingrédient qui faisait défaut au cinéma hollywoodien.


    Les scènes de lit sont présentes, les séquences d’intimité aussi. Elles sont  traitées avec audace… inventivité, et humour, présentes dans différents endroits, piscine, hôpital, maison, …, voiture, terrasse, ascenseur, couloir, …. Le dénudé de près ne va pas plus loin qu’un mi Corp. ou des seins nus entraperçus en séquence brèves pour les personnages principaux dans la représentation d’une relation intime. Il peut être parfois intégrale pour des personnages secondaires) Les  dialogues sont assez crus et non dénués d’humour, adoptant ce ton de comédie dédramatisant. L'équilibre drame -comédie n'est peut-être pas tout à fait maitrisé...mais j'ai passé un bon moment à regarder cette série.


    Comme disent nos irréductibles gaulois, Obélix et Astérix, : "Ils sont fous ces américains!"


     

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