8/10

The Shadow Line - Mini-série

Un meurtre, un trafic de drogues et trois forces qui s'opposent, c'est le point de départ de cette mini-série policière anglaise qui devrait vous tenir en haleine le temps de 7 épisodes.

S'il est bien un pays qui prouve à la France tous les ans qu'il est possible de tenir tête aux imposants U.S.A. sur le plan des séries sans avoir les mêmes budgets, c'est bien l'Angleterre. Certes, leurs séries sont plus courtes, voire ne sont que des mini-séries, mais contrairement à la majorité des nôtres, les leurs tiennent la route. Prenez The Shadow Line par exemple. Une histoire d'apparence simple, un contexte ordinaire sans explosion ou autres effets spectaculaires, des personnages avec des failles. Et tout ça sans le soleil de Marseille, mais comment font-ils?


Les forces en présence.

Le pitch

Harvey Wratten, baron de la drogue notoire mystérieusement gracié, est retrouvé assassiné à sa sortie de prison. Sur les traces de cette affaire, trois forces en présence. Tout d'abord, Jonah Gabriel (Chiwetel Ejiofor), policier de retour en service après avoir récupéré d'une balle dans la tête qui lui a provoqué une amnésie partielle. En face, Joseph Bede (Christopher Eccleston), fleuriste mais surtout partenaire de Wratten, obligé de mettre en place lui-même le trafic qu'il a inventé, tout en cherchant l'auteur du meurtre. Sans compter qu'il a le virulent neveu d'Harvey, Jay (Rafe Spall), qui lui met la pression. Et au milieu, le mystérieux Gatehouse (Stephen Rea) dont on ne sait pas vraiment quel est l'intérêt dans toute cette affaire.


Jonah Gabriel.

La morale, cette ligne floue

L'enjeu de cette série, il est tout entier dans son titre. Cette ligne floue, cette shadow line entre le bien et le mal, entre ce qui est et ce qui devrait être, c'est là toute l'histoire de la série. Le policier qui part d'une page presque blanche n'aura de cesse, au-delà de l'enquête de se retrouver lui-même et de savoir de quel côté son cœur penchait. Le dealer par obligation se retrouve embarqué dans des responsabilités qui le dépassent, à cause des caprices de la vie qui touchent sa famille. Pour ce qui est de Gatehouse, qui sait ? Il flirte avec la ligne encore plus que les deux autres et on ne sait pas toujours pourquoi. Mais il sait clairement où il en est, et c'est un avantage certain.


Joseph Bede.

Simplicité anglaise

Comme souvent, les anglais appliquent ce dicton si efficace: si on n'a pas d'argent, on a des idées. Et même quand ces dernières paraissent simples au départ (il ne s'agit que d'une histoire de meurtre après tout), on peut compter sur eux pour peaufiner les choses et faire briller un joyau là où d'autres n'auraient trouvé qu'un caillou. C'est le cas de The Shadow Line. A l'instar d'un Jekyll ou d'un Black Mirror, toute l'histoire est en subtilité et ce sont les acteurs, les premiers, qui tirent la série vers le haut. Tout passe par ces ambiances calmes, où les dialogues sont primordiaux. Londres y est grisâtre et glauque. S'il y a bien une qualité qui définit cette série, c'est la subtilité, à l'image de son générique.


Le mystérieux Gatehouse.

La série est inédite en France mais est disponible assez facilement en DVD importé.

Si vous êtes à la recherche d'une série policière qui privilégiera les dialogues et le jeu d'acteur à l'action, The Shadow Line est pour vous.  Sans chercher à jouer sur l'impatience, vous serez tout de même happés par cette série et les questions qu'elle pose.

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