On a essayé les MOOC, on vous raconte

Ça y est, je viens enfin d'obtenir le Graal tant espéré, la certification MOOC pour le cours de Transmedia storytelling. MOOC ? Quésako ? MOOC est l'anagramme de Massive Online Open Course. En français, c'est un cours en ligne ouvert à tout le monde.

Mais c'est quoi ? !

Le principe existe depuis plusieurs années à l'étranger mais la France ayant souvent du retard dans le monde numérique, ce n'est qu'en janvier dernier que la plateforme FUN (France Université Numérique) a lancé en grandes pompes son service de cours disponibles pour n'importe qui ayant accès à internet sans aucune barrière, de sexe (encore heureux!) ou de nationalité, mais aussi, et c'est plus rare, sans aucune barrière de niveau scolaire, d'âge ou même de cursus.

Pour la première fournée, les cours proposés sont alléchants et forment un panel complet : Du manager au leader, Internet, les autres et moi ou La Première Guerre Mondiale expliquée à travers ses archives sont quelques exemples d'une diversité voulue.

Malgré le volume horaire indiqué comme nécessaire, je décide de m'inscrire à deux cours : Fondamentaux en statistiques a pour but de me rappeler mes cours de statistiques, laissés honteusement de côté depuis mes études et pourtant essentiels dans ma pratique professionnelle tandis que Transmedia storytelling relève de la pure curiosité. Le premier est dispensé par l'Université Bordeaux 3 et le deuxième par le Centre Virchow-Villermé et l'Université Paris-Descartes. Voilà l'un des premiers aspects des MOOC de FUN : ils sont tous reliés à des Universités ce qui donne un sérieux gage de qualité !

Précisons ici rapidement que, dès le début de ces cours, on n'a qu'une seule envie : participer aux autres pour découvrir encore et toujours ! C'est ainsi que par la suite je me suis inscrit, mais sans participer aussi assidûment, aux cours nommés Espace mondial, Introduction aux technologies et médias interactifs numériques et Philosophie et mode de vie : de Socrate à Pierre Hadot et Michel Foucault. Le MOOC est une drogue dont il est difficile de se passer.

La forme

Ce large panel de cours me permet ici de vous présenter ce que peut être un MOOC qui reste, dans son plus simple appareil, une vidéo que l'on regarde à intervalles de temps régulier : en général une vidéo par semaine est mise en ligne mais, magie de l'internet, on peut évidemment la regarder quand on le veut, on peut aussi la télécharger et la regarder encore plus tard, par exemple après la fin du cours en lui-même. Ces cours peuvent être dispensés par un seul intervenant ou par plusieurs, avec un support assez banal de type « Présentation Powerpoint » plus ou moins austère. La plupart des vidéos sont tournées pour le MOOC mais j'ai aussi vu le cas d'une captation d'un cours en amphi. Bref tout semble finalement possible, d'autant plus que le cours en lui-même s'accompagne de données complémentaires qui peuvent prendre des formes aussi diverses que des Wikis, des extraits vidéos ou de texte, des retranscriptions du cours ou des versions MP3 de celui-ci... Et je n'ai sans doute pas tout vu !

De plus un forum est mis en place sur chaque cours, ce qui permet l'échange entre les internautes et les intervenants, un plus indéniablement.


DR. Exemple de forme (oui c'est un T-shirt Star Wars)

 

Le public visé

Quel public est-il visé par les MOOC ? Comme nous l'avons dit précédemment, a priori tout le monde. Dans les faits, il faut pourtant reconnaître que cela dépend fortement des cours choisis ! Ainsi le cours de Fondamentaux en statistiques a, par exemple fait appel à énormément plus de connaissances, notamment mathématiques, que celui de Transmedia storytelling qui est resté plus culturel en faisant appel aux comics et aux jeux vidéo. Quant à un cours comme Philosophie et mode de vie, on peut dire que toute personne intéressée pouvait le suivre sans aucun problème de compréhension.

Les intervenants

Comme dans la forme du cours, il peut y avoir plusieurs types d'intervenants qui, comme dans un cours classique mais avec la barrière de l'absence de public en plus, peuvent être plus ou moins bons en communication même si leur expertise dans un domaine donné ne semble pas pouvoir être mise à défaut. De fait certains seront plus cools, avachis sur leur chaise de bureau chez eux tandis que d'autres seront très statiques et empruntés. On peut d'ailleurs voir l'évolution de la confiance au cours des cours (aha) chez certains intervenants.

L'évaluation

Comme la France est la patrie de l'évaluation, il faut bien qu'on en parle dans ce tour d'horizon des MOOC. Il y a en général deux parties évaluées : des QCM relativement simples postés sur le site et des devoirs à rendre. Sisi comme à l'école.

Pour les deux que j'ai assidûment fréquentés, les devoirs à rendre chaque semaine étaient évalués... par les autres participants ! Ce qui est à la fois une bonne chose et une mauvaise. Une bonne car on peut se rendre compte des forces et des faiblesses de notre devoir en prenant connaissance des autres devoirs. Une faiblesse car tout le monde n'a pas la même façon d'aborder une « correction ». D'ailleurs si au début le but était de noter les autres devoirs, la fronde des internautes a vite fait changer l'évaluation notée en commentaires et retours écrits, tellement plus constructifs.


DR. Un exemple de résultats d'un bon et d'un mauvais élève.......

 

Le temps demandé

Le temps demandé par les MOOC dépend tout simplement de l'implication que l'on veut bien y mettre. Le fait de regarder la vidéo ne prend au maximum qu'une heure par semaine et par cours, ce qui est, somme toute, très gérable. Mais, pour les deux cours suivis, le devoir à rendre, plus les évaluations à effectuer, s'est soldé facilement par deux à trois bonnes heures mobilisées dans la semaine. Quand on est étudiant, 3H de cours par semaine ce n'est rien ; quand on ne l'est plus, c'est une autre paire de manches !

De plus l'implication dans les forums, dans les recherches en dehors de ces cours peut vraiment faire exploser le temps demandé par un cours. En conséquence, avec un temps limité, on a un peu l'impression de n'avoir vu que la partie émergée de l'iceberg et d'être passé à côté du principal intérêt d'un MOOC, l'échange avec les autres étudiants.

Conclusion

Au final cette première participation à un MOOC a été, pour moi, une très bonne expérience, très enrichissante à de multiples points de vue, que ce soit dans un but purement utilitariste ou plus simplement de culture générale. Le seul problème est qu'une fois que l'on a commencé avec ces cours, on n'a qu'une seule envie : en découvrir d'autres ! Ainsi quelques semaines après le premier jet de ce papier, j'ai suivi des cours d'HTML5, j'attends de trouver du temps pour regarder les cours de réseaux mobiles...

A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

3 commentaires

  • jaiina

    08/06/2014 à 09h48

    Répondre

    Intéressant. J'hésitais à me lancer.Penses tu qu'on puisse encore les suivre après ? Par exemple cet été ?

  • Anonyme

    08/06/2014 à 14h27

    Répondre

    J'avais suivi le MOOC "statistic in medecine" de Stanford et ça avait été une très bonne expérience. J'avais eu envie d'en faire d'autre, mais la qualité pédagogique n'est pas toujours là. L'avantage c'est que si on aime pas le prof, on peut partir sans problème.

  • nazonfly

    10/06/2014 à 10h00

    Répondre

    jalina, je ne sais pas. Je sais qu'une certaine partie reste dispo. Pour les autres je n'en sais rien :(Par contre tu n'auras pas d'évaluation.Merci pour le "statistics in medecine", va falloir que j'essaie de le suivre, ça pourrait m'être utile.Pour ceux que j'ai fait sur la plateforme FUN, la qualité me semblait là. Peut-être est-ce plus relié aux Universités en France ?

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