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Strip (Le)

Difficile pour l'instant de dire si le Strip sera amené à compter dans la famille des magazines de bande dessinée. En attendant, on y trouve du bien beau monde et c'est pas cher.

Les magazines d'humour et de bandes dessinées ne sont pas bien nombreux : alors que L'écho des savanes tente actuellement sa résurrection, on lui connaît essentiellement trois voisins de palier : Fluide Glacial, Spirou Hebdo et le plus indépendant Psikopat. Le premier prépublie les albums de l'éditeur du même nom, le deuxième ceux de Dupuis et le troisième représente les éditions du Zébu. Quant à L'écho des savanes, il est désormais la propriété de Glénat. Quid donc du Strip ? Quel est ce canard qui porte le nom d'une pratique d'effeuillage et d'une allée de Las Vegas ? La réponse n'est pas un secret : il s'agit d'une vitrine pour les éditions du Lombard, privées depuis bien longtemps de la prépublication de leurs titres dans Le journal de Tintin, de la même façon que Dargaud ne dispose plus de Pilote pour les siens.

On objectera que le mot Strip a un autre sens que les deux évoqués plus haut : il s'agit d'une bande dessinée en une rangée de cases (généralement trois) à portée comique. En anglais, a strip peut d'ailleurs désigner une bande de tissu. Sauf qu'ici, il n'est pas question que de strips, loin s'en faut. Si on en trouve bien quelques uns, signés Nix ou encore Catheline et Jannin, il faut bien admettre que la principale attraction est la galerie de planches signées Clarke ou Coyote. On retrouve ainsi le Coyote ne tolère pas le refus
Coyote ne tolère pas le refus
Mister President du premier et les Voisins du 109 du deuxième, publiés dans un format particulièrement agréable puisque le Strip se présente comme un véritable journal et non comme un magazine. Les pages peuvent donc se déguster en plus grand que dans l'album où elles finiront leur vie.

Pour l'instant, le Strip a tout pour cartonner : son prix ridicule (1 euro, prix de lancement), un format sympa (mais seulement 24 pages), et surtout sa cible assez vaste. Là où Spirou rame pour attirer plus d'adultes et où Fluide tente de s'ouvrir à un public plus familial, le Strip tape large d'emblée (de 7 à 77 ans ? mouahahah), avec un ton libre mais pas vulgaire, des textes politisés mais pas trop engagés (L'actu tue de Maëster, prolongement de son blog, est un bon argument de vente) et des auteurs connus, pour la plupart déjà passés chez Fluide ou Spirou (voire les deux, dans le cas de Clarke). Le Lombard tient là l'opportunité de dépoussiérer son image, souvent associée aux seules séries séculaires du Journal de Tintin comme Ric Hochet, Chick Bill ou Clifton.

Reste à savoir si la formule peut convaincre sur la durée. Avec son côté quasiment gratuit (un euro tous les deux mois), le Strip peut finir par ressembler à un fascicule plus qu'à un vrai journal. En comparaison, Fluide Glacial coûte quatre fois plus cher mais contient trois fois plus de pages, et paraît tous les mois. Quant à Spirou, il coûte deux fois et demi plus cher mais paraît toutes les semaines. On se satisfera donc des deux très bons numéros actuellement disponibles, en espérant que le Lombard saura faire évoluer son journal rapidement vers une parution plus régulière et plus épaisse. On refera alors une critique titrée Merry Strip. Vous serez prévenus.

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