Star Trek - Trois siècles remis dans l'ordre

En général, le Français connaît mal l'histoire de Star Trek, dont il ne retient que la présence d'un gars aux oreilles pointues. Si le film de mai contient effectivement les esgourdes de Spock, il convient toutefois de le resituer dans la chronologie de la saga...

En mai, J.J. Abrams balancera son Star Trek pyrotechnique sur les grands écrans. Est-ce une raison pour oublier qu'il s'agit d'une saga initiée il y a plus de quarante ans à l'aide d'effets spéciaux miteux ? Niet, même si la France a tendance à mépriser l'univers créé par Gene Roddenberry, qui trouve clairement plus de résonnance dans les mentalités américaines. Afin de mettre un peu d'ordre dans les différentes productions startrekiennes, elles sont ici présentées dans l'ordre chronologique des évènements, ce qui permet de constater que le film qui sortira en mai se situe largement en amont du reste. Chaque série et chaque ensemble de films mérite bien entendu un développement plus détaillé, mais cette antisèche vous permettra toujours de ne pas vous faire démonter la tête par un éventuel fan qui vous guetterait à l'entrée du cinéma.

Enterprise (2001-2005)


XXIIème siècle. Le capitaine Jonathan Archer (Scott Bakula) et son équipe essuient les plâtres de la conquête spatiale : premiers contacts avec des extraterrestres (les fameux Vulcains aux oreilles pointues), premiers phasers, constitution progressive d'une fédération des planètes... Produite au début des années 2000, Enterprise constitue finalement le premier retour en arrière de Star Trek, et se contente de moudre un grain nostalgique pour les fans, qui y découvrent les origines du monde développé précédemment. Pour le spectateur néophyte, l'intérêt est limité malgré la présence de la vedette de Code Quantum. La série connaît tout de même quatre saisons.

Star Trek (2009)


Afin de raviver le succès populaire de Star Trek, les producteurs décident de raconter sur grand écran la jeunesse de Kirk, Spock et McCoy, les héros de la série d'origine ; nous sommes donc au XXIIIème siècle. Le réalisateur J.J. Abrams, rompu à la gymnastique des séries TV (Alias, Lost) comme à celle des transpositions cinématographiques (Mission impossible III), promet une débauche d'action susceptible de passionner les mangeurs de pop-corn comme les fans de la première heure. Faut voir.

Star Trek : la série originale (1966-69)


Le capitaine James T. Kirk (William Shatner) et son équipe ont une mission de cinq ans : explorer de nouveaux mondes, et mettre le pied là où la main de l'homme n'a jamais posé l'œil. A bord de l'USS Enterprise, on trouve le lieutenant Spock (Leonard Nimoy), mi-homme mi-Vulcain à la logique inébranlable ; le docteur McCoy (DeForest Kelley), médecin sanguin et bourru ; ainsi qu'un Japonais, un Russe et une afro-américaine, preuves vivantes que la Terre est désormais unie et débarrassée de toute guerre consanguine. Tout n'est pas aussi rose avec les peuples des autres planètes : les Klingons, par exemple, sont une race guerrière qui n'envisage pas un seul instant que la paix soit un mode de vie. La série, bien écrite mais cheap, ne rencontre pas le succès escompté lors de sa première diffusion. Au lieu des cinq saisons prévues, trois seulement sont diffusées, malgré les récompenses obtenues par certains épisodes et le soutien d'une poignée de fans. Aujourd'hui, cette aventure originelle reste un modèle de science-fiction en même temps qu'un savoureux spectacle kitsch.

Star Trek : la série animée (1973)

Gene Roddenberry, pas découragé, produisit en dessin animé les deux années d'exploration qui n'avaient pu voir le jour en live. La série jouit de la voix des vrais acteurs, mais son animation est sommaire et elle souffre d'une adaptation évidente au public enfantin. Néanmoins, elle constitue un substitut convenable aux deux saisons jamais produites de la série d'origine.

Les films de la première époque (1979-1992)


Rebondissant sur le colossal succès de Star Wars en 1977, Roddenberry tente de monter une nouvelle série Star Trek, qui montrerait une nouvelle expédition de Kirk et ses compagnons. Le projet se transforme progressivement en long métrage pour le cinéma, et le réalisateur Robert Wise (West Side Story, La mélodie du bonheur) est engagé pour diriger Star Trek : le film. Le résultat est un trip psychédélique euphorisant, renié par la plupart des fans qui y voient une trahison de la série. Les producteurs corrigent le tir avec les films suivants, et les font ressembler à de longs épisodes de la série qui auraient bénéficié d'un budget confortable. Star Trek II : La colère de Khan exhume un méchant rencontré dans les années 60, et les deux films suivants sont réalisés par Spock lui-même : Leonard Nimoy menaçait de quitter le navire si on ne lui donnait pas ce pouvoir créatif. Le cinquième film est réalisé par Kirk : William Shatner tente d'émuler son partenaire sans succès, et livre le morceau le plus navrant de toute la saga. Star Trek VI : Terre inconnue, en 1992, est une mise à la retraite des personnages en même temps qu'une transition vers la nouvelle génération, dont les aventures passent à la télévision depuis déjà cinq ans.

Star Trek : Of gods and men (2007)


Ce film non-officiel voit le jour en 2007, et finit par être distribué gratuitement en DVD en 2008, après le refus de CBS de le diffuser comme faisant partie du catalogue Star Trek. Of gods and men n'est pas pour autant une production pouilleuse de fan, tournée en trois jours dans une cave, puisque le casting est composé de trois acteurs de la série d'origine (Walter Koenig, Nichelle Nichols, Grace Lee Whitney), et d'un acteur de la série Voyager, Tim Russ, qui signe également la réalisation. Les évènements sont situés une douzaine d'années après la série d'origine, bien que les acteurs aient clairement pris quarante ans dans la vue !

Star Trek : la nouvelle génération (1987-1994)


XXIVème siècle. Le nouvel USS Enterprise est commandé par un Français (gasp ! rassurez-vous, l'acteur est anglais) : le capitaine Jean-Luc Picard, interprété par l'acteur shakespearien Patrick Stewart. A ses côtés, le second du vaisseau est une lavette sans charisme (William Riker joué par Jonathan Frakes), tandis que l'équipage compte deux individus passionnants : un androïde appelé Data (Brent Spiner) et un Klingon nommé Worf (Michael Dorn), qui scelle la récente alliance entre son peuple et la Fédération. Cette nouvelle série explore habilement les thèmes chers à Star Trek, aussi bien dans le domaine de la science-fiction (voyages temporels, nouvelles civilisations, spéculations sur le futur et ses technologies) que dans le traitement des rapports entre les peuples, toujours complexe et subtil. Sept saisons virent le jour, avant que l'équipage ne cesse d'arpenter les petits écrans pour passer au grand.

Les films de la deuxième époque (1994-2002)


A l'arrêt de Star Trek : la nouvelle génération, Picard et sa bande reprennent le flambeau des aventures cinématographiques. Star Trek Générations, en 1994, souffre d'un scénario artificiellement écrit dans un seul but : permettre le passage de relais entre Kirk et Picard. William Shatner joue son rôle pour la dernière fois, et se voit confronté à Malcolm McDowell en savant fou ; rien de passionnant. Plus intéressant sera Premier contact (1996), qui revient sur la découverte de la "vitesse lumière" par un poivrot du XXIème siècle et ressort une armada de Borgs, des êtres dont l'intelligence collective était au centre de plusieurs épisodes de la série. Insurrection en 1998 et Nemesis en 2002 viennent principalement rappeler que Star Trek est curieusement plus adapté au petit écran qu'au grand.

Star Trek : Deep space nine (1993-1999)


Créée par Rick Berman et Michael Piller (Gene Roddenberry étant mort en 1991), Deep Space Nine casse le moule établi jusqu'ici : il s'agit d'une série sédentaire. Contemporaine de La nouvelle génération, elle relate les évènements qui surviennent dans une station orbitale cosmopolite, où les tensions entre races sont palpables. Deep Space Nine fonctionne essentiellement grâce à une excellente palette de personnages bien sentis et interprétés avec talent, du capitaine Benjamin Sisko (Avery Brooks, un afro-américain - et pourquoi pas un noir président, pendant que vous y êtes ?!) au barman Quark, en passant par le chef de la sécurité Odo. Les antagonismes génèrent de belles confrontations, mais la série finit par se diriger vers une histoire de guerre un peu laborieuse, tout en continuant à distiller ses meilleurs épisodes lorsqu'elle se concentre sur l'étude de caractères. Sept saisons voient le jour, jusqu'à la résolution de l'intrigue principale ; Worf, le Klingon de la nouvelle génération, aura rejoint le casting à la saison 4 pour le bonheur des fans.

Star Trek : Voyager (1995-2001)


C'est à nouveau le duo Berman-Piller, assisté de Jeri Taylor (scénariste sur les deux précédentes séries), qui donne naissance à Voyager, un retour au concept d'odyssée spatiale. On peut même parler d'Odyssée avec un grand O, puisqu'il est question ici d'un vaisseau perdu à 75 000 années-lumière de la Terre, obligé de ramer pour trouver le chemin de la maison au milieu d'une palanquée d'embûches. Cette fois, le capitaine est une femme (oh god, après un Français et un noir, où s'arrêteront-ils ?), appelée Katrhyn Janeway (Kate Mulgrew). Dans son équipe, on trouve un Vulcain appelé Tuvok (Tim Russ) et un médecin virtuel interprété par l'inimitable Robert Picardo, acteur fétiche de Joe Dante. La série compte sept saisons, et représente à ce jour la projection la plus lointaine de Star Trek puisqu'elle fut suivie d'Enterprise, située deux siècles plus tôt : retour en haut de page, vous n'en sortirez jamais...


Naturellement, il est indispensable de bien connaître Star Trek pour en apprécier les multiples parodies, qu'il s'agisse de La folle histoire de l'espace (1987) ou de Galaxy Quest (1999)...

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5 commentaires

  • froo

    21/07/2005 à 21h43

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    comme aurait dit Mr Spock : Live long and prosper....





  • edo

    16/08/2005 à 16h11

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    Les boules

  • nazonfly

    18/03/2009 à 14h31

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    Clair que Star Trek n'a jamais réellement marché en France. Personnellement je n'ai même jamais vu un seul épisode! Pourquoi?

  • Veterini

    21/03/2009 à 21h59

    Répondre

    J'sais pas, probablement parceque ça à coté/réputation de ridiculte à cause des trekkies et des pyajamas fluos; comparé à Babylon 5 par exemple. En plus du coté naif-gnangnan des quelques épisodes que j'ai vu.

  • froo

    21/04/2009 à 01h18

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    Quoi ??? on a dit Star Trek ??? j'arriiiiiive !!


    J'ai vu une grande partie des épisodes de NG, DS9 et Voyager... mais c'était en Allemagne !


    D'ailleurs, je me rappelle qu'à l'époque de sa sortie, Galaxy Quest n'avait été distribué qu'à 5 copies en France... c'est dire si les Français sont vraiment pas des Trekkies... (et c'est dommage, parce que c'était très rigolo Galaxy Quest).

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