7/10

Sleeper Cell - Saison 1

Une série assez efficace mais inégale, présentant une facette du terrorisme assez méconnu du grand public.

Jetez un petit œil sur internet, ou mieux, arrêtez-vous devant le coffret : inévitablement, on vous parle de 24H Chrono, série éminemment plus médiatique. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que les deux séries n'ont pas grand-chose en commun, mis à part leur brûlant sujet : la lutte anti-terrorisme. Même les volontés sont différentes : là où 24H présentait un quasi-surhomme jeté au milieu des plus invraisemblables évènements qui pouvaient lui tomber dessus, Sleeper Cell jette son dévolu sur le réalisme apparent.


Nous voici donc en présence de Darwyn, quel joli prénom, musulman pratiquant et agent du FBI à ses heures perdues, en mission d'infiltration dans une « sleeper cell » (autrement dit, une cellule terroriste en préparation). L'idée n'est pas ici de nous fournir une énième dissertation sur le terroriste et les agents sous couverture, mais plutôt de fournir une approche intelligente du terrorisme. Limite, nous pourrions nous passer de Darwyn et regarder le film comme un documentaire (j'ai bien dit « limite », hein), puisque celui-ci nous montrera de l'intérieur comment fonctionne une de ces cellules dormantes, à milles lieux des gros stéréotypes que l'on essaye de nous faire avaler dans la plupart des films ou séries traitant du sujet. La série évite même de tirer sur le monde arabe, en présentant un groupe hétéroclite où américains et européens répondant présents. L'idée même d'avoir choisi un musulman comme personnage principal casse le préjugé le plus répandu : la religion n'appelle pas l'extrémisme, un petit pourcentage s'y verse sans avoir l'approbation de la majorité des autres.
Ce qui est dur à avaler dans Sleeper Cell, ce n'est pas son sujet, mais son austérité. Le manque de moyens est évident, la volonté de faire dans la simplicité aussi, et les épisodes ont tendance à traîner un peu la patte malgré quelques moments très tendus. L'aspect documentaire, assez marqué par moment, peut également desservir le propos, prétexte à une réalisation assez peu inspirée mais suffisante pour les ambitions des créateurs, qui ont su toutefois se trouver de solides acteurs. Les initiés reconnaîtront d'ailleurs en Farik, leader de la cellule terroriste, le Ardeth de La Momie et du Retour de la Momie.

Mais en dépit de cela, Sleeper Cell demeure une série intéressante et assez originale, idéale pour souffler entre deux fusillades de Jack Bauer. Les spectateurs ont été au rendez-vous, puisqu'une deuxième saison fait déjà les beaux jours de la chaîne Showtime.

En attendant, vous pouvez découvrir la série à travers le coffret DVD mis en vente depuis début mars, regroupant les dix épisodes (environ 600 minutes de programme) de la première saison et un petit documentaire de 15 minutes plutôt inutile. L'image conserve le petit côté documentaire, affichant un grain plus ou moins prononcé dans les zones sombres, tout en affichant une belle compression. En termes audio, nous préférerons la piste originale, la seule en 5.1, plutôt bien utilisée en comparaison avec son homologue française, limitée au surround.

Le coffret est vendu au prix attractif de 30€.

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Bzhnono

    13/09/2007 à 22h23

    Répondre

    Pour l'instant je me suis avalé les 5 premiers épisodes et je prends un pied pas croyable.


    Cette série est, pour l'instant, tout simplement énorme. une merveille d'écriture documentée, un thème super casse gueule totalement maîtrisé, sans une once de manichéisme.


    Les terroristes sont montrés tels qu'ils existent certainement : intelligents, cultivés, calmes, bref tout le contraire de ce qu'on nous dit d'habitude. Ils sont montrés comme les hommes qu'ils sont.


    Bon, bien sur, la série ne les fait pas non plus passer pour des gentils qu'ils ne sont pas. Mais voir une série qui traite d'un thème aussi grave et casse gueule avec sérieux et respect, je dis bravo.


    Si comme le dit weirdkorn la série accuse une légère baisse de rythme sur la fin de la saison, je trouve que ce ne sera qu'une petite imperfection pour une série qui étale les bons points.


    Ah! Une petite chose m'a tout de même posé problème dans la série : Christian, le français, et Tommy l'américain sont tout de même assez caricaturaux et peu développés en comparaison des autres personnages vraiment bien pensés. Dommage. 

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein Médias, ou comment parler des séries TV, qu'elles soient américaines, françaises ou d'ailleurs, avec une certaine intelligence (rien que ça). Mais la critique touche aussi les émissions de la télévision, les magazines, la radio...

Rubriques