7.5/10

Sleeper Cell - Saison 1

Jack Bauer n'est pas le seul à pouvoir contrer la menace terroriste qui plane sur Los Angeles. L'agent du FBI Darwyn Al-Sayeed en est également capable, bien qu'il utilise des méthodes radicalement différentes. De religion musulmane, il réussit à infiltrer une cellule terroriste dans la cité des Anges composée d'un chef énigmatique et de combattants venus de différents horizons, un serbe, un français et un américain. Il va ainsi mener son enquête de l'intérieur et remonter si possible à d'autres cellules dormantes sur le territoire des Etats-Unis.

Diffusée sur Showtime, Sleeper Cell est à la fois l'autre 24 et l'anti 24. Il est impossible de ne pas effectuer de relation entre les deux séries tant le sujet, déjouer une attaque terroriste, est similaire. Mais là où 24 choisit l'action, le suspense et la tension à outrance, Sleeper Cell joue sur l'hyperréalisme. Darwyn Al-Sayeed est tout sauf un surhomme, juste un ancien militaire qui veut servir sa religion et son pays pour la bonne cause. Il en résulte une histoire profondément concrète qui permet de suivre la formation d'une cellule terroriste et d'en comprendre les tenants.

Le terrorisme tu expliqueras

La principale force de Sleeper Cell réside là, dans son approche explicative et descriptive. La série ne veut pas diaboliser l'Islam et la communauté musulmane, bien au contraire. Elle cherche à éclaircir les fondements et valeurs de cette religion afin de saisir pourquoi les terroristes en sont arrivés là. Tout nous est montré, la relation des terroristes au monde extérieur, leur vie, leurs amis, leurs amours et surtout leur face cachée où la violence ressort par intermittence. Une scène de lapidation fait d'ailleurs froid dans le dos. Personne n'est tout blanc ni tout noir et choisir un américain musulman comme héros est particulièrement bienfaiteur. C'est assurément l'approche la plus intelligente du terrorisme qui n'ait jamais été porté à l'écran. La réalisation, qui se rapproche de celle de 24, apporte énormément à la série, à l'instar de la superbe bande-son.

De 24 tu apprendras

Seulement, passés les premiers épisodes accrocheurs et révélateurs d'enjeux croissant, la tension retombe légèrement par la suite. Avec un format d'épisode plus long (entre 50 et 60 minutes), la série se ralentit par moment et offre quelques scènes inutiles. Sleeper Cell ne comporte heureusement que 10 épisodes, ce qui permet d'arriver rapidement à la grande conclusion, à savoir l'attaque terroriste. C'est là que le principal couac intervient tant le final manque de grandeur et surtout de réalisme. Vol 93 était autrement meilleur à ce niveau là. C'est comme si les scénaristes avaient oublié qu'ils avaient affaire à des terroristes islamiques et pas à de vulgaires voyous. De même, les moyens alloués sont en deçà de ce qu'ils auraient dû être pour vraiment marquer. Réellement dommage tant la préparation était minutieusement préparée et véridique.

Si vous cherchez la version réaliste de 24, jetez-vous sur Sleeper Cell. La série est une merveille d'écriture et d'intelligence mais peine à trouver son rythme sur la fin. Le problème terroriste islamique est magnifiquement expliqué mais au-delà de ça, la série déçoit lors d'un final qui n'est pas à la hauteur de l'événement. Cela dit, n'hésitez pas à la regarder. Une seconde saison est d'ailleurs en cours.

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Bzhnono

    13/09/2007 à 22h23

    Répondre

    Pour l'instant je me suis avalé les 5 premiers épisodes et je prends un pied pas croyable.


    Cette série est, pour l'instant, tout simplement énorme. une merveille d'écriture documentée, un thème super casse gueule totalement maîtrisé, sans une once de manichéisme.


    Les terroristes sont montrés tels qu'ils existent certainement : intelligents, cultivés, calmes, bref tout le contraire de ce qu'on nous dit d'habitude. Ils sont montrés comme les hommes qu'ils sont.


    Bon, bien sur, la série ne les fait pas non plus passer pour des gentils qu'ils ne sont pas. Mais voir une série qui traite d'un thème aussi grave et casse gueule avec sérieux et respect, je dis bravo.


    Si comme le dit weirdkorn la série accuse une légère baisse de rythme sur la fin de la saison, je trouve que ce ne sera qu'une petite imperfection pour une série qui étale les bons points.


    Ah! Une petite chose m'a tout de même posé problème dans la série : Christian, le français, et Tommy l'américain sont tout de même assez caricaturaux et peu développés en comparaison des autres personnages vraiment bien pensés. Dommage. 

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein Médias, ou comment parler des séries TV, qu'elles soient américaines, françaises ou d'ailleurs, avec une certaine intelligence (rien que ça). Mais la critique touche aussi les émissions de la télévision, les magazines, la radio...

Rubriques