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Real Humans, saison 1 : la critique


Les maquillages "effet plastique" sont particulièrement réussis dans

Real humans, originellement Akta Människor ("véritables humains", en Français), est une série suédoise de science fiction. Nouveau vivier du cinéma contemporain, la Suède compte de plus en plus de films et de séries remarquables. Inspiré par le style américain, mais moins fantasmatique et moins "rythmé", le cinéma suédois se démarque par une réalisation sobre mais efficace, un certain sens de l'atmosphère, et une approche plus réaliste que ce que les américains nous ont habitués à voir.


Les Hubots sont des machines imperturbables
Real humans se positionne logiquement dans cette optique, même si la série semble avoir été pensée pour l'exploitation internationale. L'atmosphère nordique est relativement effacée (à part le fait que les acteurs sont essentiellement blonds), de sorte que cela pourrait très bien se passer aux États Unis ou en Europe et la différence serait minime. Tout juste si la photographie est volontairement surexposée, conférant à l'image une identité esthétique avec une luminosité et une froideur que l'on qualifierait aisément de cliniques. La construction du récit, lui aussi, semble inspiré des séries américaines, standardisant une forme habituellement moins haletante, plus réaliste et plus linéaire (Millenium, la série ; ).


Un ptit coup de fatigue ? Allez hop, on se branche !
Basée sur une idée classique de la science fiction - les robots humanoïdes et l'intelligence artificielle - la série condense les thématiques des Robots, d'Isaac Asimov, et celles des Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Blade Runner), de Philip K. Dick. Ce n'est pas très original a priori, mais c'est appliqué d'une  façon suffisamment revisitée, plus proche de notre réalité, pour procurer un sentiment neuf.

La série commence donc sous de bons hospices, avec une réalisation soignée, un univers passionnant, des acteurs impeccables, et des intrigues intéressantes. L'idée de suivre, à la fois le quotidien d'une famille on ne peut plus normale, et en parallèle la vie de fuite, de planque et de révolte d'androïdes émancipés confèrent une vraie force et une richesse, grâce à l'antinomie des thèmes abordés. Les personnages sont plutôt crédibles dès le début, pas trop archétypaux - ce qu'on aurait pu craindre - et on sent qu'ils ont un potentiel d'évolution plutôt enthousiasmant. Le plus remarquable est la direction d'acteur des robots (appelés hubots dans la série), très subtile, car selon leurs compétences et leur degré de
Ce geste de tendresse est-il programmé ?
perfectionnement, ils paraîtront plus ou moins humains. Autant du point de vue de l'apparence, que de l'expressivité et de la gestuelle. Les moins perfectionnés ressembleront à une sorte de Barbie et Ken, les plus perfectionnés seront d'apparence plus humaine, mais vide d'émotion. Seuls les hubots "émancipés", libérés des contraintes des lois Asimov peuvent ressembler à s'y méprendre à un humain peu expressif.

Dommage que ce début enthousiasmant ne trouve pas concrétisation au terme de cette première saison. Entre le début et la fin (10 épisodes) rien n'a vraiment avancé dans les thèmes abordés. C'est à peine si les personnages semblent avoir pris conscience des divers enjeux,
Odi, un Hubot défectueux à l'avenir incertain.
pourtant assez clairement définis dès le début pour le spectateur. Aussi, l'intégration d'une autre intrigue au but un peu flou (le comportement de l'hubot policière, et toutes les intrigues la concernant), atténue la force des deux autres récits de type antinomique cités plus haut.

Tout n'est pas parfait, donc, loin de là, si on y ajoute quelques comportements un peu incohérents, ou certaines évidences/facilités. Mais rien de bien inhabituel aux séries américaines non plus, soyons franc. La série, si elle n'atteint pas ses ambitions affichées au début, n'en reste pas pour autant intéressante, surtout pour qui se passionne pour ce genre de questionnements (quelle est la limite entre intelligence artificielle et véritable humain ?). La crédibilité de l'univers et de la famille dont on suit le quotidien apporte un véritable plus avec un véritable sentiment d'immersion et d'identification. Aussi, les nombreux éléments intrigants confèrent une certaine addiction, même si on n'atteint pas là la qualité des meilleures séries américaines du genre. Espérant que la saison 2 sache aller encore plus loin, et plus vite.

Diffusée dès ce jeudi soir (4 avril 2013) sur Arte, je ne saurais que trop vous conseiller de regarder cette série d'un genre relativement rare à la télé. Une SF au développement adulte, pour un genre pourtant trop souvent associé à l'imaginaire et à l'adolescence.

Et pour ceux que ça intéresse, n'oubliez pas de vous rendre sur le site de l'Hubot Market !

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5 commentaires

  • froo

    04/04/2013 à 09h31

    Répondre

    En voyant la bande-annonce, je me suis dit que ça faisait très envie, ce que ta critique confirme ! Faut juste que je n'oublie pas de regarder ce soir.

  • cubik

    04/04/2013 à 10h27

    Répondre

    'tain, mon decodeur m'a refuse la programmation de l'enregistrement pour ce soir, je vais etre obligé de pirater >

  • froo

    05/04/2013 à 10h43

    Répondre

    Sans aller jusque là, il y aussi le Replay disponible ici sur le site d'Arte (pendant 7 jours je crois).

  • cubik

    05/04/2013 à 11h52

    Répondre

    ah ben je tenterai ça alors, tiens

  • cubik

    05/04/2013 à 22h57

    Répondre

    bon, le replay d'arte fonctionnant sur mon media center (un des rares), j'ai pu mater les 2 premiers épisodes ce soir
    bon en vf, mais c'est mieux que rien
    ben c'est pas mal du tout
    ptet un peu lent, mais ça va

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