7.5/10

Pushing Daisies - Saison 1

Avec Ned et Pushing Daisies, la mort n'est plus une fatalité. Une série qui n'a pas su trouver son public, mais qui a de beaux atouts à faire découvrir, en DVD et Blu-Ray.

Ned a un don, un pouvoir très spécial qui lui permet de redonner la vie rien qu'en touchant les cadavres du bout des doigts. Du coup, il est devenu pâtissier, et ravit les palais de ses clients avec des fruits en pleine santé, revenus à la vie grâce à ses petits doigts magiques. Sur les humains, la problématique est un peu différente, puisqu'il peut également redonner la mort, de manière définitive, s'il retouche la personne. Et pour ne rien arranger, s'il ne renvoie pas le moribond dans la tombe avant une minute, une autre personne s'éteint dans les environs.
Un tel pouvoir est une véritable aubaine pour Emerson Cod, détective privé, qui met à contribution Ned dans ses enquêtes. Quoi de plus simple, pour trouver l'assassin, que de demander directement à la victime ? Mais voilà, un jour, c'est sur Charlotte "Chuck" Charles que ça tombe, amie et amour d'enfance de Ned. Celui-ci n'arrivera pas à la renvoyer, et se retrouve condamné à vivre son amour à distance...


Depuis quelques années, le monde de la série télé n'a cessé de chercher l‘innovation à travers de nouveaux concepts, porté par des réussites prestigieuses qui n'ont pas tout le temps su conserver leur rang de série culte, au fil des épisodes et des saisons. Pushing Daisies, à la rentrée 2007, se plaçait comme le fer de lance de la chaîne ABC, convaincue de tenir le hit de l'année 2008. La campagne de promotion a été construite en conséquence, la chaîne alignait treize épisodes avant de décider de tourner une saison complète quelques semaines après la diffusion du premier épisode aux Etats-Unis. Au final, malmenée par la grève des scénaristes, la première saison ne comptera que neuf épisodes, mais aura le privilège de se doter d'une seconde. Mais ceci est une autre histoire.
Commençons par le commencement, qui va probablement intéresser les non-anglophones : que veut dire Pushing Daisies ? Pour paraphraser certains sites, révélons que « manger les pissenlits par les racines », expression très française voulant signifier « être mort », se dit en anglais « to push up daisies », ce qui nous donne, élégamment, une explication incontestable sur le titre de la série, qui parle elle-même de mort tout en l'abordant de manière un peu parallèle.


Macabre, le synopsis de la série l'est, mais a le mérite de proposer un concept un peu original tout en évitant les écueils sur les séries à médiums et assimilés. Dès les premiers épisodes, on imagine très bien ce que sera la série, une série d'enquêtes où Ned et son acolyte interroge les cadavres pour démêler de sombres affaires de meurtres, tout en développant une histoire d'amour sans issue. Ned ne peut pas toucher Charlotte. Sur ce constat, les scénaristes multiplient les petits moments mignons où les deux protagonistes parviennent à avoir un contact physique en tout sécurité, à travers un sac plastique, par exemple. Les enquêtes, ton oblige, font dans l'insolite et le décalé, mais peinent finalement à renouveler une série où chaque épisode fonctionnent un peu de la même façon, sans faire avancer l'intrigue principale qui était, il faut bien l'avouer, l'intérêt de la série.
La réalisation nous ramène obligatoirement à de grands artistes des univers décalés. Certains verront un parallèle avec un Big Fish de Tim Burton, d'autres avec une certaine Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. Le ton y est un peu semblable, mais peut-être est-ce là l'effet du narrateur omniscient ? Celui-ci nous explique avec patience les dessous du cas Ned, jusqu'à sa petite enfance et les malheurs de la famille. L'ambiance, en ce sens, est un des gros points forts de Pushing Daisies, proposant à la fois des décors recherchés, décalés (le toit de la pâtisserie de Ned est une tourte, pour l'exemple), et une photographie très haute en couleurs ; et c'est peut-être bien ce qui nous rive devant la télévision la première fois.
Lee Pace, la grande perche prêtant ses traits à Ned, domine tout le casting de sa hauteur et de son talent. Son petit sourire un peu enjôleur et ses manières le rendent sympathique et avenant, tandis qu'Anna Friel reste un peu en retrait et tire un peu vers le bas le couple qu'elle forme avec Lee. Il est un peu curieux, d'ailleurs, de constater que la série peut amener des personnages un brin originaux, comme les deux tantes de Charlotte, et peut tout aussi bien taper dans le cliché éventé du détective black un peu soupe-au-lait.

Au final, Pushing Daisies se révèle agréable à regarder, mais n'arrive pas à s'extraire de son concept de base et à faire avancer son histoire, accumulant les récurrences au fil des épisodes. La série, supprimée par la chaîne ABC et ne comptant du coup que deux saisons, ne constitue pas un énorme investissement financier et fera la joie des lecteurs DVD et Blu-Ray. L'édition est abordable, sérieuse, mais pêche un peu par son manque de bonus. Dommage.

Note : la série a beau se terminer avec la deuxième saison, la franchise n'en est pas morte pour autant : l'histoire devrait se poursuivre au travers de comics et peut-être même d'un film.

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4 commentaires

  • Dat'

    03/03/2009 à 12h01

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    A chaque fois que je vois un épisode de cette serie, j'ai envie de manger une belle tarte aux fraises.


    Manque de pot, celles de ma boulangere font mechamment la gueule à coté de celles de la serie.


    Donc je suis frustré. Donc cette serie est frustrante. Mais sinon j'aime beaucoup.


     

  • hiddenplace

    03/03/2009 à 18h51

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    Cette série est frustrante dans tous les sens du terme^^ (cf la relation entre Ned et Chuck)


    Sinon c'est vrai que c'est très inspiré d'Amélie Poulain (un peu trop par moment ? même si on peut penser à un hommage (?)), et que c'est assez charmant à la fois dans le ton et dans la forme, du coup.


    Je ne savais pas qu'ils s'arrêtaient à la saison 2, moi j'ai bien aimé la saison 1, mais j'admets honnêtement qu'on peut sans doute considérer ça comme une bonne chose. Le concept ne semble pas brodable à l'infini (par moment, la saison 1 est même déjà redondante), et je ne vois même pas comment l'histoire de Ned et chuck est viable, d'ailleurs... enfin c'est mignon quand même, en tout cas.^^ (et les robes de Chuck > )

  • gyzmo

    05/03/2009 à 13h06

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    Ah bé moi, j'avais entendu beaucoup de bien de la série. L'entame et le traitement esthétique me donnaient envie. Puis, au fil des épisodes, je n'ai pas accroché à l'ensemble. Trop de blabla débité à la seconde façon Delarue (et à l'instar de toutes ces horribles publicité radio dans lesquelles les voix off speedent à la limite de la compréhension pour bourrer le maximum d'info en minimum de secondes). Des personnages trop guimauves à mon goût - même si leur côté farfelu ma joyeusement fait penser aux énergumènes de Chapeau Melon et Bottes de Cuir (voire à certains persos de la filmo de Burton et son Big Fish, par exemple). Des intrigues pas très intéressantes, toujours prévisibles. Le style, gros clin d'oeil à celui de Jeunet pour sa Poulain (plagiat, diront certains), devient également fatiguant à la longue... faute à la voix off. Puis la fin de saison et ses intrigues sont totalement décevantes. Les "rebondissements" sont vraiment de pacotiles. En tout cas, je n'ai rien ressenti de bien exaltant au moment où le héros divulgue ses secrets. J'ai d'ailleurs trouvé la réaction des personnages ambiant plutôt flasque des giboles. 


     


    Bon. Autrement, la tentative de glisser de l'humour un peu "british" dans la série n'est pas toujours une réussite, mais ça a le mérite d'être parfois revigorant. Y'a des séquences mémorables : les parties chantées, les ressurections, les poursuites à "voitures", le générique d'intro^^ Mais ça n'a pas suffit à convaincre ma sensibilité. Petit flop dans mon coeur, donc.


     


    Prout.

  • Anonyme

    05/03/2009 à 16h19

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    Je ne savais pas qu'ils s'arrêtaient à la saison 2,


    Pire que ça, la saison 2 a été interrompue et les quelques épisodes restant seront diffusés ultérieurement (3 je crois).


     Son créateur, Bryan Fuller, a été catapulté pour sauvé Heroes car il fut déclaré responrable du succès de la première saison (qu'il quitta pour ses séries).


     Sinon, pour les incultes , Wonderfalls du même Fuller est très sympathique aussi malgré sa poignée d'épisodes, il y Lee Pace qui joue un rôle secondaire dedans.

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