6.5/10

Profiler

Morts en série

En 1995, Seven faisait un carton. L'occasion pour les producteurs hollywoodiens de livrer leur lot de ‘serial killers flicks' opportunistes, de Copycat à Resurrection. On pourrait croire que la série Profiler, lancée en 1996, est née de cette mode, et ce ne serait bien sûr qu'à moitié faux. Mais ce serait oublier que l'origine de la série est plutôt à chercher du côté d'un film de 1993, When the bough breaks (sorti en vidéo en France après la série, sous le titre Le profiler...). Le casting comprenait Martin Sheen et Ron Perlman, mais leur présence était éclipsée par une incroyable actrice de 32 ans appelée Ally Walker...

Sam Waters (Ally Walker) exerce un métier bien connu de Pascal Légitimus : profiler. Mais bien sûr, elle triche : son intuition féminine ultra-développée lui permet d'avoir des visions qui l'aident à appréhender la personnalité des meurtriers. C'est grâce à ce don qu'elle s'est attirée l'attention et l'amour d'un fou furieux surdoué surnommé Jack-of-all-trades, qui a tué son mari et compte bien faire de même avec tout homme s'approchant un peu trop d'elle.

Accessoirement, elle travaille au VCTF (Violent Crime Task Force) avec son ami Bailey Malone (Robert Davi) et une équipe de spécialistes qui ont pour tâche de débusquer un nombre invraisemblable de tueurs en série (un par semaine pendant quatre ans, c'est plutôt inquiétant, non ?).

Attention ! La critique saison par saison peut nuire à l'effet de surprise ...

Saison 1 (1996-97)

Sam Waters (Ally Walker)
Sam Waters (Ally Walker)
La première saison est la plus classique, respectant dans chaque épisode un format quasiment immuable : le tueur de la semaine est présenté dans le prégénérique, le VCTF mène l'enquête avec diligence pendant que Jack-of-all-trades mijote quelque coup fumeux dans son coin, et Sam tente de se ménager quelques moments de tranquillité avec sa fille. L'ambiance est bien sombre (selon les critères télévisés de l'époque en tous cas, car ces dix dernières années ont repoussé les limites de l'acceptable dans ce domaine), et le climat de mystère qui entoure le personnage de Jack participe beaucoup à l'attrait de la série.

L'intérêt principal, néanmoins, comme dans le film When the bough breaks, est la présence de Ally Walker, qui apporte son charisme étrange et tout en retenue au personnage de Sam. Sans être un idéal féminin (blonde certes, mais jolie sans ostentation), Ally Walker donne à la série son essence, et lui apporte la qualité que les scénarios et la réalisation lui refusent parfois...

La musique du générique, composée par Angelo Badalamenti, n'est pas non plus étrangère à la fascination qu'exerce en partie la série (au moins sur les esprits faibles comme moi).

Saison 2 (1997-98)

Convaincu d'avoir, au bout d'une vingtaine d'épisodes, fait le tour des serial killers et de Sam Waters, les scénaristes décident de mettre en avant les personnages secondaires. Ce qui n'est pas un mal lorsqu'il s'agit de Bailey Malone - Robert Davi est un acteur impressionnant, vu en méchant dans Permis de tuer en 1989 ; mais s'avère particulièrement inutile lorsqu'il est question des autres, généralement assez transparents (à commencer par Julian McMahon, qui démontrait déjà, avant Charmed, Nip/Tuck et les 4 Fantastiques, qu'il avait le charisme d'un gant de toilette).

La saison se défend pourtant assez bien, notamment en mettant Jack à l'honneur et en lui offrant une associée, Sharon, interprétée par l'ex-actrice porno Traci Lords.

Saison 3 (1998-99)

La troisième saison, dès ses premiers épisodes, marque déjà le début de la fin. Le générique change : adieu les images de cauchemar, adieu la musique de Badalamenti, remplacée par un morceau de Danny Lux (compositeur de séries de science-fiction comme V, Star Trek et Sliders). Le ton change sensiblement aussi, laissant plus de place à un humour dont on se passerait facilement. Jack est arrêté dès le premier épisode, et passe le reste de la saison en prison, à visage découvert.

La pire idée de la saison consiste à organiser un crossover avec une autre série de NBC, le Caméléon : les deux univers sont incompatibles, le double épisode est ridicule.

Ally Walker, pas bête, pose sa démission.

Saison 4 (1999-2000)

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le départ du personnage principal n'est pas forcément synonyme d'arrêt de la série (bien que qualitativement, ce soit généralement le cas). C'est ainsi que X-files a perduré deux saisons au-delà de la disparition de Fox Mulder...

Pour Profiler, la remplaçante d'Ally Walker était toute trouvée : Jamie Luner joue Rachel Burke, une rousse incendiaire à forte poitrine qui (surprise) a le même don de double vue que Samantha. Navrant.

La saison, on s'en doute, ne vaut pas un clou (et réitère l'idée consternante de crossover avec le Caméléon), et la série est arrêtée pour le plus grand soulagement du téléspectateur.

Bien qu'il soit dommage d'avoir trop tiré sur une corde qui ne présentait pas assez de résistance, Profiler jouit de deux saisons vraiment agréables, qu'il vaut mieux laisser séparées de leur suite biodégradable...

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9 commentaires

  • Anonyme

    06/07/2007 à 00h33

    Répondre

    Ce qui me rend fou dans tes avis est que d'un côtés y a des propos que je n'arrive pas à contredire (qu'ils me plaisent ou non! ) et d'autres vraiment contestables (comme l'idée que Mac mahon n'a pas de charisme ce qui est complètement faux pour le peu qu'on ai suivit Nip tuck sur les 4 saisons et me dis pas que c'est une question de gout, maintenant j'avoue que dans les 4 fantastiques ... hum hum ...).


     Donc d'une part, tout ce que tu dis sur profiler est vrai, la série réussit en premier lieux à créer l'étonnement en incluant un zeste de glauque dans l'univers de la série tout en restant plus ou moin abordable, ce qui était rare à l'époque et qui est peut être un peu trop banal aujourd'hui (l'image étant prioritaire sur l'émotion, l'impression de surfait l'emporte pas moment). Et la suite concernant le déclin de la série est carrément induscutable.


     Par contre j'arrive pas à comprendre que tu n'ai pas mis en évidence que Profiler a surtout voulu emboiter le pas à la série de Chris Carter Millenium, série qui a très rapidement perdu les pédales malgré les nombreuses interventions des collaborateurs de Carter (dont les furieux Morgan et Wong devenus depuis des gacheurs de concepts mais auteurs de la trop méprisé série Space 2063).


     Cette série parlait aussi d'un profiler mais de manière plus proche du sixième sens de Mann que de copycat. cette série ayant tourné très rapidement en rond, elle s'est vite incliné face à sa rivale qui au final est devenue peu être plus interessante.


    D'ailleur, la Fox aussi avait organisé un Cross over plus malin entre Frank blank (le héros de millenium) beaucoup plus vieux que dans la série avec Mulder et Scully dans un épisode De X-Files.


    une idée maline mais un procédé usé donnant un épisode regardable mais décevant du fait que Carter ai autant cédé à celle facilité, dommage car l'idée était alléchante.


    Enfin je suis vraiment étonné que tu sois passé à côtés de Millenium dont la première saison est tout de même très qualitative.


     

  • riffhifi

    06/07/2007 à 00h44

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    Exact, j'aurais dû mentionner Millenium ! En revanche, Profiler ne lui a pas emboîté le pas puisque les deux séries ont été lancées en même temps (Profiler a même commencé un mois plus tôt !). Millenium, assez mou finalement et dénué de la fantaisie d'X-files, a vite pris l'eau à mes yeux, malgré le talent certain de Lance Henriksen.


    Quand à Nip/Tuck, j'en ai vu quelques uns mais clairement pas 4 saisons... juste assez pour confirmer que j'aime pas Julian McMahon

  • Anonyme

    06/07/2007 à 08h47

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    Petit jaloux va !!!!


     


    crois moi qu'il voir certains épisodes pour comprendre son talent, mais la plupart du temps ses rôles se limitent au beaux gosses, c'est sur que ça aide pas, sauf dans nip tuck


     


    Pour Millenium, je sais pas si la date de diffusion compte, je sais juste que dans la télé, ce genre de gueguerre est courant et souvent les idées se piquent et se repiquent (comme au cinéma ID4 est sortie avant Mars Attack mais des rumeurs expliquait que le premier aurait pompé sur le deuxième et tenté de lui emboiter le pas).


     Dans ce genre de buisness, c'est le premier arrivé premier servit.

  • nazonfly

    06/07/2007 à 09h55

    Répondre

    Juste quelques mots lancés pour dire que Profiler, celle du début évidemment, le reste je l'ai à peine vu, était une de mes séries préférées. Et c'était sans doute dû au charisme à la fois fort et faible de Ally Walker. Dommage qu'on ne l'ait pas plus croisé au cinéma par la suite!

  • riffhifi

    06/07/2007 à 10h42

    Répondre

    Pour répondre à 'Chris Carter', la guéguerre est effectivement fréquente, en cinéma comme en télé, entre projets similaires (voir notamment Disney et Dreamworks pendant plusieurs années, qui faisaient la course pour sortir leur film de fourmis/poissons/aventure etc)


    Difficile parfois de dire ce qui relève de l'espionnage industriel et ce qui relève plutôt de l'idéosphère...

  • Anonyme

    06/07/2007 à 13h28

    Répondre

    j'y crois pas trop à l'idéosphère surtout sur des concept genre Finding Nemo versus Shark's tale, je vois pas ce qui aurait pu inspirer les personnes en même temps .


     Par contre, comme tu l'as bien fait remarquer, ça peut être douteux sur Millenium et Profiler vu le nombre de films sorties en salle.

  • riffhifi

    06/07/2007 à 14h02

    Répondre

    Entre Disney et Dreamworks, l'idéosphère est effectivement une hypothèse à écarter

  • Anonyme

    07/08/2007 à 23h04

    Répondre

    En se forçant un peu, on peu se prendre au jeu jusqu'au bout de la saison 4 mais la fin, qui n'en est pas une, fini de réduire à néant les efforts du plus furieux fan. Bref, la fin du personnage de Jack est baclée, la saison 4 fini en queue de poisson... dommage, ca aurait pu être une bonne série !

  • Anonyme

    21/07/2008 à 02h56

    Répondre

    J'ai suivi cette série en DVD par curiosité. La saison un est de bonne facture, voire même d'excellente facture pour tout ce qui concerne Jack. J'ai plus que tout adoré la réalisation lors des scènes où il prépare ses petites interventions macabres : l'ambiance bleue, le côté mystérieux et presque irréaliste donnent une dimenson quasi mythique au personnage. Les enquêtes sont par contre assez moyenne, parfois même ennuyeuses et sans intérêt. Seules quelques intrigues réussissent à sortir leur épingle du jeu, mais pas forcément de manière magistrale.

    La saison deux continue sur cette lancée, avec quelques bonnes intrigues et quelques navets (l'épisode du tireur d'élite zodiacal ou je ne sais plus quoi est à bannir de votre liste si vous avez envie de découvrir la série). L'intrigue autour de Jack est un peu moins passionnante que durant la première année mais reste sympathique : les jeux de caméras, le côté "déjanté" et l'introduction de sa nouvelle copine donnent quelque chose de sympathique dans l'ensemble.

    La saison trois inverse un peu la tendance. Alors que les intrigues peuvent s'avérer très agréables à suivre, l'intrigue de Jack tourne carrément au vinaigre et devient mauvaise pour ne pas dire excécrable. On sent l'odeur âcre d'une nouvelle équipe de production plus à l'aise dans l'écriture d'épisodes sans fil conducteur (Quoique, Stephen Kronish intégrera plus tard l'équipe de 24...).

    La saison 4, sans être la pire bouse de l'Histoire de la télévision, enchaîne les fautes de goût en s'éloigne complètement de ses origines. Si la fin de Jack n'est pas une catastrophe, tout le reste de la saison passe du moyen au mauvais, sans jamais nous surprendre. Le ponpon reste la fin, complètement bâclée et ridicule au possible : on ose juste penser que la série était prévue pour plus longtemps. Car sinon, on tome de haut.



    Saison 1 : 8/10

    Saison 2 : 7/10

    Saison 3 : 6/10

    Saison 4 : 4/10

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