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Popstars, le duel - Ophélie

Ophélie

Matrix Revolutions ou Zatoïchi ? Matrix Revolutions et Zatoïchi. Radiohead ou LinkUp ? Radiohead et LinkUp. C dans l'air ou Greg le Millionnaire ? C dans l'air et Greg le Millionnaire.

Désolé, mais il ne suffit plus de lire des livres sur le conflit israëlo-palestinien ou d'étudier les films de Catherine Breillat pour mériter le nom d'intellectuel, de nos jours. Meilleur moyen de survie pour les prochaines années : l'éclectisme. Et voilà comment se mettre à dos la frange bobo des lecteurs de Krinein. Sans compter que cette introduction ne sert que de prétexte à ce qui suit.

J'aime Popstars. Non pardon, je l'adore. Tout simplement la meilleure émission de télé de tous les temps (au moins). Tout, dans ce programme, du moindre mouvement de caméra jusqu'au plus anodin choix de montage, signifie quelque chose et participe à l'effet recherché. Faire rire, émouvoir. Officiellement, il ne s'agit pas d'un jeu mais d'un documentaire. Pour les gens intelligents, la manipulation reste latente. Pire, pas assez pour tous les demeurés qui contribuent à cet affligeant spectacle de mise en scène de la bêtise humaine. Des producteurs cyniques et sans scrupules prennent les gens pour des cons et bien sûr, ces derniers ne s'en rendent pas compte.

Un documentaire, de la mise en scène... mais au fait, comment Michael Moore a-t-il tourné Bowling for Columbine ? Après tout peu importe, les râleurs crient déjà au hors-sujet.

Pop (Idol). Stars (Academy). Real TV, incarnation moderne du Mal absolu, pervertissant nos enfants et abrutissant leurs parents. Hier les sorcières, le rock'n'roll, les communistes, les jeux de rôle, les mangas, les jeux vidéo... Aujourd'hui la Real TV. Et un ange pour sauver Popstars, le duel. Ophélie, 19 ans. Plus vraiment adolescente, mais peut-être pas encore totalement adulte. Immortelle, comme tout ange dont elle revêt l'apparence, jambes et pieds nus sous une courte robe blanche, lorsqu'elle interprète admirablement Mon Autre avec sa future partenaire de carrière Pookie, reléguant allègrement le duo Maurane / Fabian à la case bal de campagne.

Ophelie
Ophelie
Dès le début, on a su. Ophélie gagnerait. Inéluctablement. Comment des personnes censées pourraient-elles se passer de cette voix, de la joliesse de la demoiselle et de sa lumineuse présence ? Absurde, tout simplement. Et même la victoire des garçons n'y changerait rien. Oh, bien sûr, on pouvait la trouver (trop) maquillée comme une poupée, vêtue de paillettes et d'étoiles tellement cliché. Mais à quoi bon résister ? Ce sourire si sincèrement blanc, presque immédiatement dissimulé d'un geste souple de la main, comme pour dire excusez-moi, mais c'est le plus beau jour de ma vie (jusqu'à la prochaine réussite, pense-t-on de suite après). Puis le regard caméra ponctué d'un hochement de tête approbateur avant de rejoindre les autres candidates. Et pour achever les derniers récalcitrants, un petit applaudissement pour elle-même en se rasseyant. Tout est là, et il paraît pourtant évident que la jeune étoile ne calcule rien. Elle rayonne, simplement, comme tout astre qui brille.

Le suspense anéanti, Ophélie continue d'offrir un intérêt constant aux épisodes de Popstars, le duel. La moindre apparition de la belle à l'écran provoque sur le visage du spectateur une expression d'apaisement et de mauvaises pensées fraîchement purifiées. Encore mieux lorsqu'elle parle face caméra pour les « sonores » de l'émission. La voix, évidemment. La clarté de la diction, l'articulation délicieuse de chaque mot. Et la lucidité, le bon sens des idées. La fluidité du propos. Rien n'ira à l'encontre de la ligne éditoriale officieusement établie par M6. « Si je suis retenue dans le groupe, ma vie changera complètement, je pourrai exercer ma passion au quotidien et c'est ce que j'attends depuis toujours ». Un objectif, une façon d'y parvenir. La durée de vie limitée des girls band ? Même les Spice Girls, ENORME groupe (quoi qu'on en dise) n'ont sorti que trois albums, dont un complètement nul. Mais avec ou sans groupe, Ophélie grandira, explosera plusieurs fois pour atteindre des sommets qu'elle-même ne soupçonne pas encore.

Bien entendu, Ophélie a un petit ami. « Mon genre de partenaire c'est tout lui ! Avec son charme, sa gentillesse et son attention ». Typiquement le genre de fille qui ne passera jamais un jour sans prétendants. Une fatalité mathématique, en quelque sorte. Mais qui a dit que cette petite déesse devait sortir de la sphère de nos rêves ? Ophélie respire la bonté et l'amour à chaque battement de coeur. Le stress ou le trac chez elle ? « J'ai très mal au ventre ». Comme le symptôme d'une passion amoureuse naissante. Celle d'un public d'admirateurs et d'une véritable tornade de talent et de charisme acidulé : « Je leur dirai que je les attends depuis longtemps et qu'enfin je peux leur donner une partie de mon rêve, une partie de moi. »

Rien qu'une infime partie Ophélie. Ce sera déjà immense.

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