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pensionnat de Chavagnes (Le)

Objectif : certificat d'études

Nouveau concept de télé réalité échappé d'on ne sait quel cerveau, le « Pensionnat de Chavagnes » se propose de confronter des adolescents d'aujourd'hui, âgés d'une quinzaine d'années environ, à l'enseignement d'hier. Après nous avoir servi en vrac, le fameux « Loft Story » qui a mis le feu aux poudres, les émissions musicales type « Star Academy » et les programmes jouant sur l'endurance et le mental comme « Koh Lanta », voici venu l'ère des soi-disant émissions de télé réalité « instructives ». Oui, figurez vous que cette émission est censée montrer à notre jeunesse décadente les vraies valeurs des années cinquante.

Vingt-quatre de nos chères têtes blondes vont ainsi revêtir l'uniforme réglementaire, arborer une coiffure décente, jeter leur portables et autres gadgets et respecter la discipline de fer imposée par les surveillants, tout cela dans le but de décrocher le certificat d'études (et un petit paquet d'euros pour le premier), bien entendu. Etalée sur cinq épisodes plus une émission spéciale, la vie des élèves au pensionnat consiste principalement à étudier le français, le théâtre, les mathématiques, le chant, et l'histoire-géographie ; les différentes matières étant dispensées avec la méthode des années cinquante. On retrouvera par exemple le fameux tableau présentant les premiers de la classe et les bonnets d'âne, et la cuillérée d'huile de foie de morue quotidienne.

Matez les tous

L'école d'aujourd'hui n'est pas parfaite, sans doute. Est-ce pour autant un problème qui pourra entièrement se régler grâce à de la discipline et un enseignement typique des années cinquante ? Ce n'est pas à moi d'en décider. Mais en les combinant avec le voyeurisme classique de la télé réalité, l'exercice qu'espérait tenter « Le Pensionnat de Chavagnes » perd tout son intérêt, faisant la part belle au ludique, misant tout sur les conflits entre professeurs et surveillants d'une part et élèves d'autre part. Le commentaire s'applique d'ailleurs à appuyer ces problèmes, ainsi que les disputes entre élèves eux mêmes.
Appliquons donc les méthodes des années cinquante pour mater ces petits jeunes, dont on aura pris soin de prendre quelques éléments perturbateurs, quelques probables têtes de classe, et quelques rigolos, voilà qui nous assurera des moments de franche rigolade !
Les cours et la pédagogie étant calqués sur leur anciens modèles, il ne faut pas espérer une révolution dans ce domaine. Bien que certains professeurs encouragent les élèves les plus faibles, chaque erreur est sanctionnée de la même manière. Au final, constat d'échec, les punitions et autres décisions disciplinaires étant souvent inadaptés au problème (en gros ménage, copie, interdicions, colles), les élèves qui étaient dissipés le restent. Je ne nie cependant pas un effort de la part de certains enseignants à trouver le moyen de tirer le meilleur de chacun.

« C'était mieux avant ? »

Mais là ou l'émission devient encore plus écoeurante, c'est que dans cette espèce de cliché « c'était mieux avant » prôné par le concept, on oublie que l'évolution des moeurs a parfois du bon.
Les méthodes du pensionnat sont à mes yeux plus mauvaises qu'elles n'apportent de solutions. Un exemple concret demande le peuple ? Le sexisme -peut être involontaire, mais tout de même présent- dont fait preuve l'enseignement :

Les filles vont apprendre : la couture, la cuisine.

Les garçons vont apprendre : les sciences naturelles, les travaux pratiques.

Après tout, quoi de plus normal, les femmes au bercail, les hommes au travail [ironie amère, je précise pour ceux qui n'auraient pas compris]. Cette vision, ô combien passéiste, n'est que l'un des aspect malsain et dégradant de cette émission, qui finalement joue avec et sur les valeurs, émotions et sentiments d'adolescents légèrement désorientés. Qu'on me comprenne bien, les jeunes participants sont ce qu'ils sont, je n'ai aucun préjugé sur eux (on a tous été ados un jour). Je trouve simplement pathétique qu'on les utilise de la sorte, dans un concept qui n'a au final pour vocation que d'être lucratif.

Ethiquement très discutable.

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15 commentaires

  • CIRSE

    24/09/2004 à 00h00

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    Pour faire suite à la critique d'Ichabod sur ce qui m'a l'air d'être une séquelle de plus à but "lucratif" pour leurs auteurs mais en même temps sournoisement accusatrice du laxisme de certains parents d'aujourd'hui devant leur progéniture (ce qui leur donne une bonne conscience) l'évolution de la société économique ne permet plus à l'un des deux parents (c'était la mère à l'époque)de "surveiller" leurs enfants comme dans l'époque des trente glorieuses dont font partie les années 50. Je schématise bien sûr et suis lapidaire . D'un autre côté, les gens sont de moins en moins solidaires et la difficulté de trouver du travail liée à l'incertitude d'un avenir "sans nuages" réduit comme peau de chagrin les espoirs d'une vie meilleure et conduit au renoncement. Il s'agit d'une évolution des évènements dans le "mauvais sens" et le pouvoir de l'argent -manipulé par des médias dont l'importance croit de manière parallèle à la disparition de leurs scrupules- est un sujet d'inquiètude je pense pour beaucoup d'entre nous !

  • Vincent.L

    24/09/2004 à 00h01

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    Le Pensionnat de Chavagnes, sans être un bon programme de télé (c'est assez dur si ce n'est impossible pour de la TV-réalité), possède un certain nombre d'aspects intéressants.
    Tout d'abord, il nous montre que les jeunes collegiens d'aujourd'hui sont quasiment incapables de sortir des phrases correctes de leur bouche. En effet, ils ne connaissent presque pas de mots de vocabulaire, conjugent mal les verbes, ne savent pas aligner deux mots sans y mettre un "quoi", un "putain", un "ça me saoûle", un "ça me gave", un "fait chier", un "ta gueule", un "ça me prend la gueule", un "il est grave" ou encore pleins d'autres déviations de la langue comme un verlan qui limite les capacités d'expression.
    Ensuite, Le Pensionnat de Chavagnes nous montre que les jeunes collegiens ne savent plus ce que sont la politesse, le respect des professeurs et des camarades et surtout l'autorité. En effet, ils sont constamment insolents, insultants, irrespectueux, déchaînés et n'ont qu'une priorité qui est de faire le plus de conneries possibles.
    Avec ces deux aspects, l'emission nous dresse un portrait affligeant de la jeunesse d'aujourd'hui. En effet on constate avec une certaine peur que les jeunes n'ont presque pas de valeurs et détèstent les normes. On pourrait se dire que les producteurs ont pris les pires, et pourtant non, il y a de tout dans ce pensionnat (origines sociales et ethniques), ce qui fait qu'on est pas si loin de la réalité. Et, comme par hasard, ce sont les élèves les mieux éduqués par leurs parents (ceux qui ont un peu conscience de ce que veut dire le mot autorité) qui réussissent le mieux à l'école. Pas de réelle surprise, l'autorité apprend le respect et les limites que l'on a dans la société et permet de bien apprendre et de réussir. On pense ici par exemple au petit Majid et au premier de la classe qui ne sont jamais pris entrain "de foutre le bordel".

    En dehors de ça, le Pensionnat de Chavagnes déçoit vite dès le second épisode. En effet, après une première émission à la fois hilarante (avec la repression des enseignants, surveillants et du directeur et avec les pleurs et les réactions qui s'en suivent) et affolante (pour les raisons exposées plus haut), les émissions suivantes assument moins leur autorité. En effet, on se retrouve parfois devant des punitions ridicules qui font pale figure fasse à ce que se fait aujourd'hui dans les vrais collèges, à de la répression bien moins assumée... En conséquence, les élèves perdent vite leur peur de l'autorité et se permettent de tout faire. Ainsi, ils pouffent en classe, insultent indirèctement les enseignants et se permettent de ne rien respecter. Par exemple, on est plus que très étonné de ne pas voir la petite pèste de Charlotte se faire expulser du Pensionnat avec l'insolence qui la caractérise et les enfreintes au réglement qu'elle fait en permanence. Les professeurs et surveillants se contentent de lui donner de légères punitions qu'elle ne fait parfois même pas! Bref, on peut imaginer que l'émission s'est auto-censurée après l'exclusion d'un premier élève très irrespectueux et turbulant...

    Le Pensionnat de Chavagnes est à la fois intéressant pour la pitoyable jeunesse qu'il nous montre et limité par son aspect TV-réalité. En effet, l'accent est mis sur les sotises des élèves et les maigres repressions de l'autorité du pensionnat alors qu'il devrait être mis sur l'importance de l'autorité dans le processus d'éducation.
    Bref, un VRAI documentaire serait bien plus pédagogique. Cependant, si l'emission peut faire prendre conscience à des parents que leur enfant est certainement aussi arrogant, insolant, irrespecteux et bête que ça et qu'il y a quelque chose à faire de leur part pour que ça change, c'est déjà beaucoup...

  • sondern

    07/10/2004 à 00h02

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    Mélange improbable entre "Etre et Avoir" pour le côté documentaire/reflexion sur l'enseignement et "Les choristes" pour le côté élèves difficiles dans les années 50, "Le pensionnat de Chavagnes" est une émission de télé-réalité qui avait l'air de bonne qualité sur le papier vu le concept: Des élèves des années 2000 qui se retrouvent dans les conditions de travail rigide des années 50.

    Personnellement je les trouvais distrayant. Les élèves sont des fortes têtes et détestent les punitions idiotes et rétrogades qu'on leur inflige à cause de leur bavardages et mauvais comportement permanent.

    Néanmoins, je crois que beaucoup font l'erreur de prendre ça au sérieux.

    "Le pensionnat de Chavagnes" n'est PAS UN DOCUMENTAIRE ! C'est une émission de télé-réalité au même titre que Loft Story et la Star Academy...

  • bousk8

    27/07/2005 à 16h29

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    Le problème avec les suites de real-tv c'est que l'effet de surprise a disparu et l'on risque de voir débarquer une vilaine horde de prépubère arriviste, ça sera le jeu du kikicékifoutraleplugrobordel

  • Lestat

    27/07/2005 à 16h45

    Répondre

    Est ce qu'il y'aura Monsieur Navarron ?

  • iscarioth

    27/07/2005 à 19h16

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    Lestat a dit :
    Est ce qu'il y'aura Monsieur Navarron ?


    Ohhh, il va se faire disputer

  • Lestat

    27/07/2005 à 19h33

    Répondre

    Oh non, pas la règle sur les doigts

  • schiste

    27/07/2005 à 20h37

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    Et ils connaitront milles ans de souffrances en étant lentement digéré...


    bah je sent venir le débat q'il y avait deja eu ^_^

  • dymE

    01/08/2005 à 11h27

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    Lestat a dit :
    Est ce qu'il y'aura Monsieur Navarron ?


    Non, je crois qu'il est en négociations avec M6, mais je pense que c'est mal parti ...

    Cet "épisode" se passera aux années 60, donc moins d'obligations (enfin ... vu les obligations de l'année dernière, on se demande à quoi ça va servir).

  • Lestat

    01/08/2005 à 18h30

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    Si en fait, M. Navarron est devenu proviseur. Même que Selena l'avait marqué et j'y avait pas vu...

  • Ramimi

    15/09/2005 à 14h00

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    Alors ? z en pensez quoi ? je suis contente qu'ils aient mis M. Navarron comme proviseur, ça fait un sacré contraste entre l'autorité et les élèves complètement indomptables. Ce concept "Années 60" est pas mal du tout , ça ne peut pas se comparer, du coup, au pensionnat de Chavagne. Les surveillants sont rigolos, bref, un bon casting. Affaire à suivre...

  • kou4k

    15/09/2005 à 20h49

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    c'est nul!
    si encore les enfants ne savaient pas qu'ils étaient filmés, ou si les sanctions étaient utiles ou le diplome vraiment national...
    mais franchement, on vous balance a 14 ans dans une école filmée et les cours diffusés devant des millions de téléspectateurs avec au final aucun impact véritable sur votre vie scolaire... qui se conduirait normalement.
    rien n'est vrai; car les mioches se fichent des règles et des sanctions inutiles et préferent se faire remarquer pour leurs pitreries.

  • Protos

    15/09/2005 à 20h54

    Répondre

    Déjà je n'arrive pas à comprendre comment on peut regarder cette émission.
    Ensuite, je n'arrive pas à comprendre comment on a pu créer cette émission.
    Enfin, je n'arrive pas à comprendre comment on peut en faire une suite.
    Vraiment. No comprendo.
    Je suis totalement déphasé sur ce coup.

  • Ramimi

    17/09/2005 à 18h16

    Répondre

    Bah... parce qu'il faut bien meubler le programme TV par des di-ver-tis-sements ! par contre je pense que le fait que ces ados indociles et arrogants font réfléchir. Car il faut pas croire, dans les classes ça ne se passe pas forcément mieux....

  • kou4k

    18/09/2005 à 01h10

    Répondre

    oui, mais les diplomes et les sanctions sont réelles, elles, et les surveillants aussi... alors on ne fait pas ce genre de choses sans raisons pour épater la galerie en cours, même si on est débile.
    et je viens d'écoles assez turbulentes(sauf moi, j'étais un ange... ), donc je sais de quoi je parle quand je donne mon avis sur cette émission...

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