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Palmade (Pierre) - Premiers spectacles

Les deux premiers spectacles de Pierre Palmade réunis sur un DVD et assaisonnés d'un docu-interview très réussi. Un double classique, vraiment drôle.

Vous faites vos courses de Noël. D'un côté, vous avez les nouveaux spectacles de Patrick Timsit et Jean-Luc Lemoine, entourés d'un marketing fastueux mais révélant finalement un contenu faiblissime ; de l'autre, vous avez cette édition réunissant les deux premiers spectacles de Pierre Palmade, datant de la fin des années 80. Vus et revus cent fois, les premiers sketchs de l'humoriste conservent-ils leur saveur ?

Ma mère aime beaucoup ce que je fais (1989)

Mis en scène par Sylvie Joly au Théâtre du Point-Virgule, ce spectacle d'à peine une heure révèle en 1989 un tout jeune Palmade (21 ans !), déjà auteur et
interprète de textes aux petits oignons. Avec son physique fluet et sa diction maniérée mais énergique, il parvient à incarner différents personnages sans pour autant forcer sur l'aspect « imitation ». Des dix sketchs présentés, l'Histoire a surtout retenu celui dit « du colonel », où un bidasse ultra-gay tente de convaincre son supérieur d'améliorer les conditions de vie des troupes. Pourtant, la performance de Palmade est plus subtile lorsqu'il joue les grandes gueules vantardes au restaurant thaïlandais... D'une façon générale, le niveau des textes est de haut vol, y compris lorsque le sujet est aussi bateau que la consommation de joint (variante facile de la scène de cuite) : même le racisme et l'homophobie sont abordés avec subtilité et élégance, sans compter que ces sujets étaient moins éculés il y a vingt ans qu'aujourd'hui.

On s'connaît ? (1990)

Dès l'année suivante, le comique revient dans un nouveau spectacle, au Palais des Glaces cette fois. Parmi les sketches, trois reprises (Le joint, La chanson et Le colonel), et un échantillonnage assez représentatif des différents défauts que
Palmade aime épingler chez ses congénères : la mauvaise foi, l'égoïsme, la morgue... Plusieurs des nouveaux textes deviennent des classiques : l'ouverture au son des Roses blanches, l'arrivée des extra-terrestres et de leur gognol, et surtout la séance de Scrabble en famille, où le papa triche à tour de bras tout en engueulant son fils, sa femme et sa fille sur chaque mot qu'ils proposent. On remarque d'ailleurs que malgré son jeune âge (oui, faites le calcul, il a 22 ans), Palmade n'est jamais aussi drôle que quand il joue les pères de famille excédés ; le sketch des clés est particulièrement hilarant, avec sa géniale réplique « MAIS TU VOIS PAS QUE PAPA RIGOLE ? », réutilisable à l'envi dans de multiples circonstances. En sus de son vaste succès public, l'auteur-comédien reçoit une nomination aux Molières 1991 pour ce spectacle.

En raison des quelques sketchs qui reviennent dans les deux spectacles, il vaut mieux éviter de les regarder à la suite, mais un simple passage par la case bonus peut suffire : l'interview de Palmade aujourd'hui propose un retour sur ses débuts, de façon plutôt intéressante et un peu introspective... et complétée par le point de vue des gens qui l'ont connu dès cette époque, ainsi que par celui de sa mère ! Entre les spectacles et l'interview, le DVD dure 2h50. On n'attend plus maintenant que les one-man-shows des années suivantes : Pierre Palmade (1991), Passez me voir à l'occasion (1992), Mon spectacle s'appelle reviens (1995), Vous m'avez manqué (1999) et Mes premiers adieux (2000).

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Abribus (L')

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