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Office (The) - Saison 1

Succès comique de la BBC entre 2001 et 2003, la série The Office nous plonge dans le quotidien d'une entreprise productrice de papier en proie à un dégraissement de personnel. Filmée sous la forme d'un documentaire, on suit David Brent (Ricky Gervais), un patron charismatique, et sa dizaine d'employés.

Ecrite et réalisée par Ricky Gervais et Stephen Merchant, la série compte 2 saisons, soit 12 épisodes de 29 minutes et deux de plus de 40 minutes. Elle est véritablement portée par le personnage de David, un patron quasi quarantenaire persuadé d'être drôle et dévoué à ses salariés. Ce boss caricatural est un individu contrasté auquel on ne peut rester insensible. Tantôt infect et cruel, il est surtout hilarant dans le malaise existentiel qu'il reflète. Derrière ses sarcasmes, ses piques et ses blagues, on lit la solitude d'un homme qui n'a pas de vie en dehors de son travail. Comme la plupart de ses collègues subordonnés, il a conscience de la médiocrité de son activité et qu'il est loin de réaliser son rêve. En conséquence, il passe son temps à se prendre pour un comédien sur son lieu de travail. Maladroit dans ses propos graveleux, cassants et violents, il ne rencontre presque aucun soutien. Autour de cet homme de pouvoir plus qu'instable, la réceptionniste Dawn (Lucy Davis) est un exemple déprimant de l'ennui de son type de métier, Tim (Martin Freeman) est le vendeur qui se résigne à garder son travail qui ne lui plaît pas et Gareth (Mackenzie Crook) est le fayot de service, véritable délice de gaucherie et de stupidité.
La petite entreprise de Wernham Hogg expose ce que des millions de personnes peuvent rencontrer quotidiennement à leur travail. Tensions, rires, manipulations, alliances, mensonges, dragues et blagues se succèdent devant un bureau, autour d'une réunion, d'un séminaire ou d'une fête. La force de la série tient autant de ses situations absurdes que de remarques méchantes et de bides monumentaux.

Evoquant des situations professionnelles familières, The Office arrive parfaitement a doser la critique sociale et l'humour. Elle ne tombe jamais dans la méchanceté gratuite, entre autres grâce à l'interprétation magique de Ricky Gervais, qui dégage au fond une sympathie forcément un peu malsaine. En 2005, la série a été adaptée aux Etats-Unis avec Steve Carell en vedette et en 2006, Canal + livrera sa copie avec François Berléand.

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Bodoï

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