A DECOUVRIR
8/10

White Stripes (The) - The White Stripes

John Anthony Gillis, né à Detroit le 9 juillet 1975 est le dixième enfant de sa famille et le septième garçon. Très tôt, il se passionne pour la musique, et à l'âge de 11 ans commence à jouer de la batterie. Plus tard, il veut ajouter du piano et de la guitare à sa batterie et apprend donc tout seul à en jouer. Il aime Led Zeppelin et Cream mais la révélation est pour lui le premier album des Stooges qu'il considère comme un secret trop bien gardé. A l'âge de 18 ans il se prend de passion pour le blues grâce à Robert Johnson, style musical qui est toujours sa principale source d'inspiration.

Le 23 septembre 1997, John épouse Megan White et prend son nom de famille. Il lui apprend à jouer de la batterie pour former le groupe que l'on connaît aujourd'hui : The White Stripes. Les deux époux déclarent un jour lors d'un concert être frères et soeurs mais cette déclaration est démentie sur Internet, ce qui donne lieu à toutes sortes de rumeurs (frère et soeur, mariés, divorcés, Meg est un robot....) Ils commencent à jouer dans de petites salles en 1997. Pendant ce temps, Jack (nom de scène de John) est batteur dans « Goober and Peas » et dans « 2 Star Tabernacle » , deux petits groupes de Detroit. Le groupe « The Go » le remarque et lui demande de jouer de la guitare pour eux, il accepte mais est très vite éjecté car le groupe pense que le public vient plus voir Jack White des White Stripes que The Go.

Après avoir sorti quelques titres passés assez inaperçus pour de petits labels, les Stripes signent chez Sympathy for the Record Industry où ils sortent « The Big Three Killed My Baby » , morceau agressif et accrocheur, très « vieux rock », avec un son minimaliste. Car minimaliste les White Stripes le sont, tirant leur nom d'un bonbon à la menthe rouge et blanc qui leur rappelle leur enfance, les membres du groupe sont d'ailleurs habillés en rouge et blanc, toujours dans ce style très minimaliste. D'ailleurs, les membres du groupe ne sont que deux, Jack et Meg, ce qui leur interdit d'avoir un bassiste, ajoutant encore à la simplicité de leur musique. C'est d'ailleurs peut-être cette spécificité qui les fait vendre des disques, les White Stripes sonnent vrai.

Ce bonbon à la menthe dont ils tirent leur nom ornera d'ailleurs leur premier album, éponyme, sorti en janvier 1999, dont la chanson « The Big Three Killed my Baby» occupera la troisième place. L'album débute avec le riff accrocheur de « Jimmy the Exploder », très rock, et mêle habilement de très bonnes reprises comme celle de « Breaking Down Blues » de Robert Johnson ou celle de « One More Cup of Coffee » de Bob Dylan, et des titres originaux explosifs comme « Broken Bricks » ou « Screwdriver ». La guitare énervée de Jack et la simplicité de la batterie de Meg rendent cet album vraiment original et percutant, de plus la voix de Jack s'adapte à tous les styles, du Garage Rock comme dans « The Big Three Killed My Baby » au Blues de « Sugar Never Tasted So Good » . Pourtant, l'album ne rencontre pas un grand succès.

Leur second album, De Stijl appelé ainsi en l'honneur d'un courant artistique minimaliste basé sur des formes et des couleurs simples (comme les White Stripes) créé par Gerrit Rietveld sort en Juin 2000. Débutant par l'excellent et déroutant « You're Pretty Good Looking (For A Girl) », cet album démontre encore une fois le génie de Jack White avec des titres de Blues comme « Apple Blossom » ou « Truth Doesn't Make A Noise » ainsi que la reprise de « Death Letter » de Son House, et de rock déjanté avec guitare désaccordée comme « Hello Operator » ou « Jumble, Jumble » qui vous ramène dans les années 60 et vous donnent envie d'y rester. Après cet album, la critique s'interesse de plus près à ce petit groupe de Detroit et The White Stripes commencent à connaître le succès en Angleterre. Certains journaux anglais vont jusqu'à comparer les Stripes aux Sex Pistols et Jack à Jimi Hendrix.

Mais le succès tombe sur le groupe à la sortie de leur troisième album White Blood Cells, succès principalement dû au titre « Fell in Love With a Girl » et à son clip, réalisé par le français Michel Gondry entièrement en LEGO. Ce clip reçoit trois prix aux MTV Video Music Award et est même nominé pour le meilleur clip de l'année, catégorie dans laquelle il perd, face à Eminem. Mais le succès de l'album ne repose pas seulement sur ce titre, on y trouve une succession de morceaux impressionnants comme « Dead Leaves and the Dirty Ground » dont la guitare et les paroles me laissent toujours bluffé, ou « Hotel Yorba », titre jovial et assez Rock-Folk avec des titres plus anecdotiques comme « Little Room » ou « I Think I Smell a Rat », qui n'en sont pas pour autant moins bons. Et on retrouve bien sur des titres Blues comme « Now Mary » ou « We're Going to be Friends », morceau simple et beau ayant la capacité de me rendre nostalgique. Cet album connaît un grand succès, et le groupe est très médiatisé après ses passages aux « MTV Video Music Awards » et au « Late Show with David Letterman ». Les Stripes étant effrayés par ce succès et ne désirant pas devenir un groupe commercial décident de refuser toutes les propositions qu'on leur fait. Ils sont ainsi fiers d'avoir refusé plusieurs millions de Dollars avec par exemple la première partie de Rob Zombie, une pub pour Gap ou la BO du film de Jim Carrey Bruce Almighty. Car comme le dit Jack : « Le jour où on vendra 10 millions d'albums comme Limp Bizkit ou Linkin Park, ça sera le signe qu'on sera vraiment devenu à chier ».

Pour se préserver de ce succès le groupe décide de s'imposer encore plus de contraintes pour leur nouvel album, ils vont donc l'enregistrer à Toe Rag Studios à Londres, studio qui ne possède pas d'équipement plus vieux que 1964. Ainsi, personne ne peut succomber à la tentation d'utiliser un ordinateur. L'album est enregistré en 10 jours (soit trois fois plus que les trois premiers) et Elephant sort le premier Avril 2003. Et la des les premières notes de « Seven Nation Army » l'enchantement fait effet, vous êtes transportés, le riff obsédant de la première chanson de l'album ne vous sortira plus de la tête. On enchaîne avec « Black Math » titre déchaîné et psychédélique. On a également droit à une plus qu'excellente reprise de « I Just Don't Know What To Do With Myself » de Burt Bacharach, génie musical pour Jack, ainsi qu'à une chanson douce et étrange, chantée par Meg « In The Cold Cold Night », assez obsédante également. On a ensuite encore un assortiment de titres Blues et Rock aussi bons les uns que les autres jusqu'au titre final « Well It's True That We Love One Another », chanson traitée sur le ton de la comédie, à trois voix avec Jack, Meg et la participation de Holly Golightly, très enjouée, contrastant avec le reste de l'album, et qui si elle n'est pas une excellente chanson au même titre que les autres, termine l'album de façon originale. Et la recette fonctionne encore, Elephant s'est très bien vendu, avec très peu de publicité et les Stripes détiennent le record de diffusion successives au Conan O'Brien Show.

Les White Stripes parviennent avec un minimum de moyens (ils n'utilisent même pas de techniciens lors de leurs concerts mais branchent leurs instruments eux-mêmes) à faire de la très bonne musique percutante et nous ramènent aux bases du rock. Les White Stripes sont une sorte d'anomalie dans la musique moderne et le fait qu'ils aient du succès semble anormal, mais qui s'en plaindra ?

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    6 commentaires

    • fred

      14/08/2003 à 00h00

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      J'adore ce groupe! la simplicité du rock, c tout et ca suffit!
      Jack White est un compositeur génial et leurs titres sont toujours surprenants!
      Inclassables et presque cultes, les White Stripes donnent une bouffée d'oxygène au rock! j'espère que d'autres groupes s'en inspireront!

    • Anonyme

      06/01/2004 à 00h02

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      bordel de dieu la première fois que j'ai entendu les White, j'me suis dit putain ca y est, le rock est pas mort. Y'avait que quelques cons pour le déclarer. Bluesy, rock rock et génial a souhait. Et quel putain de guitariste tout de même; elle, elles est un peu molle mais sert qu'a souligner le géni du gars. J'pensais pas devenir fan après Zappa et le velvet, mais là, chapeau bas. Et on est 2004, plus dans les sixties...

    • Anonyme

      29/01/2004 à 00h03

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      Je regrette vraiment d'avoir découvert the white stripes seulement avec elephant. J'ai acheté ce dernier pour seven nation army(le plus "commercial" sans doute) mais j'ai été plus qu'agréablement surpris de découvrir des morceaux aussi bons et aussi épurés tel que le très blouzy ball and biscuit. Je vais donc m'atteler à decouvrir ce groupe et leur discographie de maniere décroissante. Bonne surprise de l'année 2003 en ce qui me concerne! ps: "pain" vaut la peine d'être ecoutée en boucle.

    • Anonyme

      03/02/2004 à 00h05

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      bon bon voyons, ca quelque semaines après les strokes se sont les white stripes qui remplissent ( facilement )le zenith!
      le concert des strokes aurait été franchement moyen sans les kings o leon en première partie mais que faut-il attendre du show du meilleurs groupe du moment the white stripes?? Le concert de l'olympia avait été exellent avec Jack qui avait vraiment l'air d'être heureux là ou il était. Là évidemment on change d'ambiance : salle plus grande, moins bon son et la fin d'une tournée pour le trio sauveur du rock et reinventeur du bleus. les 2 frangins arrivent sur scène et balance au public du zenith les riffs devastateurs des morceaux qui ont fait leur gloire mais également des excellents bleus delicieusement bruts parfois absolument inconnus. Meg décore. Vient chanter sa petite chanson avec d'une manière plutôt désagréable qu'elle n'avait pas prise à l'olympia. Tape comme un lapin duracel sur sa batterie tout en dodelinant de la tête. Jack white lui ne lache pas sa guitare(excepté pour en changer) de la petite heure et demi de concert ne laissant aux poguoteurs que peu de morceaux plus calmes pour reprendre souffle. Le hic c'est qu'il y vraiment trop peu de communication avec le public et que le son est assez lamentable.après un rappel attendu, il reviennent pour le devastateur et obligatoire fell in love with a girl. ce qui est chouette ce qu'ils mettent autant en avant les titres les plus méconnus et leurs tubes, mais voilà l'enthousiasme ne paraissait que très moyennement là!

    • camion_poubelle

      27/02/2004 à 00h06

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      Les Stripes est au rock ce que Mozart est au classique : INDISPENSABLE.
      Out les merdeux, In le couple le plus rock 'n roll de ces dix dernières années. Out les RadioHead et leur pseudo exploiration musicale, In les stripes et leur retour au source. In leur mode d'enregistrement. In leur textes, car ici on parle de texte.

    • Anonyme

      05/07/2004 à 00h07

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      Original et bon , quoi qu'en disent les détracteurs. Une perle rare parmi tous ces pseudos groupes pourris par le fric et la musique "en boite".

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