7.5/10

Muppet Show (Le) - Saison 1

Le Muppet Show original date de 1976, et revient en DVD dans une belle édition qui permet de découvrir la première année en vo, en vf et en bonus. L'occasion de jeter un coup d'œil sur la glorieuse carrière des peluches de Jim Henson.

It's time to play the music, It's time to light the lights
It's time to meet the Muppets, On the
Muppet Show tonight!

It's time to put on makeup, It's time to dress up right
It's time to raise the curtain, On the
Muppet Show tonight!

Après avoir vu TF1 commettre la gaffe de confier à Sébastien Cauet le soin de ressusciter le Muppet Show en 2006 (Muppets TV, un bide vertigineux qui prit fin après 10 épisodes), Walt Disney fait le choix plus sage d'éditer en vidéo la série d'origine, celle de 1976. La première saison sera disponible le 4 août, on peut espérer que les
autres suivront.

A la base du Muppet Show, il y a essentiellement deux hommes, Jim Henson et Frank Oz, dont la série TV Sesame Street commence à imposer le talent dès 1969 : programme éducatif pour la jeunesse, il est animé par des peluches que le duo a déjà baptisé "muppets", néologisme formé des mots "marionette" et "puppet". En 1975, ils proposent à la chaîne CBS un nouveau concept, moins enfantin, qui prendrait la forme d'une émission de variétés où une vedette invitée viendrait chaque semaine faire face à une galerie de marionnettes en délire. Le projet ne convainc pas immédiatement, il faudra le soutien du producteur anglais Lew Grade (Le Saint, Amicalement vôtre...) pour que le Muppet Show voie le jour.

Le casting est rentré dans la légende : sous la présidence de Kermit la grenouille (vocalisé par Jim Henson en v.o. et Roger Carel en v.f.), on trouve Piggy la cochonne nymphomane (Frank Oz en v.o., Micheline Dax en v.f.), Fozzie l'ours comique, ainsi que le bouillant Animal, le malheureux Gonzo, le musical Rowlf, les caustiques vieillards Statler et Waldorf, l'assistant Scooter, le scientifique Bunsen, etc. Chaque épisode décline un certain nombre de scènes constantes : le bal, la sitcom médicale, le sketch de Fozzie... A l'instar des Marx Brothers, les Muppets
mêlent toutes les formes de divertissement et en jouent sans se soucier d'une quelconque cohérence : jeux de mots, gags visuels, séquences musicales, le tout est enchaîné à la vitesse de l'éclair et ne laisse que peu d'espace d'expression à l'invité du jour, qui semble souvent pataud face à ses partenaires de mousse. Ce qui n'est pas un mal pour le spectateur français de 2009, puisque la plupart ne sont que de mini-célébrités anglo-saxonnes des années 70. On note tout de même quelques exceptions, qui font généralement l'objet d'épisodes un peu spéciaux : Peter Ustinov et Vincent Price sortent ainsi du lot, et le frenchie Charles Aznavour a droit à sa propre émission. Mais en fin de compte, c'est le comique Avery Schreiber qui semble le plus à l'aise dans la folie ambiante. La version originale est parfois difficile à suivre, mais la version française se révèle heureusement de qualité, allant jusqu'à inventer de nouvelles blagues pour remplacer celles qui s'avèrent intraduisibles. Quant aux bonus, ils consistent en quelques info-bulles (inintéressantes et incompatibles avec les sous-titres) sur les trois premiers disques, et surtout une petite collection de raretés sur le quatrième : la vidéo tournée par Jim Henson pour convaincre les producteurs, le pilote (pas très énergique) de la série, et une bande promo de deux minutes.


Si l'on attend de pied ferme la saison 2 (Steve Martin, Peter Sellers, John Cleese et Bob Hope), la saison 3 (Sylvester Stallone et Raquel Welch), la saison 4 (Christopher Reeve, Mark Hamill et Liza Minnelli) et la saison 5 (Gene Kelly, James Coburn, Roger Moore et Joan Baez), on se passera avec plus de facilité des autres dérivés de la série, souvent poussifs : les films (six de 1979 à 1999), la série animée enfantine Muppet Babies (huit saisons, tout de même), le revival tardif Muppets Tonight (deux saisons en 1996-1998) et la triste reprise par Cauet en 2006, sans compter le Bébête show de Stéphane Collaro et Jean Roucas (1983-1995) qui reprenait l'apparence des Muppets pour parodier la politique française, ni les Feebles trash néo-zélandais d'un tout jeune Peter Jackson en 1989. Jim Henson étant mort en 1990, c'est son fils Brian qui a repris les rênes de l'univers Muppet, de même que ceux de Fraggle Rock et Dark Crystal ; il nous promet de faire revivre les trois sur grand écran dans les quatre ans à venir, mais les originaux de son papa ont encore largement de quoi nous contenter...

And now lets get things started, Why don't you get things started
It's time to get things started

On the most sensational, Inspirational, Celebrational, Muppetational
This is what we call the Muppet Show!

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3 commentaires

  • Anonyme

    07/08/2009 à 23h45

    Répondre

    Le bebete show n'a rien à voir la-dedans !!


    Ce sont des animaux (le bouc, le crabe , etc...) avec un visage des ministres de l'époque !!


    Ne mélangeons pas les deux !!

  • riffhifi

    16/08/2009 à 00h41

    Répondre

    Effectivement, aucun rapport entre Kermit la grenouille et Kermitterand, entre Fozzie l'ours et Barzie l'ours, entre Miss Piggy et Marchais la cochonne... Le Bêbête Show était un hommage direct et assumé au Muppet Show. Mais effectivement, une partie du bestiaire fut inventée pour compléter en fonction des personnalités politiques (le bouc, le crabe, etc.)

  • Anonyme

    28/08/2009 à 00h35

    Répondre

    Au sujet des films dérivés, signalons quand même une plus que sympathique version du Conte de Noël de Dickens, avec un Scrooge de haute volée en la personne de Michael Caine.

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