8.5/10

Misfits - Saison 1

Même si la télévision française subit sans cesse l'invasion des séries américaines, nos amis outre-atlantique ne sont pas les seuls à savoir faire de bonnes séries. Il faut aussi compter avec nos amis d'outre-manche qui, même s'ils conduisent à gauche (hérésie !), ont parfois d'excellente idées.

Un orage et des jeunes


En avant !

Misfits raconte l'histoire de cinq jeunes britanniques envoyés en correctionnelle après des délits mineurs. Alisha, Curtis, Kelly, Nathan et Simon ne mettent pas plus de cœur à l'ouvrage que ça. D'ailleurs, leur surveillant s'énerve de plus en plus jusqu'à ce qu'un orage éclate. Tentant d'échapper à la pluie de grêlons qui déferle sur eux, ils sont frappés par la foudre. Ne comprenant pas comment ils ont survécu, ils décident (tout penauds) de rentrer chez eux comme si de rien n'était. Le lendemain, ils se rendent compte qu'ils ont hérité de super-pouvoirs. Manque de bol... le surveillant aussi. Ce dernier les attaquant de plus en plus violemment, ils vont riposter...

Le gros avantage des séries britanniques réside dans leur côté irrévérencieux, impertinent, et dans leur capacité à tout montrer. Fini les carcans américains de l'amour et de la bienséance. Les Anglais n'hésitent pas à montrer une scène dénudée si elle est nécessaire (un peu comme sur le câble américain). Pour réaliser une série comme Misfits, cette liberté était nécessaire. Dépeindre le vice de la jeunesse britannique n'était pas chose aisée (encore moins s'il y avait eu de la censure) mais la série catalyse le tout de manière grandiose : alcool, drogue, tabac, sexe... aucun aspect n'est laissé sans traitement.

 

Une belle brochette de vainqueurs


L'air débonnaire, un personnage incroyable
Nathan Young (Robert Sheehan) : Il joue les flambeurs mais il a été envoyé en correctionnelle pour une des raisons les plus stupides possibles : il s'est fait attraper alors qu'il essayait de voler un petit sac de bonbons (ceux à faire soi-même) et son insolence vis à vis de l'officier de sécurité n'a fait qu'aggraver sa punition. Vulgaire au possible, il se fiche totalement de ce que les autres pensent de lui ; sa faculté à emmerder (il n'y a pas d'autres mots) les gens fait qu'il n'a pas beaucoup d'amis et que ses parents le délaissent totalement (sa mère le fiche dehors et il se retrouve à vivre dans le centre communautaire). Son pouvoir est... un mystère ou du moins, il le reste jusqu'à la toute fin de cette première saison. Je n'en dirais donc pas plus si ce n'est qu'il est plus ou moins lié à une facette de sa personnalité (comme tous les autres pouvoirs en fait).


Curtis, entre calme et tempête
Curtis Donovan (Nathan Stewart-Jarrett) : Ancienne star de la course (un temps prévu pour courir pendant les jeux olympiques de 2012), Curtis a vu sa carrière heurter un mur lorsqu'il a été arrêté en possession de cocaïne. La star en devenir est donc devenu le paria à ne pas imiter aux yeux du public, la justice ayant décidé de faire de lui un exemple. Son pouvoir est lié au voyage dans le temps. A chaque fois qu'il regrette un évènement, il peut remonter plus ou moins loin dans le temps pour l'éviter. Il n'a donc quasiment aucun contrôle sur sa capacité, ce qui va donner lieu à un épisode de folie dans cette première saison, épisode où les scénaristes explorent toutes les possibilités liées à son passé et aux conséquences de ses actes quand il remonte le temps. Sa relation avec Alisha (presque inévitable quand on regarde les 10 premières minutes de la série) reste presque anecdotique tant le personnage de la jeune fille est transparent (chose qui changera dans la saison 2).


Alisha : attention, grenades...
Alisha Bailey (Antonia Thomas)
 : Envoyée en correctionnelle pour des délits d'ébriété au volant récurrents, la jeune fille superficielle et insolente a du mal à trouver sa place dans le groupe. Alisha est l'incarnation parfaite de "l'allumeuse" anglaise : elle n'hésite pas à user de ses charmes pour essayer de se sortir de situations difficiles (comme essayer de séduire le policier qui la contrôle...) et se comporte un peu comme une petite princesse au début de la série. Son pouvoir est l'un des plus étranges de la série. Chaque personne qui touche une parcelle de sa peau à une envie irrépressible de... lui faire des choses sales (dirons-nous !). De plus, l'influence qu'elle exerce étant totale, ses "victimes" ne se souviennent de rien une fois le contact rompu. Véritable "bibelot" dans la saison 1, le personnage ne trouvera ses marques que dans la saison 2 où l'on découvrira une jeune fille de plus en plus normale et intéressante (personnalité qui se cachait sous la bimbo).


Kelly, quand Blonde et Extra-lucide font la paire
Kelly Bailey (Lauren Socha)
 : Kelly est ce qu'on appelle outremanche une "chav". Cette dénomination est données à des jeunes ou des adultes (provenant généralement d'un milieu ouvrier) enclins à se battre et à toute autre forme d'attitude anti-sociale. Elle s'est retrouvée en correctionnelle après s'être battue dans un magasin Argos (une grande chaine anglaise). Son accent très particulier (même pour un Anglais) des Midlands (centre de l'Angleterre) lui vaut les railleries presque constantes de Nathan. Son pouvoir lui permet de lire dans les pensées et c'est grâce à ça qu'elle se rend compte du changement d'attitude du surveillant, qu'elle tue dans une tentative d'auto-défense.


Simon, discret et sans coiffeur
Simon Bellamy (Iwan Rheon)
 : Archétype du jeune qui passe inaperçu, Simon n'est pas du genre à avoir beaucoup d'amis ni même à parler à grand monde. Son air, assez sévère dans les premiers épisodes, lui vaut nombre de quolibets de la part de Nathan ("pervers", etc.) qui ne l'a jamais appelé par son prénom mais plutôt "Barry". Il s'est retrouvé avec les autres à cause d'un incendie volontaire, chose plutôt étonnante pour quelqu'un comme lui. Son pouvoir est celui de l'invisibilité. Il ne le contrôle pas au départ (ce dernier ne s'active que quand Simon est ignoré) mais peu à peu, il va pouvoir s'en servir à son gré. Cependant, le personnage sert surtout de faire-valoir à Nathan dans cette première saison et il ne montera réellement en puissance que dans la saison 2 (et probablement 3).

 

Vous en reprendrez bien un petit peu ?


Ils sont beaux en orange, non ?

Le problème des séries anglaises réside dans le nombre d'épisode par saison. Oubliez les séries américaines et leurs traditionnels 20/24 épisodes par saison (qui peut aller à 12/15 pour les séries d'été ou celles qui commencent à la mi-saison), ici, seulement 6 épisodes à se mettre sous la dent. Or Misfits est une de ces séries qui fait qu'on en redemande. Tout d'abord, le thème des pouvoirs et des super-héros est repris sous un angle complètement nouveau et pose une question intéressante : pourquoi quelqu'un qui obtiendrait un pouvoir voudrait-il faire soit le bien, soit le mal ? Pourquoi ne continuerait-il pas à utiliser son pouvoir pour lui et lui seul ? Ou bien même, juste pour améliorer son quotidien et celui de ses amis ? Pire encore, pourquoi faudrait il que les pouvoirs obtenus soient utiles ?

Les pouvoirs de Kelly et d'Alisha les gênent plus qu'autre chose. Kelly ne se fait plus d'illusions sur personne parce qu'elle peut savoir ce que l'on pense d'elle ou si on lui ment pendant une discussion. Alisha ne peut plus toucher personne sous peine d'être violée... On voit donc dans Misfits une nouvelle problématique liée au monde des super héros qui, pour le coup, ne sont plus du tout "super", ni même des héros en fait. Malgré les pouvoirs, la série veut essayer de rester ancrée dans la réalité (les pouvoirs étant la seule source de fantastique) et les décisions que prennent les personnages sont, en général, rarement les bonnes et aussi, rarement celles qui profitent à l'intérêt général. Ce sont des ados tout ce qu'il y a de plus ado. Ils pensent à eux, ils veulent voir le monde des adultes mais en gardant leurs yeux d'ados.

Au final, malgré le faible nombre d'épisodes, chaque personnage à le droit à son heure de gloire. Ils ont tous une personnalité réaliste et la façon dont ils découvrent et utilisent leurs pouvoirs frise parfois le cocasse. Alisha, en particulier, avec ses puissants phéromones (en avait-elle vraiment besoin ?), se retrouve presque violée par un officier de police alors qu'il devait juste prendre sa déposition. On se dit aussi que certains personnages sont sous-exploités. Entre le rôle de faire-valoir de Simon et celui de bimbo de service d'Alisha, on se dit qu'il aurait été mieux de les voir un peu plus développés... ce qui sera fait dans la saison 2 (et tant mieux !).

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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