7/10

Mentalist (The) - Saison 1

Une série policière de construction assez ordinaire, mais entraînée par un personnage attachant et qui en a dans le ciboulot. Un bon cru, sans être une référence absolue. 

Le mois dernier, s'achevait sur TF1 la diffusion de la toute première saison du Mentalist, arrivée en grande pompe en début d'année après une razzia sur l'audimat américain. En France, la série affiche de bons scores, puisque le créneau horaire a affiché une moyenne de plus de 8 millions de téléspectateurs sur les deux mois de présence à l'écran. A titre de comparaison, le populaire NCIS se tape des moyennes d'environ 6 millions à longueur de saison. On peut d'ores et déjà affirmer que TF1 a réussi un coup marketing, en créant l'événement autour de la série, mais celle-ci possède tout de même quelques qualités qui peuvent expliquer son succès.

Patrick Jane est un "mentaliste". A travers l'hypnose, la psychologie comportementale et cognitive, la communication sensorielle, et tout un tas d'autres trucs du même tonneau, il assiste le FBI dans ses enquêtes. Ses déductions et ses manipulations sont imparables, redoutables, et pourtant il ne parvient pas à mettre la main sur John le Rouge, le meurtrier de sa famille. Un tueur méthodique qui revient le narguer de temps à autres...


Chaque épisode possède sa propre sous-intrigue indépendante de "l'intrigue principale" (voir plus bas), commençant évidemment avec une affaire à élucider et s'achevant sur sa résolution. Rien de bien original dans sa conception, donc, mais pourtant le Mentalist parvient à légèrement se démarquer de sa concurrence par le nature de son sujet. Patrick Jane est un manipulateur, usant de ses charmes et de son intellect pour séduire son auditoire et voir clair en chacun. C'est là toute la dichotomie du personnage, meurtri par un drame criminel, obsédé par l'arrestation du criminel, mais qui pourtant affiche une façade joviale et primesautière. Parmi son éventail d'armes, il n'hésite pas à utiliser l'humour et le culot pour entourlouper tout le monde, à commencer par sa propre équipe. C'est là tout le sel du Mentalist : le personnage principal repose entièrement sur des principes de séduction, qui attirent la sympathie du public et des autres protagonistes dont il s'entoure. Si nous gommons Patrick Jane, il ne reste plus rien, juste une vague intrigue policière que les Experts (n'importe lesquels, disons Vegas, ils sont les plus proches) auraient torché en cinquième vitesse. Le personnage doit en outre faire face à d'autres démons tout personnels, son passé de médium revenant parfois sur le devant de la scène avec des conséquences plus ou moins fâcheuses.
John le Rouge fait justement office de fil rouge, autrement dit une sorte de carotte virtuelle qui pousse le spectateur à suivre les épisodes en espérant voir cette "intrigue principale" avancer. Pourtant, le fameux tueur n'interviendra que sur quelques épisodes, parfois très indirectement, et ne constituera pas le moteur de cette série à vocation épisodique. Il est donc tout à fait envisageable de laisser passer un peu de temps entre les épisodes, ou même de les voir dans le désordre, TF1 ne s'étant pas privé pour cela. Les intrigues se montrent assez inégales, et ne feront pas forcément dans la grande originalité.
Généralement, le malfrat est deviné dès la première dizaine de minutes de l'épisode, mais comme dans un bon vieux Columbo, c'est la façon dont le héros l'appréhende qui intéresse. Un schéma de pensée que l'on retrouve chez Jane, dont les soupçons se tournent très vite vers la bonne personne, généralement.
Simon Baker est-il une révélation ? Peut-être bien. Ou alors, son rôle lui sied comme un gant. Ce n'est pas tant que l'homme se pose comme un canon de beauté, mais son charme est palpable et sied à merveille au personnage. L'égo de celui-ci est si énorme qu'il efface sans peine tous les autres personnages, sous-exploités mais pas réellement négligés. Ils ont leurs petites histoires, participent activement à l'enquête, et se font régulièrement manipuler par le consultant, mais n'ont pas pour autant le statut de héros. Un équilibre du type NCIS sera de toute façon difficile à atteindre, étant donné que l'attention doit être laissé au Mentalist.

Une série assez commune dans son développement, mais qui gagne quelques points d'intérêts grâce à l'ambigüité et au charme de son personnage principal. Quelques épisodes sortent du lot, et l'ensemble construit des bases apparemment solides pour perdurer quelques saisons.


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1 commentaires

  • Anonyme

    13/04/2010 à 09h12

    Répondre

    love mentalist

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