8.5/10

Masters of Horror - Saison 1 (Episodes 1 à 6)

Critique des épisodes 1 à 6 de la première saison de Masters of Horror

L'histoire commence lorsque Mick Garris, réalisateur de La Nuit Déchirée, réunit quelques grands pontes du cinéma fantastique et d'horreur au court d'un dîner. Il y a là John Carpenter, Larry Cohen, Stuart Gordon, John Landis, Tobe Hooper ou encore Guillermo Del Toro. Ce dernier, avec tout l'enthousiasme qui le caractérise, ne peux s'empêcher de porter un toast aux "Maîtres de l'Horreur". Et voila comment, après cette bonne bouffe, Garris lance le concept des Masters of Horror : une mini-série composé d'épisodes d'environ une heure, dont chaque segment sera signé d'un grand nom dudit genre. L'idée fait son chemin, le casting varie (George Romero n'en finit plus de s'annoncer et de se désister) pour enfin aboutir à l'anthologie de 13 moyens métrages que nous connaissons aujourd'hui, tournés avec le même budget, dans un même temps. Si le Pape du film de Zombies ne peut se joindre au projet, la liste des heureux élus n'en met pas moins l'eau à la bouche : Dario Argento, John Carpenter, Stuart Gordon, John Landis, John McNaughton, Don Coscarelli, Joe Dante, Takashi Miike, Lucky McKee, William Malone, Larry Cohen, Tobe Hooper et bien sur, Mick Garris lui-même. Un mélange de la vieille et de la nouvelle école appréciale, même si certains noms sont particulièrement attendus au tournant. Pour Dario Argento et Tobe Hooper, dont les auras respectives ont bien fondu depuis les années 70, on devine dans Masters of Horror une opération de la dernière chance pour reconquérir quelques fans perdus. Pour William Malone, responsable de deux films médiocres au sein de la firme Dark Castle, c'est l'occasion de faire ses preuves. Tout comme Lucky McKee qui en attendant The Woods doit transformer l'essai du sublime May. John Carpenter a aussi un bout de chemin à refaire, depuis le controversé Ghost of Mars et ses déclarations douteuses quand aux remakes de ses propres films. Des craintes et des interrogations qui poussent à se pencher avec une certaine avidité sur ce projet, dont voici les cinq premiers volets.

Jenifer
Dario Argento

Franck, inspecteur de police abat un homme sur le point de massacrer une jeune fille, Jenifer. Celle-ci, dotée d'un corps sublime mais d'un visage monstrueux, n'a nul part où aller. Franck la recueille en attendant d'y voir plus clair, au grand dam de sa propre famille. Très vite, Jenifer va dévoiler ses instincts bestiaux, tout en construisant avec Franck une étrange relation charnelle.

Ce qui était devinable depuis The Card Player se confirme : Dario Argento en a terminé avec le baroque, les éclairages ampoulés et les opéras morbides où les meurtres et la violence accédaient au statut d'oeuvre d'art. Désormais, l'Italien mégalo évolue dans la sobriété, pour ne pas dire l'épure. Les lumières sont crues, les décors sans artifices, la réalisation presque imperceptible. C'est avec un petit pincement de coeur que l'on constate qu'Argento est à l'aise dans l'exercice du téléfilm. Techniquement, Jenifer est parfait, bien rythmé et sonne juste. Il faut s'y faire, Dario a fini par trouver sa nouvelle voie, même si son style légendaire en prend un coup. D'ailleurs, Jenifer n'est pas un giallo ni même un polar. L'un dans l'autre, cette histoire vénéneuse, érotique et particulièrement gore relève de l'inédit dans la filmographie d'Argento, qui arpente là des terres chères à David Cronenberg. Jenifer, sa tête cachée sous sa luxuriante chevelure, compense sa difformité par un appétit sexuel auquel Franck a bien du mal à résister. Tranquillement, sans complaisance, le réalisateur de Suspiria filme cet amour improbable et malsain, insufflant à ce "monstre" une sensualité touchante. Tout irait pour le mieux finalement, si Jenifer, après avoir fait des folies de son corps, ne prenait pas l'envie de dévorer tout être vivant passant dans ses parages. La jeune fille est-elle malfaisante ou est-elle tout simplement née comme ça ? Victime ou Mante Religieuse ? Une interrogation créant une bonne partie de la force de Jenifer. Dérangeant et beau, Jenifer est une digression intéressante dans l'oeuvre d'Argento, qui fait d'une Bd style Conte de la Crypte un conte sombre et mystérieux, répugnant et fascinant. A l'image de la langue rappeuse que Jenifer passe sur un Franck plus que consentant.

Argento s'est assagi, mais Argento n'en reste pas moins toujours Italien. Fidèle à ses racines, il confie la musique de Jenifer à son fidèle Claudio Simonetti -qui nous gratifie d'une mélodie enfantine rappelant les Frissons de l'Angoisse- et ne se gène pas pour apposer à son épisode une patte toute transalpine. Particulièrement explicite, Jenifer a connu les "joies" de la censure, le vieux maître ayant trouvé opportun de filmer deux fellations en gros plan, l'une tendre et furtive, l'autre plutôt cannibale. The Card Player introduisait le nouveau style d'Argento, de manière plus ou moins bancale. Audacieux et maîtrisé, Jenifer semble en être aujourd'hui l'avènement.

La Fin Absolue du Monde
John Carpenter

La Fin Absolue du Monde est un film légendaire, dont les images causèrent une émeute mortelle lors d'une projection au festival de Sitges. Pour beaucoup, l'unique copie existante a été détruite. Bellinger, collectionneur et cinéphile averti, est persuadé du contraire. Criblé de dettes, Kirby Sweetham part à sa recherche...

A mi-chemin entre La Neuvième Porte et L'Antre de la Folie, La Fin absolue du Monde est un sketch des plus curieux. Carpenter nous livre ici moins un petit film qu'une sorte de collage d'images où le spectateur se perd peu à peu. Débutant de manière classique, avec la rencontre entre Kirby et Bellinger, la requête de ce dernier et la découverte qui lance la machine, un ange amputé des ailes, La Fin Absolue du Monde dévie peu à peu de son chemin traditionnel pour devenir un voyage nébuleux entre cauchemar et réalité. Pour enfoncer le clou, John Carpenter profite de son sujet pour se lancer dans une sorte de mise en abîme gommant progressivement tout repère, tout en s'interrogeant plus ou moins subtilement sur le médium qui a fait sa renommée. C'est beaucoup pour un si petit format. Au final, l'effet fonctionne pourtant, et il est difficile de dire ce que l'on regarde véritablement : l'histoire d'un pauvre bonhomme à la recherche d'un film maudit ou... le film maudit lui-même ? Ellipses et effets de montage laissent planer un doute inquiétant. Une fois n'est pas coutume, il est cependant dommage que Carpenter sacrifie sa belle ambiance au profit d'incursions gores assez malvenues. Même si il est assez jouissif de constater que l'expression "faire du cinéma avec ses tripes" peut prendre un sens littéral.

Si le Carpenter de la grande époque plane sur La Fin Absolue du Monde, si la réflexion sur le cinéma d'horreur et le pouvoir des images est intéressante, le sketch se perd un peu dans ses divagations de fond et de forme. C'est aussi le seul segment, de ceux présentés, ici à donner une impression d'inachevé, d'étriqué. Engoncé dans son heure réglementaire, Carpenter va à l'essentiel, développe sa trame du mieux qu'il peut, mais semble souffrir de la demi-heure manquante, celle qui aurait transformé La Fin Absolue du Monde en long-métrage fabuleux. Reste une sorte d'essai inégal aux airs de longue hallucination, où le malaise laisse place à l'incompréhension. Evoluant tel un spectre dans ce chaos, l'évanescent Udo Kier vient se rappeler à notre bon souvenir. Bien entendu, il est impérial...

Le Cauchemar de la Sorcière
Stuart Gordon

Walter Gilman, étudiant, prend une chambre minable dans une vieille bâtisse, avec l'espoir avoué d'y écrire sa thèse au calme. Sa voisine, séduisante mère célibataire, est agréable. Les cauchemars qui le hantent soudain, un peu moins...

Le direct-to-video, les petits budgets, les timing serrés, Stuart Gordon connaît, lui qui fit ses armes chez Charles Band, le descendant spirituel de Roger Corman. Tout comme Lovecraft, à qui il a donné les adaptations les plus estimées, entre le culte Re-Animator, Dagon ou le sous-estimé Castle Freak. Bref, un épisode de Masters of Horror avec une nouvelle de Lovecraft, c'est du petit lait pour Stuart Gordon, qui montre tout son talent de metteur en scène et de créateur d'ambiance. Bien entouré de Ezra Godden, sorte de Bruce Campbell ténébreux déjà présent au casting de Dagon, le réalisateur propose un film pesant, sombre et très bien maîtrisé. Bien décidé à tirer le meilleur de cette histoire de possession, de sacrifices de bébé et de lucidité ambigu, Stuart Gordon ne fait pas dans la demi-mesure et c'est avec plaisir que l'on retrouve le travail d'un artisan qui, malgré un ensemble assez classique, va au bout de sa démarche quitte à tomber dans l'infanticide et mettre le spectateur dans l'indécision quand à l'état mental de Walter Gilman. Sanglant et pessimiste, Le Cauchemar de la Sorcière fait également étalage de l'érotisme tordu cher à Stuart Gordon. Ici une ravissante jeune femme qui en plein acte sexuel se transforme en hideuse sorcière.

Si Le Cauchemar de la Sorcière n'est ni le meilleur ni le plus marquants des segments concernés par cette critique, il reflète parfaitement ce qu'est la carrière de Stuart Gordon, par son soin, sa simplicité et tout simplement sa réussite. Oui, Stuart Gordon est bien un Maître de l'Horreur, qui réussit une fois de plus à adapter Lovecraft avec un brin de modernité, sans pour autant en trahir l'esprit.

La Belle est la Bête
John Landis

Un homme rencontre une ravissante jeune femme dans un bar pour routier. On le retrouve piétiné à mort dans son camion. Inspecteur au service des animaux dangereux, Dwight Faraday prend en charge cette enquête insolite qui l'entraînera dans le folklore indien.

Attention chef d'oeuvre ! Si.
John Landis, pas vraiment attaché aux genres extrêmes, fait comme à son habitude : du fantastique certes, mais aussi, de l'humour, un cocktail bien dosé ramenant au Loup Garou de Londres, son film le plus célèbre et classique indétrônable du cinéma lycanthrope. La Belle est la Bête, c'est tout le petit monde de John Landis en cinquante et quelques minutes. Un univers de doux-dingue où déambulent des personnages déphasés, en totale harmonie avec le coin d'Amérique loufoque dépeint. Parmi eux, Dwight Faraday, campé par l'excellent Brian Benben. Un personnage trouble, pince sans rire et un peu déviant. Du genre à agresser son agresseur avec son propre couteau. Une sorte d'extraterrestre terrien que plus rien ne semble étonner. Face à lui, une femme-cerf qui tue ses amants. Comme souvent chez Landis, le rire camoufle tant bien que mal une réalité amère et le réalisateur trouve à nouveau l'alchimie entre ces deux ingrédients difficiles à manier, tranchant la poésie triste de son histoire par quelques instants de franche comédie. Les dialogues truculents, la gestuelle des acteurs, les situations surréalistes permettent la totale réussite de ces scènes. Comment oublier ce passage énorme où Faraday, affalé, tente de trouver une explication plausible à son enquête insensée, passant en revue des hypothèses toujours plus abracadabrants (et Landis de terminer sur un ahurissant hommage à la série Z) ?

Sombre et sexy, la Belle est la Bête a le charme insouciant d'un Conte de la Crypte et la naïveté d'une légende contée au coin du feu. Après le Loup Garou de Londres, auquel un savoureux clin d'oeil est rendu, et Innocent Blood, John Landis reste fidèle à sa propre approche du genre, toujours drôle mais jamais parodique. Alors que nous n'avions plus trop de nouvelle de lui, La Belle est la Bête est son bulletin de santé. Tout va bien, il est toujours ce gamin turbulent, prêt à nous prouver que l'on peut être mort et avoir de l'humour. C'est rassurant. Pur film de monstre au final épique, La Belle est la Bête est un enchantement, ramenant à une approche du genre qui trouva tout son souffle durant les années 80, dans des incunables comme Creepshow.

Les Amants d'Outre Tombe
John McNaughton

Pour faire revenir sa femme à la vie, un homme consulte une nécromancienne. Celle-ci, pour l'en dissuader, lui raconte l'histoire terrifiante Ernst Haeckel, qui en son temps poursuivait un dessein similaire.

John McNaughton restera sans doute l'homme d'un seul film, Henry Portrait d'un Serial Killer en 1986. Eventuellement pour le public plus jeune, il y a Sex Crimes dans les années 90, avec Neve Campbell, Denise Richards et une bouteille de champagne. Deux oeuvres reflétant l'air du temps d'alors, et réagissant à un courant bien particulier. Le film de psycho-killer pour Henry, et le thriller érotique pour Sex Crimes. Alors que l'horreur "dure" est en plein retour sur les écrans, que le survival ou le film de Zombie recommencent à être à l'honneur, il n'aurait pas été surprenant de voir John McNaughton suivre le mouvement tendant à revenir aux années 70-80. Heureuse surprise, Les Amants d'Outre Tombe recule plus loin et s'avère être un sketch obéissant à une tradition renvoyant à Roger Corman, au fantastique gothique italien voire aux derniers films de la Hammer. Tout en brume et en costume, Les Amants d'Outre Tombe est l'adaptation d'une nouvelle de Clive Barker, dont l'oeuvre passionnante n'intéressa que peu le cinéma. D'ailleurs, les meilleures adaptations de Barker étaient jusqu'à présent signés par Barker lui-même. C'est que pour adapter Barker, il faut des testicules : son univers est torturé, esthétique, très graphique et outrageusement sexuel. Adapter Barker, c'est ne faire aucune concession. Et comme Stuart Gordon pour Lovecraft, McNaughton a parfaitement saisi l'essence des écrits de Clive Barker. Les Amants d'Outre Tombe distille une atmosphère que l'on croirait sortie d'une nouvelle de Poe -et c'est peu dire lorsque l'on connaît l'attachement de Barker pour l'écrivain/poète- avant de dévier petit à petit vers son sujet, osé et dérangeant, dont rien ne nous sera épargné. Mais John McNaughton connaît ses classiques et il flotte soudain un parfum de Dellamorte Dellamore, alors qu'une jeune femme s'adonne au sexe nécrophile avec une tribu de mort-vivants. Lorsque l'hémoglobine est de sortie, George Romero n'est pas oublié non-plus. Dénué de tabous mais avec une beauté à toute épreuve, Les Amant d'Outre Tombe est le genre de film qui déguste comme une absinthe.

Avec les Amants d'Outre Tombe, John McNaughton déconcerte agréablement par son ambiance victorienne. Sa technique est à l'avenant, très classique, à l'ancienne, avec de beaux effets spéciaux mécaniques -alors que quelques images de synthèses apparaissent chez ses congenères-. Dommage que l'épilogue, prévisible et grand-guignol, gâche un peu la fête. Quoiqu'il en soit, McNaughton peut se vanter d'être revenu au genre qui a fait sa réputation, en adaptant avec brio un auteur difficile à retranscrire tout en renouant avec un cinéma gothique refusant de mourir.

Chocolat
Mick Garris

En mangeant du chocolat (!), un homme se retrouve littéralement dans la tête d'une femme.

Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés : Mick Garris a beau être l'instigateur du projet, son CV n'en attirait pas moins l'indifférence. Pour résumer, Mick Garris était jusque là cantonné à la case du "bien mais pas top", chose que l'on pardonne il est vrai plus facilement aux réalisateurs de son statut qu'aux légendes chevronnées de la camera. Si il fallait dégager une qualité de son segment, c'est son ambition. Sorte de sous-Dans la Peau de John Malkovich farci à la masturbation, Chocolat avait de quoi dépasser largement son format de moyen-métrage, par les thématiques qu'il développe. Ou aurait pu développer, car Mick Garris et son scénariste vont à l'essentiel, ce qui en soit n'est pas une mauvaise chose. On oscille ainsi entre un fantastique un peu loufoque ne rechignant pas sur l'aspect sexuel de la situation et un embryon de drame social apportant épaisseur et sympathie au personnage principal, par ailleurs sans grand charisme. Plutôt bien réalisé -les passages d'une tête à l'autre sont particulièrement réussis-, Chocolat trébuche néanmoins lors de son final, hésitant à creuser l'angle métaphysique au profit d'une timide réplique lourde de sens. Et au spectateur, malgré tout ce chocolat, de rester sur sa faim.

A l'heure du bilan, Chocolat est un épisode agréable, d'une absence de tabou rafraîchissante, mais ni meilleur ni pire que les autres. Reste à savoir si il s'agit vraiment d'une surprise venant de Mick Garris. Allez, levons tout de même nos verres en l'honneur de l'homme qui a réalisé cette folle réunion, sous la bannière d'un concept risqué (disons les choses comme elles sont, même si c'est moche : les noms d'Argento ou d'Hooper ne veulent aujourd'hui plus dire grand chose). Cette simple démarche prouve tout son attachement au genre, à qui il a rendu là l'un des plus bel hommage possible. Et si Mick Garris doit un jour rester dans l'histoire pour quelque chose, autant que ce soit pour les Masters of Horror...

Les DVD


Pour célébrer comme il se doit l'arrivée des Masters of Horror en France, Universal a mis les petits plats dans les grands. Une poignée de bonus récurrents garnissent ainsi les éditions de chaque segment, dont d'excellents documentaires réalisés par les Américains d'Anchor Bay. Un Maître au Travail, Entretien avec..., De l'Ecrit à l'Ecran, Sur le tournage, autant de modules auxquels s'ajoutent un commentaire audio.

Commençons par le plus moindre, De l'Ecrit à l'Ecran, consistant tout simplement en la lecture du scénario (les pages défilent sur fond sonore). Pas bien emballant. Sur le tournage, petits making-off sans commentaires ajoutés, est un bonus déjà plus sympathique. Le clou restera sans doute la petite visite inopinée que rend John Carpenter à John Landis. Et ce dernier de s'exclamer, goguenard : "look, we're remaking The Fog !". Irrésistible.

Véritables plats de résistance, Un Maître au Travail et Entretien avec... sont les parties les mieux travaillées des bonus. L'occasion pour les réalisateurs de parler un peu de leurs parcours et de l'histoire qu'ils ont choisi d'adapter pour les Masters of Horror, mais aussi pour certain proches collaborateurs de ces cinéastes de tailler un peu le bout de gras sur sa manière travailler. Les différents Entretien avec sont construits en deux parties : la partie carrière et la partie Masters of Horror. Des cinq chroniqués ici, seul Argento passe directement à son travail sur Jenifer. Argento qui en outre ne se fendra pas d'un commentaire audio, laissant la place à son scénariste. Comme pour se racheter, l'Italien apparaît heureux et épanoui, ce qui fait du bien après avoir subi sa mine déglinguée dans les bonus de The Card Player. Un Maître au Travail, c'est une certaine idée du bonheur. Le discours tenu est un poil trop promo, mais en contrepartie, nous avons le droit à un défilé de guest-star assez inattendue. Quel plaisir que de revoir Tony Musante chez Argento (70 ans, ouch), Brian Yuzna chez Gordon, Michael Rooker chez John McNaughton ou Sam Neil chez Carpenter. Quand à Landis, il détient la palme : le légendaire Forrest J Ackerman, du haut de ses 90 ans, apparaît soudain pour parler des débuts du réalisateur. Pour resituer un peu le personnage, Forrest J Ackerman est un peu l'équivalent d'un Jean-Pierre Putters ou d'un Norbert Moutier chez nous. Collectionneur, fan de Science-Fiction, il fonda durant les années 50 une revue devenue culte, Famous Monsters of Filmland, qui engrangea outre-Atlantique un bon nombre de passions cinéphiles. Parmi ses lecteurs les plus prestigieux, Stephen King, Rick Baker ou Peter Jackson. Bref, un défilé incroyable faisant passer quelques frustrations. Par exemple, si l'occasion est belle de voir et entendre un réalisateur aussi discret que Stuart Gordon, il est dommage de ne pas en savoir davantage sur son film Robojox, un SF avec des combats de robots géants. Une oeuvre qui saigna tellement Empire Pictures que Charles Band dû mettre la clé sous la porte pour ensuite créer Full Moon. Mais bon, où s'arrête le bonus pour commencer le reportage de fond, telle est la question...

Images et sons au sans reproches. Si le doublage français n'est pas toujours heureux, il est présenté en 5.1 ou DTS.

copyright photos : © 2005 IDT Entertainment

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