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maillon faible (Le)

TF1 nous sert depuis quelques temps, le maillon faible, un jeu présenté par Laurence Boccolini.

Le concept est complètement novateur en France, mais déjà connu par nos voisins européens (c'est d'ailleurs "grâce" à eux que nous en bénéficions maintenant) : des joueurs qui ne se connaissent pas doivent former une équipe afin de gagner de l'argent (encore et toujours l'appât du gain!). Pour accumuler ce dernier, ils doivent -Oh surprise!- répondre à des questions à tour de rôle. L'argent potentiellement amassé suit un système d'échelle exponentielle : plus le nombre de réponses consécutives est élevé et plus le pactole est grand. Cependant, pour transformer ce potentiel en gains effectifs, il faut que l'un des candidats donne le mot-clef "banque", ce qui réinitialise alors l'échelle des valeurs.
"Pas très original" me direz-vous, et pourtant, c'est sans compter la présentation et l'aspect délétère du Maillon faible.
En effet, l'esprit du jeu est très largement conçu afin de révéler (et réveiller) les instincts primaires de l'homme : à la fin de chaque manche tous votent afin d'éliminer un candidat (en principe le moins performant) qui est qualifié de "maillon faible" -terme excessivement flatteur comme vous l'avez déjà compris-. C'est pire que le tribunal : les candidats sont à la fois juges et victimes! C'est donc par essence un concept absolument et purement aberrant, et on n'est donc pas surpris de constater que certains participants sont infiniment stressés, en sueur et fournissant des réponses totalement ineptes. On ne peut pas être humainement à l'aise -à moins d'être un monstre- si on est conscient qu'on doit éliminer un équipier alors qu'on a seulement eu un aperçu partiel de ses compétences (d'autant plus qu'il faut souvent expliquer pourquoi).

Mais ce n'est pas tout, l'émission ne pêche pas seulement par son fond, il est tout aussi handicapé par sa forme. La présentation se veut stricte : quelques spots éclairent les joueurs, le reste du plateau reste dans la pénombre. Quant à la présentatrice, Laurence Boccolini, elle joue un rôle particulièrement ingrat, et ne lui correspondant pas réellement. D'habitude, elle fait la comique et rien d'autre. Preuve en est sa prestation sur France Inter (été 2000) où elle n'a pas réussi à garder son sérieux plus de quelques jours. Dans le maillon faible elle se contente de faire des remarques désagréables et incroyablement prévisibles aux concurrents afin d'instaurer un esprit de compétition sans pitié, ajoutant ainsi à l'esprit dirigiste du jeu.

Face à une telle accumulation d'idées si peu viables, on ne peut que décrier cette émission. Certes ce n'est encore qu'un jeu, mais il ne faudrait pas que les téléspectateurs s'habituent à ce genre de concept. Le maillon faible c'est celui qui regarde !

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

3 commentaires

  • Gabrielle

    05/03/2004 à 00h00

    Répondre

    Je n'aime pas du tout cette émission... Les joueurs me donnent l'impression d'être dans une arène. Ce ne sont que des morceaux de viande fraîche que la production amène sur un plateau à Laurence Boccolini qui en fait ce qu'elle veut. Humiliations en veux-tu en voilà. Rien de pire pour déstabiliser un candidat. Je trouve vraiment le concept malsain, même si on sait tous que ce n'est qu'un rôle qu'elle se donne...

  • Anonyme

    25/02/2009 à 23h15

    Répondre

    le mailllon faible etait une des meilleurres emission diffusé sur tf1

  • Anonyme

    25/02/2009 à 23h27

    Répondre

    je ne suis pas d'acord c'était l'un des meilleurs divertissement  de la chaine et si ele etait agressive envers les candidats c'était le rôle que devait jouait alors ne  critique ps ce n'est pas un monstre

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