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Loft Story 2 : le bilan

Le bilan de Loft Story 2

Ils étaient dix au départ : Marlène, Julia, Lesly, Angela, Karine, William, Félicien, Kamel, David, Thomas. Après le départ précipité de Marlène -et dont les causes restent aussi mystérieuses que le nom du véritable meurtrier de Kennedy, Sandra et Lauryne puis Romain sont entrés à leur tour en compétition. Résultat : après quatre-vingt-quatre jours de messes basses, de tendres câlins, d'affrontements et de retrouvailles en tout genre... après les révélations de Thomas, le rap en string et en perruque de Lesly, les quatre-vingt-cinq mille trucs de ouf d'Angela et les quelques litres de larmes versées par la douce Sandra... nous voilà au bout. Nous voilà à bout, j'aurais plutôt tendance à dire. Karine et Thomas sont les grands vainqueurs de l'édition 2002 du plus controversé des reality shows. Pour le moment.

Pendant un ultime prime time haut en couleurs, Benjamin Castaldi lançait ses dernières cartouches de présentateur et M6 empochait ses derniers sous. Et après un paquet d'appels au vote (plus encore que pour les législatives de cette année)... et rebondissements à base de : Oh regardez, Angela vient de passer devant Karine pour quatre voix seulement et autres Oh là là, c'est fou ! Angela est maintenant derrière Karine, l'animateur, digne successeur de lui-même, présentait un chèque de 500.000 euros au couple vainqueur.
Finalement, ce Loft Story : Deuxième édition a été, à l'image de cette catastrophique fin de saison, une mascarade de bout en bout. La production avait pourtant misé sur de fortes têtes, côté filles :

  • Lesly ou l'extravagance réincarnée, incarcérée dans le loft pour quelques semaines : il n'y avait qu'elle pour danser en string sur la table et être clouée au lit le lendemain avec 39 de fièvre. Qui plus est, Dieu l'a dotée d'une bouche mais il aurait dû songer à y glisser un mode d'emploi. Lesly sort en effet un premier single, bon à être diffusé en boucle sur Skyrock. Ne retenez pas son titre : Pas celle que tu crois.
  • Angela et ses trucs de ouf, ses épilations au scanner, son summum qui comme chacun sait, est le double du sommet et ses filles qui ont une génétique qui brûle les graisses pour les aider à maigrir : un QI très très faible en somme, et au final elle remporte une voiture sans avoir le permis.
  • Sandra ou la tendre paysanne, vierge de coeur, de corps et d'esprit.
    Sandra semblait ne pas avoir de caractère. N'ayant pris strictement aucune initiative, éclipsée par une Angela désireuse d'apparaître sur toutes les caméras en même temps et dans toutes les positions possibles et imaginables, elle n'a pas été épargnée par le public. Comme elle n'a pas été épargnée par sa cellulite. Reste qu'elle sait aujourd'hui utiliser tous les appareils électroménagers d'une cuisine moderne. Chapeau.
  • Lauryne. A coup sûr l'une des moins sympathiques de toutes. L'acrobate de cirque n'est jamais parvenue à se faire la moindre petite place dans un loft de brutes. Elle a résisté aux assauts d'un chacal en rut en la personne de Romain. Et elle aussi a pris part à la réécriture du Petit Larousse Illustré en définissant un lama comme un kangourou, [mais qui] crache.
  • Julia. La noiraude. Sous ses grands airs, sa manière de corriger la moindre faute de français de ses colocataires et de s'en moquer ouvertement semble avoir vite fatigué le public et les propres lofteurs. L'enfulte du loft, qui y a d'ailleurs peu séjourné (car elle est enfant et adulte à la fois, selon elle), cède aujourd'hui ses gribouillis supposés artistiques pour de coquettes sommes d'argent.
  • Marlène. La plus élégante de toutes, mais aussi la plus simplette. Ses trois petits jours passés dans le loft l'ont rendue plus populaire que bien d'autres candidats et la fulgurante réussite de son duo avec Phil Barney en est la preuve irréfutable.
  • Karine. La douce espagnole montée sur ressorts. Castagnettes à la main et chaussures à talons hauts aux pieds, elle a d'abord passé le plus clair de son temps à perfectionner ses pas de flamenco devant les miroirs. Ensuite, elle s'est davantage attachée à interpréter un amour impossible avec Thomas. Ce qui lui a vraisemblablement donné de l'emporter devant Angela en finale.

Côté garçons, M6 avait davantage misé sur des fêtards.

  • David. La force avec un grand A pas si tran-quiiiiille que ça. Il était à coup sûr le personnage le plus mystérieux de ce loft. Et par voie de conséquence l'un des moins appréciés du public. Alors, a-t-il manipulé ses camarades en sa faveur dans la fameuse salle CSA, le seul endroit dans lequel les lofteurs pouvaient se retirer deux heures par jour à l'abri des caméras ? Doudou le mannequin s'est quand même hissé jusqu'en finale. Et c'est sûrement le principal pour lui.
  • Kamel. Ou l'art d'être drôle. Le seul véritable intérêt du loft encore qu'il semblait s'essouffler vers la fin. Kamel ou l'art d'être drôle sans forcément le vouloir : en parlant de lui, il lancait : Vous voyez, je suis petit et crapu. Il définissait un illettré comme quelqu'un qui a appris à lire et à écrire, mais qui sait plus, comme il est sorti de l'école de bonne heure. Enfin. Le loft aura permis au chauffeur de bus le plus connu de France à l'heure actuelle d'apprendre la signification de mots aussi simples que ménopause.
  • Romain. Le brun ténébreux avide de relations extra-amicales. L'héritier de Jean-Edouard n'est cependant pas, comme lui, parvenu à ses fins. L'infime partie de la personnalité qu'il a bien voulu dévoiler devant les caméras était vraisemblablement superficielle. Romain-pieds-qui-puent s'est consolé avec un modeste baiser d'Angela.
  • Félicien. L'ingurgiteur-dégurgiteur, saigneur de vaches à ses heures, le plus déjanté que la télé ait connu. Le géant sensible du loft a eu le temps de nous montrer son joli petit foulard rouge et sa surprenante façon de séduire la gent féminine avant de s'éclipser volontairement du jeu.
  • William. Des allures de Jackson Five et une tête grosse comme ça. Mais vide. William s'est vite rendu compte qu'il n'avait pas sa place devant les caméras alors qu'il perdait son propre contrôle au fil des jours.
  • Thomas. La sérénité. Thomas était sans conteste le plus sage d'entre tous et aussi le plus cultivé, même si dans ce loft il ne s'en vantait pas trop. Son coming-out a certainement influencé le résultat final. Mais de toutes les façons, une victoire de Thomas et de sa conjointe Karine était la seule issue honorable.

Beaucoup avaient parié sur une telle chute dès les premières semaines. Mais le résultat est là : ce Loft 2002 a été le Loft de la déchéance. On s'attendait à la surenchère, on a eu droit à la sousenchère. A des candidats des bas-fonds qui n'arrivaient à nous voler une émotion que lorsqu'ils commettaient une faute de grammaire. On a eu droit à des épreuves artistiques misérables : fabriquer un numéro de téléphone en LEGO, peindre les drapeaux des pays du monde, fabriquer des marionnettes à leur image, faire des longueurs dans une piscine de deux mètres carrés. Quant aux épreuves intellectuelles, il n'est d'aucune utilité d'évoquer ici leur triste superficialité.
Et la Real Poubelle n'en est pas à ses derniers ravages.

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