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Les Soprano - L'intégrale

Un chef mafieux notoire a quelques crises de panique et décide d'aller épancher sa vie chez un psy pour se soulager. Non, je ne vais pas vous parler de Mafia Blues, mais bien des Sopranos, la version longue et sérieuse du même pitch.

Avant toute chose, il me semble juste de préciser que je ne suis sans doute pas le public cible pour ce genre de séries. Même si j'aime beaucoup les productions HBO, les histoires mafieuses, et plus particulièrement italo-étasuniennes, m'ont toujours paru d'un intérêt quelconque. Alors pourquoi se fader 6 saisons de 13 épisodes (21 pour la dernière) d'une heure? Je vous répondrais que devant un tel mur d'éloges, la culture générale personnelle doit parfois subir pour comprendre. Ou pas.


Tony et ses proches

Hi. I'm Tony and i have panic attacks

Tony Soprano (James Gandolfini) est un mari et un père comblé. Il vit dans une grosse et belle maison, trompe allègrement sa femme Carmella (Edie Falco), qui fait comme si elle ne voyait rien, et est à l'aise financièrement. Il gâte ses enfants, Meadow (Jamie-Lynn Sigler) et Anthony Jr (Robert Iler). Il gère le business familial, qu'il tente de diversifier. Bien sûr, il souffre un peu à cause de sa mère dominatrice, Livia (Nancy Marchand), mais c'est un peu la tradition dans la communauté italo-étasunienne dont il est issu. Et puis un jour, alors qu'il allait nourrir la famille de canards qui avait élu domicile dans sa piscine, il s'effondre en constatant qu'ils ont migré. Face à cette crise sans cause physique apparente, il décide de consulter le docteur Melfi (Lorraine Bracco), psychiatre, dans le but de dénouer ses nœuds psychologiques. Sauf que voilà, Tony est Don du New Jersey.


Tony et ses "employés" les plus fidèles

Télé réalité ?

Le principe des Sopranos est simple : on suit Tony, ainsi que tout son entourage au quotidien. On constate son ascension au sein de l'organisation dont il ne faut pas dire le nom. On observe les tiraillements entre les valeurs et les traditions d'une communauté face à la violence et à la perpétuelle fuite en avant du monde actuel. Globalement, nous sommes mis devant la vie, tout simplement, d'un individu, avec ses hauts et ses bas. Et comme pour beaucoup de gens, on ne peut pas dire que la vie de Tony soit passionnante. Bien sûr, elle est relativement différente de celle du pékin moyen mais, une fois intégrée l'échelle de valeur locale, on se rend compte qu'on ne s'y ennuie pas moins qu'ailleurs. Les Sopranos font partie de ces séries où on préfère taire beaucoup pour laisser croire que le silence raconte quelque chose. C'est parfois vrai, et sans doute que techniquement, cinématographiquement, ça raconte beaucoup plus d'histoires que je n'en vois, mais personnellement, je n'y ai vu que beaucoup de vide, entrecoupé de morceaux de violence. Entre deux meurtres et tabassages en règle, beaucoup de pauses, un regard dans le lointain, une réflexion à la va-vite lancée en l'air sur le sens de la vie et hop, une série.


Ici, on ne rigole pas, c'est la mafia

Succès

Alors bien sûr, une série n'aurait pu recevoir autant de succès sans quelques qualités. Techniquement, on tape sans doute dans le haut du panier. Rien que la scène finale qui réussit à dire un truc sans vraiment comprendre ce qui se passe, pourquoi ou comment, est à elle seule une leçon de tournage, pour peu qu'on se donne la peine de trouver les explications techniques. Et comme dans toute intimité, les personnages deviennent sympathiques, malgré leur milieu, leurs opinions d'un autre âge ou leur rage. Mais si leurs actes barbares ont parfois des raisons, les motivations restent souvent obscures, si ce n'est que l'opportunité fait le larron. La gratuité des actes mafieux les rend au choix terriblement réalistes ou complètement incongrus, le tout saupoudré d'amour viril et de bonheur familial. Le fait que Tony soit parfois un parfait connard et, d'autres fois un père compatissant, pourrait le rendre totalement crédible si ce grand écart n'était pas tendu à l'extrême. Bien évidemment, cette appréciation dépendra de chacun et si on accroche à cette gymnastique, la série atteint sans doute des sommets de réalisme.


Mon mafieux a du talent ?

La série est disponible intégralement en DVD en version française, et en Blu-ray à l'import.

Les fans de Scorcese et d'histoires mafieuses y trouveront sans doute leur compte. Les déboires d'un mafieux de banlieue avec un appétit gros comme lui intéresseront les amateurs de séries réalistes, avec beaucoup de sexe et de violence. Pour ma part, le folklore italo-étasunien n'a pas suffi à m'accrocher.

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16 commentaires

  • naweug

    19/12/2012 à 09h30

    Répondre

    Je n'ai jamais vu la série en entier, je crois même n'avoir jamais vu plus de deux épisodes. Ca ne m'a jamais attirée (et pourtant, j'aime Scorsese, les histoires de mafia, etc.). S'il y a quelqu'un dans la salle pour expliquer le succès de cette série.. ?

  • cubik

    19/12/2012 à 10h09

    Répondre

    aux usa, j'ai lu que c'était la violence crue et réaliste qui a fait le succès du truc
    les gens se délectaient de voir un mec complètement amoral, qui justifie ça comme n'importe quel autre job, pour l'amour de sa famille

  • Choucroot

    19/12/2012 à 20h39

    Répondre

    Non mais vous êtes pas bien de résumer le succès des Sopranos à de la violence gratuite ! Les Sopranos sont au mythe mafieux ce que les Watchmen sont aux super-héros: une remise en question qui marqua le genre à vie et lui ouvrit les portes de la maturité !
    EDIT: HAAAAAAAAAAAAAA je viens de voir ta critique. Je.. qu... mais... M'ENFIIIN ?! Alors évidement c'est une critique, c'est subjectif, et une note n'est qu'une note, mais quand même, 5... merde quoi! Rien que pour les qualités esthétiques et d'interprétation indéniables, tu peux pas faire ça ? Si ? ha zut

  • Loïc Massaïa

    19/12/2012 à 21h05

    Répondre

    perso, je crois que j'aurais mit la même note sur la première saison (la seule que j'ai vue, et j'ai lutté ! ). Un peu pour les même raisons, d'ailleurs...
    tu vois que t'es pas le seul Cub'

  • naweug

    19/12/2012 à 22h09

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    Développe, Choucroot, pour nous dire pourquoi c'est bien !

  • Choucroot

    19/12/2012 à 22h53

    Répondre

    Simplement parce que je trouve ça remarquablement bien écrit, les personnages tous fascinants pour plein de raisons qui leurs sont propres, et qu'alors qu'on nage en pleines intrigues mafieuses - qui donnent plus que leur lot de scènes cultissimes - on nous parle de choses beaucoup plus proches de nous (comme Six Feet Under l'a fait par le prisme des pompes funèbres) dont l'énumération serait aussi impossible que ridicule.
    Ajoutez à ça une qualité de réalisation exemplaire, des acteurs plus qu'au top, une excellente bande son, et Steve Buccemi.
    En fait je comprends pas comment on peut ne pas aimer ou au moins reconnaître la qualité des Sopranos

  • cubik

    19/12/2012 à 22h56

    Répondre

    Choucroot a dit :
    Non mais vous êtes pas bien de résumer le succès des Sopranos à de la violence gratuite ! Les Sopranos sont au mythe mafieux ce que les Watchmen sont aux super-héros: une remise en question qui marqua le genre à vie et lui ouvrit les portes de la maturité !


    ah ben j'ai trouvé Watchmen chiant, comme quoi, y a une certaine cohérence >

  • Choucroot

    19/12/2012 à 22h56

    Répondre

    cubik a dit :
    Choucroot a dit :
    Non mais vous êtes pas bien de résumer le succès des Sopranos à de la violence gratuite ! Les Sopranos sont au mythe mafieux ce que les Watchmen sont aux super-héros: une remise en question qui marqua le genre à vie et lui ouvrit les portes de la maturité !


    ah ben j'ai trouvé Watchmen chiant, comme quoi, y a une certaine cohérence >

    Je parle de la BD hein...
    Mais tu as peut-être trouvé la BD chiante ^^

  • cubik

    19/12/2012 à 23h00

    Répondre

    je parlais bien de la bd
    mais en même temps, le film (comme tous ceux de ce réalisateur d'ailleurs) l'est aussi, pour d'autres raisons, mais du coup, ca en fait une adaptation correcte >

  • Choucroot

    19/12/2012 à 23h03

    Répondre

    cubik a dit :
    je parlais bien de la bd
    mais en même temps, le film (comme tous ceux de ce réalisateur d'ailleurs) l'est aussi, pour d'autres raisons, mais du coup, ca en fait une adaptation correcte >

    OK.

  • Guillaume

    19/12/2012 à 23h08

    Répondre

    Pas vu les sopranos, mais quand on découvre une ancienne bonne serie parfois il faut s'accrocher tellement les choses ont changé en rythme et qualité graphique.
    Genre the wire, la saison 1 et 2 ce serait presque kitch quand on découvre maintenant. Peut etre meme phenomene sur les sopranos ?

  • naweug

    19/12/2012 à 23h16

    Répondre

    Pour avoir enfin vu The Wire que très récemment, je confirme pour l'aspect méga kitsch. Il faut beaucoup de temps pour rentrer dans la série, mais une fois qu'on y est, on s'y sent vraiment bien (ah McNulty ). Bon, y'a Idris Elba aussi, ça aide.

  • cubik

    19/12/2012 à 23h49

    Répondre

    perso, the wire, je suis rentre dedans tout de suite, tant l'aspect realiste est bien fichu
    et puis j'avais l'impression de suivre une vraie histoire, là où dans les sopranos, j'ai l'impression qu'on laisse beaucoup plus d'interpretation au téléspectateur. Certains y voient de la profondeur, d'autres du vide >

  • Loïc Massaïa

    20/12/2012 à 09h35

    Répondre

    cubik a dit :
    perso, the wire, je suis rentre dedans tout de suite, tant l'aspect realiste est bien fichu
    et puis j'avais l'impression de suivre une vraie histoire, là où dans les sopranos, j'ai l'impression qu'on laisse beaucoup plus d'interpretation au téléspectateur. Certains y voient de la profondeur, d'autres du vide >


    Les non-dits peuvent suggérer de la profondeur quand il y a matière à remplir ce vide. Là, perso, j'ai vraiment trouvé ça très limite à ce niveau. Seul Tony Soprano avec ses états d'âmes (et encore...). Tous les autres personnages sont définit très simplement, sans grand réalisme à la The Wire (où même les personnages les moins approfondis sont crédibles de part la façon dont ils se situent par rapport aux autres personnages).
    Je parle évidemment de la saison 1 des soprano, seule que j'ai vue.

    Mais ce qui m'a le plus ennuyé, c'est ce que souligne Cubik dans son article, c'est la trame principale, très banale ou vraiment trop diluée pour m'être attrayante. Pour ces mêmes raisons j'ai pas du tout accroché à Six Feet Under ou à Boardwalk Empire (un peu plus aimé cette dernière, quand même)

  • Maat

    20/12/2012 à 19h13

    Répondre

    Choucroot, je te soutiens. Perso je conseilles les SOpranos quand on me demande des séries... Je pensais même pas qu'on pouvait ne pas apprécier
    Je sais pas, moi je trouve que tous les persos ont une profondeur, au contraire, bon, j'ai regardé y a 1 an ou deux, donc me souviens plus des noms mais les bras droits sont excellents, on voit les luttes d'influence, la relation avec l'Italie mère etc.
    Mais 5 ?! WTF

  • cubik

    20/12/2012 à 20h29

    Répondre

    eh, j'ai donné la moyenne à un truc que j'ai pas aimé, vous allez pas vous plaindre, oh >

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