3.5/10

Léa Parker

J'aime bien Sonia Rolland. Vraiment. Elle fait partie de mes rares coups de coeur Miss France, par son originalité, son côté un peu hors normes. Enfin une Miss qui ne ressentait pas le besoin de s'encombrer de son écharpe pour apparaître en public ! C'est donc un peu par cet intermédiaire que je me suis retrouvé devant Léa Parker, nouvelle venue sur M6. Fin d'après-midi, un dimanche... difficile de trouver une tranche plus riche en indulgence.

Léa Parker (Sonia Rolland, donc) modeste employée au service des Archives du Ministère de l'Intérieur est en réalité, dès que la situation l'exige, une super flic de choc, dans une équipe d'élite top secrète. Sarkozy-CIA, même combat. Infiltrations, planques, petits micros et grosses histoires, vous l'aurez compris, Léa Parker lorgne davantage du côté de Mission Impossible que de Navarro. On trouve ainsi une sorte de Jim Phelps, qui donne des ordres avec l'air constipé et un Barney blanc avec des gadgets et des logiciels ultra-modernes qui font le même bruit que Pac-Man. Série française avant tout, Léa Parker tente de cultiver une sorte d'exception culturelle en s'intéressant de près aux vies privées de ses protagonistes. Et c'est ici que le bât blesse, car que la République soit sur le point de s'écrouler, qu'un hold-up menace l'équilibre diplomatique ou qu'un gros vilain doit être coincé, quand il n'y a plus guère d'espoir, Léa Parker croit tout de même bon de s'encombrer de passages sentimentaux dignes de Sous le Soleil. Autant dire que le concept, pas désagréable à la base, en prend un sacré coup, sans compter que ces passages font plutôt figure de meublage. Visiblement tourné en studio et en vidéo, Léa Parker ne semble pas avoir bénéficié d'un budget faramineux et comble le vide avec des histoires de familles trop tristes ou des notes d'humour pas franchement ravageuses. Réalisation molle, décors sobres, deux-trois coups de feu par-ci par-là, Walker Texas Ranger peut tatanner tranquille, la menace ne vient pas de l'Hexagone. Léa Parker a de l'ambition, mais pas les moyens de les réaliser et par conséquent ne peut viser bien haut. Le pilote de la série, pourtant censé appâter le téléspectateur, fut un catastrophique moment d'inintérêt.

L'unique atout réside donc dans la présence de Sonia Rolland et il y a fort à croire que les producteurs l'ont compris, et cela au détriment du reste. Puisqu'ils le veulent, parlons-en : Sonia apparaît sur quasiment chaque plan, change plusieurs fois de tenues, engueule ses coéquipiers, simule des coups de pieds et des coups de poings sur des mécréants qui font semblant d'avoir très mal... et finalement s'en sort relativement bien pour quelqu'un qui n'est pas du métier. Si les registres "émotions" sont encore un peu à travailler, ses autres performances sont tout à fait acceptables. Miss France 2000 a ce qu'il faut de char(is)me pour éviter le ridicule, et elle l'évite de loin. Un éventuel tremplin pour de nouveaux horizons ? Quelques cours de comédie plus tard, ça serait fort plausible. Les autres acteurs, qui pour la plupart viennent du vivier TF1-M6, en font assez pour paraître sympathiques. Toujours ça de pris et cela suffit amplement.

Le principal défaut de cette nouvelle série est d'avoir compris ce qu'est la mondialisation, mixant allègrement les histoires compliquées de Mission Impossible avec les déboires d'Hélène et les Garçons, sans oublier un zest de Chapeau Melon et Bottes de cuir pour des bagarres étonnantes de réalisme et le tout calqué sur le rythme trépidant d'un Derrick. Restent des interprètes agréables, Sonia en tête. Finalement, Léa Parker, c'est un peu comme pour Charmed, quitte à perdre 50 minutes, autant s'accrocher à ce qui est plaisant à regarder...

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1 commentaires

  • Anonyme

    03/08/2009 à 19h20

    Répondre

    Moi , dans cette série , j'aime bien en particulier le personnage de Camille .

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