9/10

Kaboul Kitchen S1 - Le patron... C'est Jacky !

Depuis quelques années, Canal + met de plus en plus de moyens dans ses séries pour qu'elles n'aient pas à rougir de leurs homologues américaines. Kaboul Kitchen est un produit de cette façon de penser et il faut avouer que le résultat est vraiment réussi.


Le colonel Amanullah et Jacky

Un pitch simple comme une accolade

L'idée est simple : après la fin de la guerre en Irak, l'occupation a fait que le pays s'est retrouvé avec de nombreux expatriés. Jacky a saisi sa chance et a ouvert le Kaboul Kitchen, un restaurant un peu particulier puisque c'est l'un des points de rendez-vous des expatriés. Avec sa piscine peu catholique (ou plutôt, peu islamique) et ses réserves d'alcool à foison, il est bien évidemment interdit aux afghans. Tout se passe plutôt bien pour Jacky et son associé Axel jusqu'au jour où une dénommée Sophie débarque. Manque de pot pour Jacky... c'est sa fille !

L'intrigue se développe en parallèle avec les élections dans le quartier où se trouve le restaurant. Axel, chargé de communication, se voit enrôlé (de force) pour défendre les couleurs du Colonel Amanullah, un ancien héros militaire (et narco-trafiquant) qui se lance dans la politique. Imprévisible et prêt à tout pour gagner, il va rapidement montrer un intérêt grandissant dans l'entreprise de Jacky.


De l'argent ? Rien de mieux pour faire plaisir à Jacky

Des personnages caricaturaux au possible.

Jacky : Son but est simple, il veut faire du fric. C'est pour ça qu'il est à Kaboul et c'est pour ça qu'il a ouvert son restaurant. Le franchouillard débrouillard joué par Gilbert Melki a tout pour séduire. Il a une belle gueule, il sait parler, il ne plie jamais sous la pression et sait appréhender tout type de situation. L'arrivée de sa fille ne sera pas de tout repos pour cet homme qui a totalement abandonné le style de vie occidental (à l'européenne) de nombreuses années auparavant.

Sophie : On peut résumer son personnage en un mot, elle est chiante. Jouée par Stéphanie Pasterkamp, Sophie débarque de Paris avec de bonnes idées plein la tête mais n'a absolument aucune expérience du terrain, ce qui fait qu'elle fait absolument n'importe quoi. Même dans les soirées arrosées du Kaboul Kitchen, elle ne pense qu'à parler boulot et à se plaindre que rien ne marche et que rien ne peut être fait dans ce pays. Elle restera une plaie pour son père, qu'elle cherchera à ennuyer au maximum.

Axel : Ce jeune conseiller campé par Benjamin Bellecour en communication a rejoint Jacky dans l'aventure du Kaboul Kitchen, sans pour autant délaisser son emploi principal (il a donc moins de parts de l'entreprise). Amoureux de Sophie (on se demande pourquoi), très timoré et souffrant de ce que j'appelle le syndrome de la victime, il est incapable de faire quoi que ce soit tout seul. Plus enclin à dire oui à tout qu'à défendre ses positions avec véhémence, c'est un des personnages les moins intéressants de la série.

Amanullah : Assurément mon personnage préféré, cet ancien militaire joué par Simon Abkarian est assez étonnant au premier contact. Il essaye de parler un français châtié mais ses petites erreurs montrent qu'il ne maîtrise pas encore très bien notre langue. Son passé de narco-trafiquant le hantera pendant toute la saison où il sera accusé de méfaits qu'il n'a pas commis (enfin... peut-être). Pourtant, malgré ses méthodes douteuses, il se révèlera souvent un appui de poids pour Axel ou Jacky.


Sophie et sa bande de potes en pleine soirée au Kaboul Kitchen

Même en France, on peut faire de la grande télévision

Adaptée d'une histoire vraie de Marc Victor, la seule chose que l'on peut reprocher à la série, c'est sa durée. Les douze épisodes de vingt-trois minutes sont vraiment trop courts. L'action est vraiment bien rythmée (aucun temps mort), ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde lors du visionnage d'un épisode. Toujours très drôles, les situations dans lesquelles Jacky réussit à se fourrer sont toutes plus fantasques les unes que les autres.

Dans ce Kaboul en proie à la guerre civile, le danger lié aux combats est omniprésent. Les affrontements peuvent éclater n'importe quand et il n'est pas rare que les clients restent bloqués dans le restaurant lorsque l'état d'alerte est proclamé. La religion a aussi une place très importante dans la série puisque le restaurant de Jacky, bien que réservé aux expatriés, emploie des afghans. La régulation leur interdisant de consommer de l'alcool ou de regarder des images impures (les filles en maillot de bain près de la piscine par exemple...), une certaine vigilance est nécessaire de la part de Jacky.


Abib, l'hirondelle du désert, toujours prêt à sortir un proverbe de derrière les fagots

Conclusion

Très bonne surprise que cette petite série humoristique made in France. On prend plaisir à suivre les aventures de Jacky et de sa petite équipe dans leur aventure afghane. L'humour véhiculé par la déformation de la langue française par les natifs comme Amanullah et Abib est bien senti et donne un côté irrésistible à la série. D'ailleurs, ces deux personnages sont des piliers de la série, lui insufflant bonne humeur et authenticité. On prend aussi un plaisir non-dissimulé à écouter Jacky répéter l'inévitable à chaque fois que quelque chose va mal : au Kaboul Kitchen, il n'y a qu'un seul patron... C'est Jacky !


Amanullah inspecte les lieux, pour son plus grand plaisir

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein Médias, ou comment parler des séries TV, qu'elles soient américaines, françaises ou d'ailleurs, avec une certaine intelligence (rien que ça). Mais la critique touche aussi les émissions de la télévision, les magazines, la radio...

Rubriques