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Hung - L'intégrale

Ray Drecker, coach et prof d'histoire dans un lycée, mène sa petite vie selon ses petits moyens. Et puis un jour, la fatalité lui tombe dessus et il doit bien faire avec ses atouts. Mais Ray n'en a qu'un et il est interdit aux moins de 18 ans.

Ces dernières années, on constate que les séries qui se veulent réalistes et historiques abondent. Mais par histoire, il faut comprendre celle passée et par réalisme, il faut comprendre du sang et du sexe. C'est souvent mal amené, mal justifié mais ça fait plaisir au téléspectateur. Heureusement, HBO (what else ? ) est là pour proposer autre chose. Une série concrète mais contemporaine, avec du cul (et tout ce qui tourne autour) mais comme point de départ et plus d'arrivée. Cet objet télévisuel rare, c'est Hung.


DR.

Tu le sens, mon gros pitch ?

Ray Drecker (Thomas Jane), ancienne gloire du sport universitaire, cumule les rôles de prof d'histoire et de coach de basket dans un lycée. Sa femme Jessica (Anne Heche) le quitte pour Ronnie (Eddie Jemison), un dermatologue un peu fade mais plein aux as. Il se retrouve donc à vivre dans la maison de ses parents, avec la garde de ses 2 enfants, des faux jumeaux prénommés Damon (Charlie Saxton) et Darby (Sianoa Smit-McPhee), ados en plein âge bête.  Et comme si tout cela ne suffisait pas, la maison prend feu. Autant dire que c'est la dèche, la vraie, celle qui vous fait vous demander comment vous allez vivre. Ray décide donc de chercher des solutions. Pour cela, il s'inscrit à un de ces nombreux séminaires d'auto-entrepreneur qui font la joie des désœuvrés étasuniens. Il y retrouve Tanya (Jane Adams), une ancienne conquête un peu bruyante. Mais surtout, il y trouve l'inspiration. Puisqu'il faut s'appuyer sur ses atouts, il fera avec ce qu'il a. Et ce qu'il a, c'est un fort potentiel dans le pantalon.


Ray (à droite), de jour.

Du cul, du cul, du cul !

Alors bien évidemment, la série est portée sur la chose. D'ailleurs, pour ceux qui ne sont pas très anglophiles, son titre pourrait se traduire par "bien monté" (ne rêvez pas, mesdemoiselles, on ne voit jamais le missile en question). Mais il est intéressant de voir que les rôles sont inversés par rapport à la plupart des séries. Ici, la prostituée est un homme (Ray) et son mac, voire ses macs, sont des femmes (Tanya et Lénore (Rébecca Creskoff)), qui n'hésitent pas à tester la marchandise. Ses clientes ne sont pas toutes jeunes et sexy, et la cliente étant reine, leurs demandes ne sont pas forcément celles des fantasmes masculins. Bien évidemment, tout cela reste une série grand public et nous ne voyons jamais tout le détail, mais il y a quand même de quoi satisfaire le pervers moyen, HBO oblige. Toujours est-il que, si comme tout mâle qui se respecte, Ray se vante d'assurer, son nouveau job va aussi lui ouvrir un peu l'esprit sur les femmes et bien d'autres choses.


Ray, de nuit, et Tanya.

Mais pas que

Car si la fesse est le thème principal de la série, ce n'est là qu'une base. Là où chez d'autres, elle est presque une finalité, elle n'est ici qu'un prétexte. Car ce qu'on peut observer dans Hung, ce sont des USA tout droit sortis d'un film de Michael Moore. C'est la crise, le désespoir et l'abandon. Si Ray se choisit une nouvelle carrière qui n'est au final pas totalement pour lui déplaire (ça reste un homme), il ne choisit pas cette voie. Il la subit, faute de mieux. Et même si le personnage de Tanya, poète hippy un peu naïve qui s'improvise consultante en bonheur (comprenez souteneuse), apporte un brin de fraîcheur à la série en la gardant sur le côté humoristique, la réalité et le cynisme ne sont jamais très loin. A partir du caleçon de Ray, les auteurs n'hésitent pas à taper sur les politiques locales, les injustices flagrantes (notamment faites aux femmes) et la dégradation de la société étasunienne.


Tanya, Ray et Lénore: un prostitué, deux maquerelles.

La série est diffusée en France sur Série Club et est entièrement disponible en DVD. En effet, la série s'achève au terme de sa troisième saison, même si des rumeurs lancées par Thomas Jane lui-même laissent entendre qu'elle pourrait un jour reprendre.

Sans prendre trop de risques dans le domaine de la sexualité, Hung est une série intéressante pour son inversion des clichés et son portrait de l'Amérique contemporaine. Si on ne s'excite pas plus que ça devant ses prouesses, on suit avec plaisir les déboires de l'étalon.

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