7.5/10

Grey's Anatomy - Saisons 1 & 2

Critique des saisons 1 et 2

Quoi de neuf Docteur ?

Tandis que Urgences continue son petit bout de chemin à la télé, remportant toujours du succès malgré les départs et arrivées incessants de nouveaux protagonistes, d'autres majors américaines n'ont pas froid aux yeux et se lancent dans la production d'une série du même genre, à savoir le milieu hospitalier.
Grey's Anatomy est la toute dernière série du genre à voir le jour et contrairement à ses prédécesseurs qui se sont bien souvent vautrés, celle-ci est en passe de détrôner Urgences. Avec à l'heure actuelle seulement deux saisons à son actif pour 31 épisodes, Grey's Anatomy est sans nulle doute une des révélations de cette année. Des nominations dans toutes les compétitions (Golden Globes, Screen Actors Awards...) et logiquement des prix comme celui du meilleur second rôle aux Golden Globes 2006, de la meilleure actrice dans une série dramatique aux SAG... succès professionnel mais aussi succès public avec des records d'audiences qui ne cessent de s'accumuler. 38.1 millions de téléspectateurs lors de l'épisode diffusé pendant le Superbowl, sans oublier que la série obtient dorénavant régulièrement de meilleures audiences que Desperate Housewives diffusé sur la même chaîne juste avant.
Une surprise de taille pour les critiques, le public et analystes. Personne n'aurait prédis que cette énième série médicale ferait les beaux jours de ABC.

Pourtant, Grey's Anatomy n'a sur le papier rien de vraiment original. La série suit la vie de jeunes internes luttant pour devenir médecin. L'action prend place à Seattle, à l'hôpital de Grace réputé pour être un des meilleurs centres d'apprentissage mais aussi un des plus difficiles.
Entre le rythme de travail effréné, la fatigue, les privations et la dure réalité du monde médical, Grey's Anatomy met en avant la difficulté de cinq jeunes internes en chirurgie qui vont devoir donner sept ans de leur vie à l'hôpital. La tache sera dure d'autant plus que leur vie privée ne pourra être mise longtemps de côté...

Great Anatomy ?

L'originalité n'est pas le point fort de la série, pourtant force est de constater son succès mais aussi ses qualités. Si beaucoup de production ont tenté bêtement de copier Urgences, Shonda Rhimes : la créatrice de la série y a mis tout son savoir faire. D'une part, Grey's Anatomy se démarque de ses prédécesseurs en centrant plus les intrigues sur les personnages que sur l'hôpital. Ainsi ce sont eux les véritables héros et moteurs de la série. L'intrigue se base plus sur l'évolution des personnages que sur les problèmes que peut rencontrer l'hôpital. Bien entendu, la frontière entre ces deux axes est fine et l'un ne marche pas sans l'autre.
Logiquement, les personnages de la série sont très travaillés. A l'image du nom de l'héroïne « Grey », ici rien n'est blanc ou noir, tout est gris. Les personnages ne sont pas manichéens, et font très vrais. Leur réactions surprennent, sont souvent inattendues ce qui rend ces personnages humains. Les cinq internes que l'on suit ne sont aucunement caricaturés, pourtant chacun d'une certaine manière se démarque des autres. C'est pour certainement éviter ces fautes de justesses que la série ne se concentre que sur peu de personnages. Outre les cinq jeunes médecins, on suit le parcours de trois autres praticiens les supervisant.

La justesse de ton et le réalisme sont donc des points forts de la série. Le travail de toute l'équipe en est un autre. La réalisation y est dynamique, originale sans toutefois aller dans les excès. Bien qu'il n'y ait, comparé à Urgences, aucune scène choc d'opération, le rythme de la série est soutenu et le téléspectateur ne voit pas défiler les 42 minutes de l'épisode. A la manière de Desperate housewives, un fil rouge reliant les personnages sert de conducteur de l'épisode. Dans DH s'est la défunte Marie Alice qui en début et fin d'épisode le met en place tandis qu'ici s'est Meredith Grey qui s'en charge. Ce conducteur est très important, il sert de « ciment » entre les personnages.

Grey's Anatomy aborde bien entendu de nombreuses thématiques propres au milieu hospitalier mais met l'accent sur les sentiments humains. Les choix sont donc différents de ceux d'autres séries du même genre vu que l'on se concentre plus sur les personnes. Le scénario fait donc la part belle à l'évolution des personnages, leurs problèmes, les choix qu'ils doivent prendre...

Les acteurs font eux aussi un travail remarquable. Que ce soit Ellen Pompeo (Arrête-moi si tu peux) : Meredith Grey, à qui on est obligé de tomber sous le charme, ou encore Katherine Heigl (Roswell) qui trouve enfin ici un rôle à la hauteur de son talent. Sandra Oh (Sideways) n'en tire pas moins son épingle du jeu puisque elle a reçu la récompense pour meilleure actrice dans une série dramatique aux SAG. Les acteurs masculins n'ont rien à envier à leurs collègues. Aucune fausse note, un casting parfait et harmonieux pour une série qui deviendra culte.

Pour finir, la BO n'est pas laissée de côté. Eclectique, elle colle parfaitement à la série en privilégiant des musiques douces, lentes et sans paroles dans les moments dramatiques pour laisser la place à une musique plus rythmée piochée dans le meilleur de la scène rock américaine.

Greyshock

Au final, Grey's Anatomy est certainement une des révélations de l'année 2006. Son arrivée prochaine en France sur la chaîne privée TF1 fera certainement la joie des téléspectateurs. Rien ne semble arrêter cette nouvelle série de ABC. Plébiscités de toute part, en pleine ascension, les guest stars (Christina Ricci, Natalie Cole) se pressent pour y tenir un rôle.

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9 commentaires

  • tyler

    16/06/2006 à 22h56

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    OH non.. ce mal est incurable.. deja que j'ai ete decu de voir qu'ils n'ont fait aucune promo pour l'arrivee de la saison 4 de Monk alors que c'est une serie assez suivie et apprecie...

    Ils preferent leur tele poubelle en premiere partie a quelques exceptions pres comme ce soir ...

  • Ruyan

    23/07/2006 à 12h57

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    Alors voilà une série plutôt pas mal, Grey's anatomy. Bien que certains aiment faire rimer Gray avec Urgences, vous verrez que ces jongleurs mots ne sont que de piètres poétes. La seule prose en commun là dedans est le milieu médical avec ce côté John Carter à ses débuts.

    Grey's anatomy est peut-être loin d'être aussi réaliste qu'Urgences ou aussi décalé que Scrubs, mais quelle bouffée d'air frais! Les dialogues ont été travaillés, conçus, visualisés. Les personnages tous attachants, chacun ayant une personnalité propre et intéressante.

    Que dire de cette série si ce n'est que j'adore. Beaucoup de séries ont essayé de parler des urgentistes, des internes, de ceux qui débutent et de la difficulté de ce métier, mais jamais aucun à ma connaissance n'a encore relevé le défi que de jongler entre humour, sarcasme, cynisme et drame/tragédie. Aucun n'arrive à passer aussi bien d'une humeur à une autre, d'imposer aux téléspectateurs une atmosphére à une autre comme l'eau coule de source.

    J'adore ces répliques avec beaucoup de répartie et de répondant (j'adore ce côté bataille d'expressions) qui nous font souvent sourire, même parfois beaucoup rire. Le côté 'compétition' bien que présent ne souléve pas un interêt majeur, sauf si on parle là des relations entre les progatonistes, bien que ce soit loin d'être la guerre à coups de couteau dans le dos en veux-tu en voilà.

    Je pense aussi m'être attaché à à peu près tous les personnages, mais moins à l'héroïne un peu névrosée. Le probléme peut-être (comme dans le style de toutes les séries où l'héroïne est aussi la voix-off) c'est justement que l'héroïne soit un peu trop omniprésente à mon goût. L'histoire semble trop axé sur elle (bien que côté familiale, ça sent pas toujours la rose), elle a tout pour elle. Et ça, ça m'embête un peu (non pas que j'veux que tout lui tombe sur la gueule, mais pour une fiction, j'aurais aimé qu'elle reçoive davantage de croche-pieds ).

    De plus, cette série ne désemplit pas de rebondissements, de situations cocasses ou émouvantes, de passages où l'on frôle parfois même l'absurde. Au fil des épisodes, les personnages deviennent moins caricaturaux, s'affinent et s'émancipent globalement des carcans stéréotypés.

    Après la saison 2 :

    L'histoire se centre beaucoup moins sur l'héroïne même si son plus gros probléme reste sa vie sentimentale (qu'elle nous bassine, nous met à toutes les sauces, nous bassine encore). Par dépit, on finit par s'attacher à d'autres personnages peut-être plus intéressants comme Christina, George, Izzy et même Alex (généralement, rares sont les séries où j'accroche sur la tête d'affiche).

    Bref, une série qui vaut la peine d'être vu et revu. J'ai beaucoup aimé.

  • sisou261

    17/08/2006 à 10h43

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    moi j'adore grace anatomy je tu que les acteur joue bien et que le script et parfois un peu ennuiant mais sinon je troue la serie tres interesente

  • iscarioth

    26/08/2006 à 13h33

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    De la romance et de vagues questions de moralité/réflexion sur fond d'hopital très fantasmé. Ca ressemble à Urgences, série qui avait au moins le mérite d'innover.

  • Djak

    26/08/2006 à 13h46

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    argh non, la série et tout de meme différente !

  • hunt

    01/09/2006 à 22h32

    Répondre

    j'accroche, et je sais pas trop pourquoi. à vrai dire personne ne sait vraiment pourquoi ca marche vu le contexte, mais ca marche.

  • alenia7

    07/09/2006 à 16h51

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    Le non Grey est apparemment un jeu de mots avec un anatomiste nommé Dr.Gray, cela est très intéressant, mais est-ce que le succès va tenir, esperons-le !

  • sven

    07/09/2006 à 16h58

    Répondre

    d'un point de vue médical, en tout cas, d'un point de vue médical français, y'a de quoi bien se marrer (et pourtant, ce n'est pas le but de la série )

    entre le chirurgien qui assure à lui tout seul la consultation, l'anesthésie (ou presque), l'opération (et ce, quelque soit la chirurgie, sont fooooorts...), la réanimation, la post-réanimation, et qui a aussi le temps de parler à la famille, de la réconforter, et d'aller chercher de la bouffe chinoise au patient et à sa famille quand il sort du coma... ouaaaaaah, ils sont forts, ces médecins américains

  • alenia7

    07/09/2006 à 17h02

    Répondre

    C'est le but d'une fiction nous laisser une part de rêve et surréalisme

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