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Glamour

Dans la famille des magazines féminins, voilà Glamour, plus récemment implanté en France que la majorité de ses concurrents. Ce magazine applique la bonne vieille recette de base, c'est-à-dire people + mode + vie quotidienne. Mais ce n'est pas parce que l'on a la recette que le plat est bon.

De l'art délicat de l'organisation

Uniquement disponible au format poche, Glamour possède des couvertures relativement attirantes, avec de gros nombres qui en imposent (« 546 panoplies du soir ») et des titres accrocheurs (« Sexe : non, pas ce soir... (Ni demain d'ailleurs) »)
Par contre, dès que l'on ouvre le magazine, c'est nettement moins réjouissant. Le sommaire n'est pas bien conçu et il n'est pas rare d'éprouver des difficultés lorsque l'on recherche un article en particulier. C'est un peu le bazar.
Heureusement, la mise en page claire vient rattraper l'ensemble. Glamour frôle le juste milieu : lisible sans donner l'impression que le maquettiste soit un dangereux maniaque du rangement, contrairement par exemple à des magazines comme Isa ou Bien dans ma vie, dans lesquels tout est divisé en rubrique, sous rubriques et rubriques de sous rubriques, parfaitement effrayant.
Pour en revenir à Glamour, malgré un mauvais départ avec le sommaire, nous pouvons dire que le point fort de ce magazine est sa mise en page. Parce que la forme est de bonne qualité, mais dès que l'on s'intéresse au fond, il y a un os.

Qui peut le moins, peut le moins.

Les articles sont basiques : les thèmes abordés sont des récurrences de la presse féminine, ce qui ne serait pas grave si le traitement de ces sujets était différent. Mais voilà, Glamour semble avoir pris le parti d'en faire le minimum sur le fond.
Une grosse place est laissée au people ; vous apprendrez, ô joie, la dernière robe qu'a porté Madonna, ou la bonne manière de décliner la dernière mode lorsque tous les photographes vous courent après.
Du côté de la mode, Glamour privilégie la quantité à la qualité : des pages et des pages remplies de jupes, robes, pulls, chaussures avec ou sans talon, etc., selon le thème du mois. Pas de quoi combler les amateurs de shoping, puisque les vêtements présentés sont soit à la limite du mauvais goût, soit vus et revus à la télévision et dans les autres magazines.

Sur le rire

Restent donc les articles de fond, ceux qui déterminent en général la qualité d'un bon magazine féminin. Pas de suspense, disons-le tout net : c'est pas franchement terrible. Les thèmes sont classiques, vus et revus dans le reste de la presse.
Le pire de tout cela, c'est le manque flagrant d'humour. Le manque d'intérêt des thèmes aurait pu être comblé par un traitement différent, quelque chose de drôle... Et bien, absolument pas. Les articles amusants de chaque numéro se comptent sur les deux doigts d'une main dans le meilleur des cas. Le reste du contenu tente de jouer sur la provocation, frôlant parfois la vulgarité, mais ne parvenant jamais à captiver le lecteur.

En définitive, Glamour n'est qu'une très pâle copie de ce qui se fait d'autre en matière de magazines féminins. Très préoccupé par l'éternelle question « in ou out ? », Glamour en oublie de se constituer une véritable identité, et continue, numéro après numéro, de calquer le reste de la presse, sans avoir de saveur particulière.

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