8/10

Gilmore Girls - Saison 2

La deuxième saison de Gilmore Girls reprend l'histoire peu après la fin de la première saison. Ainsi, les scénaristes choisissent de continuer le train-train scénaristique qu'ils avaient si brillamment installé. Cependant, et l'on va vite s'en rendre compte, ils vont partir dans de multiples directions, ce qui ne sera pas pour déplaire.

Les épisodes explorent donc plus de possibilités scénaristiques, s'écartant parfois des trames principales. Pour notre plus grand bonheur, cela donne des scènes et épisodes cultes comme la parenthèse The Road Trip to Harvard. En outre, Amy Sherman-Palladino, la créatrice, scénariste et productrice principale de la série, décide d'explorer intimement les caractères. De la sorte chaque personnage secondaire gagne une force considérable, comme Paris, Dean, Mrs. Kim (Emily Kuroda), Miss Patty (Liz Torres), Jess Mariano (Milo Ventimiglia, formidablement énervant) ou encore Kirk (Sean Gunn), à quoi l'on doit un court métrage très « cinéma indépendant » absolument hilarant.
En dehors de l'introduction de nouveaux personnages et le développement des seconds rôles indispensables au tableau vivant qu'est la série, la vie tourne toujours autour des deux filles Gilmore.
Pour Rory, les choses s'arrangent considérablement concernant son intégration sociale concrète à Chilton. Ses relations avec Paris, Louise (Teal Redmann) et Madeline (Shelly Cole) évoluent pour devenir fondatrices de moments marquants. Niveau scolaire, elle est indéniablement performante, brillante et d'une adaptabilité étonnante. Côté amoureux, Rory est plus que jamais au centre d'un triangle qui va la révéler bien moins angélique qu'on la connaissait. La saison 2 développe subtilement les tensions entre deux garçons concurrents, la force d'un amour inattendu, les sacrifices qu'il implique, la complicité, les incertitudes et les mensonges qui y sont liés. On regrettera le départ du beau Tristan (Chad Michael Murray), le taquineur de la saison 1, qui - on l'admettra volontiers - était clairement de trop avec l'arrivée de Jess. Toujours aussi impressionnante dans son jeu, Alexis Bledel est belle et touchante, à un point tel qu'elle donne une crédibilité la plus totale aux passions qu'elle déchaîne.
Pour Lorelai, toujours aussi boute-en-train, les histoires amoureuses partent dans tous les sens et l'on sent bien à quel degré elle est perdue. N'ayant plus le droit à l'erreur vis-à-vis de Rory, elle doit faire un choix définitif d'homme pour ne pas la décevoir. Ainsi Max, Christopher Hayden (le père de Rory, interprété par David Sutcliffe), Luke et d'autres prétendants vont animer la vie sentimentale de Lorelai. Il sera question de mariage, d'amitié, de conflits, de déceptions, de ruptures et d'événements inattendus. Les scènes qui en découlent font évoluer le spectateur entre l'amusement, le rire et l'émotion. Ils sont une grande force de cette saison. Niveau familial, les relations entre Lorelai et ses parents s'intensifient de manière aussi conséquente dans le positif que dans le dramatique douloureux. Les problèmes qu'ils rencontrent sont des schémas circulaires infinis qui coincent systématiquement à un moment où à un autre à cause d'actes passés inchangeables et de parents souvent trop bornés par leur éducation. A ce propos, le père de Lorelai prend une place plus importante et gagne en profondeur avec ses interrogations professionnelles arrivé à un certain âge. L'interprétation d'Edward Herrmann est admirable de justesse, donnant fréquemment au spectateur des sensations de honte lorsque le personnage ne se contrôle pas en public. Le personnage d'Emily prend aussi du galon, manifestant de manière toujours plus oppressante sa vision de la vie des gens qui l'entourent.
Le drame est largement plus présent que dans la saison 1. Bien qu'il soit la plupart du temps prévisible, il donne à la saison 2 un rythme inédit. La série est de moins en moins gentille et offre des opportunités beaucoup plus étendues que précédemment. Les références au cinéma, à la musique et à la littérature sont encore plus nombreuses et toujours aussi jouissives pour les spectateurs avertis. Lane est un plaisir pour tout amateur de musique alternative, Lorelai un délice pour les cinéphiles, Rory et Jess des bénédictions pour les lecteurs.

Malgré le fait qu'on puisse être à priori perturbé par les multiples directions prises par les scénaristes, la saison 2 de Gilmore Girls s'impose sans aucun doute comme plus rythmé, complexe, étendue, drôle et dramatique que la précédente.

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