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Gilmore Girls - Saison 1

Lorelai (Lauren Graham) et Rory Gilmore (Alexis Bledel), respectivement mère et fille, vivent à « Stars Hollow » dans le Connecticut. Pour que Rory puisse entrer à Chilton, le prestigieux lycée dans lequel elle vient de se faire accepter, Lorelai accepte une aide financière de ses parents...

Une petite ville, une mère, une fille adolescente, une famille et des amis: ainsi pourrait-on résumer la série Gilmore Girls. Mélangeant humour, tensions familiales, relations amoureuses et amicales, scènes du quotidien et un soupçon de drame, la création télévisuelle de Amy Sherman propose un cocktail de vie positif et émouvant.

Il y a Rory, l'adolescente de 16 ans aux yeux bleus transperçants, dotée d'une gentillesse et d'une maturité incroyables; sa mère Lorelai, âgée de 32 ans, qui possède un impressionnante capacité au débit de blagues, un charme certain et un caractère délirant. Autour de ces deux héroïnes gravite une galerie de personnages riches en couleurs: Luke Danes (Scott Patterson), l'ami attentif de Lorelai, gérant d'un restaurant; Lane Kim (Keiko Agena), la meilleure amie de Rory, passionnée de musiques et de films; Michel Gerard (Yanic Truesdale), le collègue français de Lorelai à l'accent anglais impayable; Sookie St. James (Melissa McCarthy), l'amie cuisinière et déjantée de Lorelai; Richard Gilmore (Edward Herrmann), le grand-père intraverti de Rory; Emily Gilmore, la grand-mère aux valeurs traditionnelles de Rory; Dean Forester (Jared Padalecki), le petit ami attachant de Rory; Tristan DuGrey (Chad Michael Murray), le camarade taquineur épris de l'adolescente aux yeux bleus; Paris Geller (Liza Weil), la rivale scolaire de Rory; Max Medina (Scott Cohen), le professeur d'anglais proche de Lorelai...
Tous ces seconds rôles, auxquels on pourrait facilement en ajouter une dizaine, apportent chacun leur pierre à des histoires parfaitement équilibrées entre l'anecdotisme de situations quotidiennes et la profondeur de références, réflexions et situations qui en découlent.
Que ce soit pour l'amateur de musique, de cinéma ou de littérature, la profusion d'allusions à des artistes et écrivains est un vrai bonheur: on retiendra en vrac les clins d'oeil aux Bangles (qui jouent en concert dans un épisode), à John Carpenter, Grandaddy, PJ Harvey, XTC, Beck, Black Box Recorder, Claudine Longet, Proust, Stephen King...
Les réflexions quant à elles, se portent sur l'éducation, la parenté, la famille, l'adolescence, la difficulté de s'occuper d'un enfant qu'on a eu à 16 ans, le poids des relations amoureuses antérieures, la peur de répéter les mêmes erreurs, les différences sociales, la réalisation professionnelle, la solitude, la solidarité locale, les rêves d'avenir... Justes et touchants, ces thèmes sont abordés sans jamais tomber dans une morale irritante. Souvent même, Gilmore Girls surprend en changeant de ton alors que l'on ne s'y attendait pas. Le jeu des acteurs, impeccables pour absolument tout le monde, apporte beaucoup à la crédibilité des histoires.
Enfin, les situations passent des délires et quiproquos amusants aux drames inattendus, en passant par les soirées dansantes, les séances de travail professionnelles et scolaires, les évènements du village, les rendez-vous amoureux, les confidences entre mère-fille, entre ami(e)s...

Drôle, intelligente et intime, la première saison de Gilmore Girls expose un univers proche du spectateur qui peut paraître classique mais qui, plein d'évènements multiples, aussi bien heureux que tristes, ne l'est pas. Il est en effet très rare qu'une série parvienne si bien à introduire le visionneur dans un espace doux, rassurant et respirant la joie de vivre.

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