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Ghost Squad - Saison 1

En dépit de quelques lenteurs et d'un traitement parfois brouillon, Ghost Squad se laisse regarder.

Depuis quelques années, Canal+ invite son correspondant anglais à faire vivre l'été crypté. Pendant les vacances de Jack Bauer, des ménagères désespérées de Wisteria Lane et de Vic Mackey, Mi:5, Messiah et Ghost Squad prennent le relais. Cette dernière est diffusée depuis le dimanche 16 juillet et met en scène Amy Harris, une policière tout ce qu'il y a de plus "british".

Haut les mains, peau de lapin

(© Canal+)
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Si Ghost Squad est effectivement un exemple de série policière parmi d'autres, elle à l'originalité d'avoir choisi un angle particulier, celui d'une unité spéciale à la poursuite de policiers passés du mauvais côté de la barrière, le Ghost Squad.

La série se focalise sur le parcours de la jeune et idéaliste Amy Harris fraîchement recrutée par l'inflexible Carole McKay. Aidée du fidèle Pete Maitland et des autres membres de l'équipe d'élite, elle traque les flics les plus retors sur un mode éloigné du positivisme scientifique devenu à la mode grâce aux Experts, en proposant un retour à l'enquête simple fondée sur l'observation, la récolte d'aveux et de flagrants délits grâce à l'infiltration.

S'en suit des enquêtes caractérisées par leur côté glauque où l'immersion paranoïaque des personnages sur le terrain contamine le téléspectateur. Un élément soutenu par une mise en scène en adéquation faite de mouvements de caméra nerveux et de décors aux tons poisseux.

La maîtresse en maillot de bain

Immersive, la série a le défaut d'être un tantinet brouillonne. A vouloir rendre au mieux la duplicité du déroulement des enquêtes d'une Police des Polices britannique, la série multiplie les personnages au double jeu et règle les mouvements de sa caméra sur un rythme free-jazz. Devant une telle confusion, voulue il est vrai, le téléspectateur peu attentif pourra se retrouver facilement perdu.

(© Canal+)
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Un point de repère permet néanmoins de garder le fil de l'intrigue : l'héroïne Amy Harris. Ce personnage de femme flic battante est la qualité première de Ghost Squad. La comédienne Elaine Cassidy parvient à insuffler à son rôle une véritable force dramatique entre la fragilité diaphane et le flegme "so british". Une sorte de charisme magnétique en creux, moteur de la série face aux interprétations palotes du reste de la distribution.

Ghost Squad souffre aussi d'un défaut commun à bon nombre de séries anglaises diffusées sur le sol français : un doublage de piètre qualité. Au contraire des séries stars de l'année, Canal+ a semble-t-il fait l'impasse sur une rediffusion en version originale sous-titrée. Dommage.

Pour conclure, en dépit de quelques lenteurs et d'un traitement parfois brouillon, Ghost Squad reste une série qui se laisse regarder.

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