7/10

Friends - Saison 5

Saison inégale au milieu d'une série culte, la cinquième pose les bases de la deuxième période de la série : c'est l'arrivée de l'âge adulte. Heureusement ce n'est pas encore ennuyeux.

Si on peut dire énormément de bien de cette série, il reste bon de se pencher sur chaque saison au cas par cas. A la manière de toute révolution planétaire et de ses incidences, certaines parties de l'univers Friends sont bien plus inconsistantes que d'autres. La saison 5 en est un parfait exemple. La série à ce stade n'a plus besoin de s'imposer, et continue à marcher sur de simples ficelles techniques qui ont fait son succès. Heureusement, cette technique reste sublime et bénéficie d'un travail d'écriture tout aussi impressionnant. Mais les petits plus qui rendent les autres saisons si palpitantes ne se présentent pas à nous dans toutes les variations possibles que nous leur connaissons.

Tout commence par un retour sur le suspense de fin de saison précédente comme d'habitude. Pour ceux qui se rappellent, Ross se marie à Londres avec Emily et tout le monde sauf Phoebe est présent dans cette église en démolition, lorsque Ross décide de se tromper de nom et remplace Emily par Rachel dans son serment. Pendant ce temps, Monica et Chandler ont passé leur première nuit ensemble après la répétition du dîner de mariage et se posent leurs premières questions. Phoebe quant à elle attend les triplés de son frère et ne peut pas prendre l'avion, et Joey reste Joey.

Ce qui se passera par la suite, comme énoncé un peu plus haut, est assez mou et ne possède pas toutes les qualités qu'on connait à la série. Il y a fort à parier que le plus gros problème vient de la lenteur de l'histoire entre Ross et Emily, mais cette histoire se permet de traîner pendant une bonne moitié de la saison au détriment des moteurs habituels d'une absence d'instigue générale. Il est également possible que le personnage d'Emily gâche encore plus la série par son absence pleine de lourdeur que lors de sa présence largement critiquée sur la saison 4. Heureusement le rythme reprend enfin vers la fin des 24 épisodes que comprend la saison et le voyage reprend de plus belle.

Cette saison reste très importante car elle met en place les bases d'une nouvelle ère de Friends. C'est le moment où la sitcom devient le moteur comique et générationnel qu'elle deviendra plus tard. Les personnages passent à leur évolution supérieure et l'amitié se propage aux frontières de l'entendement, nous prouvant que ces six amis sont vraiment devenus soudés et qu'ils risquent de le rester jusqu'à la fin. Cella nous permet de nous abandonner enfin à leurs histoires sans peur que cela se termine, mais c'est aussi une façon d'amorcer lentement la fin. Là où d'autres séries n'arrivent pas à grandir comme Beverly Hills, Friends y arrive sans trop de pots cassés, en ne laissant qu'une vague sensation d'imperfection.

Individuellement c'est aussi l'année ou Ross développera tout son potentiel. En effet jusque-là assez calme dans son rôle de sentimental un peu crétin mais gentil, il devient le moteur comique de la dynamique de groupe en régressant petit à petit pour devenir un personnage beaucoup plus développé et important à la mise en scène des histoires à venir.

En parallèle, Chandler et Monica donnent la contrepartie relationnelle de l'histoire et déclenchent les soupirs bienheureux du public féminin. L'histoire d'amour est en marche et correspond au début d'un âge adulte dans lequel ils rentreront tous les uns après les autres sauf Joey.

Au programme, un accouchement de triplés sur fond de Happy days, une aventure improbable avec Janice (encore une), des blagues en cascades de la part d'un Matthew Perry qui commence à grossir, la rencontre de Phoebe avec son père, un voyage qui nous amènera d'un mariage à Londres vers une autre à Las Vegas. A voir quoi qu'il en soit quand on est fan.

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