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Episodes, Saison 1 - Matt plus fort que Joey

Une série télé sur une série télé ? Oui pourquoi pas, c'est assez original. Mais avec une star qui joue son propre rôle ? Ah, ça devient plus intéressant. C'est le concept d'Episodes, la nouvelle série de Matt LeBlanc qui entame sa troisième saison. Il est temps pour Krinein de s'y intéresser.

Sean et Beverly sont deux scénaristes anglais dont la série cartonne aux pays des rosbifs. Tant et si bien qu'un grand producteur américain les approche pour adapter la série de l'autre côté de l'Atlantique. Devant ce projet si séduisant, ils ne tardent pas à faire leurs valises pour découvrir Hollywood et ses charmes... Seul problème : la production décide de mettre dans le rôle principal, celui d'un vieux proviseur de collège très cultivé, Matt LeBlanc, alias Joey de Friends.

Téééléééé ! Ton univers impitoyaaableu...

La première saison ne fait que sept épisodes et dépeint en gros les galères que rencontrent Sean et Beverly. Des galères somme toute assez classique et c'est le principal reproche que l'on peut faire à Episodes. Le cadre étant plutôt original, on pourrait s'attendre à des intrigues un peu plus poussées sur ce qu'implique de travailler dans le monde cruel de la télé américaine. Et la série s'y attache de temps en temps dans une mise en abîme intéressante et intelligente.


Sean et Beverly voient leur série complètement transformée par la production.

 

Malheureusement, la plupart des intrigues tournent autour des histoires de cœur et de cul (surtout de cul) des protagonistes. Le sujet d'origine se retrouve donc souvent en arrière-plan et sert de prétexte à une multiplication de triangles amoureux lorgnant souvent du côté de l'humour gras.

De plus, le rythme des épisodes est un peu déstructuré. Certains paraissent longs sans qu'il ne se passe grand chose et on a l'impression que l'intrigue commence dans les trois dernières minutes, juste le temps de nous donner envie de voir le prochain. Ceci est accentué par le fait que, comme je l'ai déjà dit, le scénario soit tellement prévisible. On sait déjà à peu près quelles directions les personnages vont prendre, passer deux épisodes à le construire est un peu frustrant.

Matt LeBlanc en a une grosse

Pourtant, Episodes connaît quelques fulgurances d'humour et de pertinence grâce à ses personnages inoubliables. Le couple anglais est impressionnant de réalisme et de justesse. Beverly est une grande gueule un peu vulgaire et Sean est timide et gauche avec son physique improbable quelque part entre Max Boublil, Ben Stiller et Mika (si, si...). Mais loin d'être caricaturaux, ils sont tous les deux pleins de nuances et se révèlent au fur et à mesure des intrigues.

Mais la révélation de la série c'est bien sûr Matt LeBlanc dans son propre rôle. L'acteur fait preuve d'une introspection et d'un second degré assez extrêmes. Séducteur au membre démesuré, il est aussi cette star de série qui n'a jamais connu la gloire. Episodes est sans concession avec sa star qui a l'air sympa à première vue mais qui se révèle petit à petit obsédé, alcoolique, vieillissant, égocentrique et psychotique.


C'est pas une blague, sur cette photo je crois qu'ils parlent de sa... chose.

 

Mais malgré tout ça, la série arrive à le rendre attachant et à nous faire plaindre cette célébrité sur le retour obsédée par ses succès passés. D'ailleurs, d'après les experts de Friends (oui, oui c'est un vrai métier), Episodes a permis de faire sortir Matt LeBlanc de la malédiction des anciens de Friends comme  Courteney Cox avec Cougar Town.

Les seconds rôles ne sont pas en reste avec notamment la starlette liftinguée et surtout le producteur mégalo, infidèle et manipulateur qui correspond tout à fait à l'image maléfique que l'on peut se faire des producteurs télés américains.

Mention spéciale à un personnage secondaire que je désignerais par « la blonde ». Elle sort au maximum une ou deux répliques par épisode mais qui donne à chaque fois envie de se taper la tête contre les murs.

Des personnages attachants donc, mais un scénario trop prévisible qui ne parvient à décoller que lorsqu'on se concentre davantage sur la vie de la série et moins sur les problèmes sentimentaux des personnages. Cela dit, pour passer un petit moment sympathique sans prise de tête, Episodes convient parfaitement.


La tête contre les murs, je vous dis.

 

A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

1 commentaires

  • Anonyme

    28/01/2014 à 19h36

    Répondre

    J'ai bien accroché à la première saison même s'il est vrai que je devinais déjà ce qui allait se passer. Mais les personnages sont attachants et drôles. Flammes-and-co a raison pour la blonde (faut la regarder elle).

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