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Dubosc (Franck) - Il était une fois... Franck Dubosc

Franck Dubosc se (la) raconte mais teinte le spectacle d'une tendresse inattendue. Sous son personnage égocentrique et arrogant pointe subrepticement le garçon solitaire et quasiment handicapé sentimentalement.

Difficile de savoir si le DVD du dernier spectacle de Franck Dubosc rencontrera le succès, avec la concurrence du Merki de son pote Elie Semoun et surtout après le four du film Cinéman sorti deux semaines plus tôt. Inversement, il est intéressant de constater que le film n'a pas su rassembler les amateurs du comique (pourtant nombreux à l'avoir acclamé sur scène), à défaut d'avoir convaincu les détracteurs. © 2009 Juste pour Rire / PTP Productions - Photos : © Pascalito
© 2009 Juste pour Rire / PTP Productions
Photos : © Pascalito
La réponse réside peut-être dans le rapport privilégié que Dubosc entretient directement avec le public : misant en grande partie sur l'affectif, il donne une impression de copinage qui se poursuit de spectacle en spectacle, et se contentait dans Camping et Disco de reprendre son personnage de scène sous forme d'extensions de ses sketches. En revanche, Cinéman est un projet taillé pour un autre acteur, dans lequel Francky n'insère ses propres blagues qu'à grand peine. Le résultat fait fuir les allergiques, mais repousse également ceux qui auraient voulu retrouve LE Dubosc. Le paradoxe que dévoilent Il était une fois Franck Dubosc et ses bonus est flagrant : l'homme n'est pas le même sur scène que dans la vie. Ce qui le rend éminemment plus supportable que certains de ses confrères : Michaël Youn et Patrick Timsit, notamment, qui aiment aussi se poser en idole sur scène, mais le font au premier degré là où Dubosc charge délibérément la dose pour contrebalancer une nature sans doute plus humble.

Après Du beau, du bon Dubosc, J'vous ai pas raconté ? et Romantique, le comédien a choisi de quitter les rails de l'exploitation ad nauseam des histoires de cul et de cœur über-romancées, assorties d'exploits héroïques capillo-tractés. Cette fois, il raconte sa vie, en commençant par le début (son enfance au cours de © 2009 Juste pour Rire / PTP Productions - Photos : © Pascalito
© 2009 Juste pour Rire / PTP Productions
Photos : © Pascalito
laquelle sa maman l'appelait Kikito) et en s'acheminant jusqu'à ses 84 ans, en faisant l'ellipse de ses années de notoriété (pour compléter, revoir ses précédents spectacles). Le phrasé, les mimiques : on est en terrain connu, mais le fond est à hauteur humaine, Dubosc évoque de vraies tranches de vie, bien que vastement romancées pour les besoins de l'humour. Le rire reste son souci premier, quitte à verser dans la facilité, le déjà-vu, l'implication trop longue du public, l'abondance de blagues centrées sur la quéquette (prénommée Jean-Claude) et la scatologie occasionnelle. Le showmanship incontestable du comique permet de faire passer l'ensemble sans peine, et le punch de la mise en scène millimétrée force le respect. Franck Dubosc sait faire rire, il le fait bien, et se permet au passage de rappeler qu'il faut distinguer ce qu'il est de ce qu'il paraît être. La dernière séquence du spectacle, à ce titre, fait presque de la peine : se projetant quelques décennies dans le futur, il se voit seul, vivant essentiellement sur le souvenir de son principal amour : le public... Ouch.

Au programme du DVD de base, deux bonus : un making-of de 40 minutes instructif mais un peu longuet, qui suit la préparation du spectacle depuis la création du texte jusqu'aux représentations au Palais des Sports un an plus tard ; et un quiz « Quel fan es-tu ? », qui débouche sur une intervention un peu forcée de Dubosc (variable selon le nombre de bonnes réponses, bien entendu). Sur l'édition "prestige", un deuxième DVD fournit quatre vidéos supplémentaires : Dis-moi Franck, Il était une fois un gagnant, Le spectacle en 7 étapes et Il était une fois... de Kikito à Franck Dubosc.

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1 commentaires

  • Anonyme

    08/11/2009 à 23h45

    Répondre

    Je déteste ce type!

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