6.5/10

Dead Zone - Saison 6

Dernière année de visions et d'imbroglios familiaux pour John Smith : les mystères sont démêlés mais pas forcément résolus, et le tout laisse un petit goût d'inachevé. A suivre ?...

Lancée en 2002, la série inspirée du roman de Stephen King a pris fin avec sa sixième saison, désormais disponible en DVD sous la tapageuse mention « La saison où tout change ». Ce qui n'est pas totalement inexact, sans être pour autant tout à fait vrai. En tous cas, les fans de Johnny Smith devraient être laissés Je zone avec une brune...
Je zone avec une brune...
un peu sur leur faim par le dernier épisode, manifestement conçu pour ouvrir vers une possible production de futurs épisodes spéciaux de 90 minutes.

Au cours des treize épisodes (format canadien, plus court que le standard américain) de cette ultime saison, Dead Zone se fait un devoir de résoudre les soucis familiaux du héros. En l'état, il est question de trouver une issue au ménage à trois qu'il forme avec Walt et Sarah, de révéler progressivement à J.J. qu'il est son vrai père (en même temps, quand on s'appelle John Junior, on doit se douter qu'on est davantage le fils de John que de Walt), et d'exhumer le mystère inhérent à ses propres parents. En bouclant la boucle que forment son père et son fils, et en allant au fond du secret du vice-président Stillson (Sean Patrick Flanery), Johnny atteint un stade de maturité effectivement inédit, mais la série elle-même ne subit pas de profonde révolution dans son style ou ses intrigues. A chaque épisode, le médium se retrouve confronté à la vision d'une catastrophe imminente ou d'un crime à débrouiller, qu'il doit empêcher pour sauver une poignée d'inconnus d'une mort affreuse. Toujours incapable de maîtriser son pouvoir (il voit indifféremment le passé ou l'avenir, au ralenti ou en vitesse normale), il n'en apprend pas plus sur la nature de celui-ci, Je zone avec une blonde...
Je zone avec une blonde...
mais fait une découverte sur son origine (qu'il croyait être son coma de six ans). Les scénaristes, quant à eux, s'échinent à varier les décors et les sujets : un cafouillage de fusée dans l'espace, une explosion dans un hall de gare, etc. Notre héros a plus que jamais le chic pour se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment (ou au bon... enfin c'est une question de point de vue). Contrairement à sa collègue de la série Medium ou à son prédécesseur de Demain à la une, Johnny Smith doit déjà se trouver face à une future victime ou une scène de crime pour avoir ses visions. Au bout de six ans de coïncidences, on fatigue un peu.

Visuellement, Dead Zone alterne entre le minimum syndical (les scènes de dialogue et d'enquête frisent la neutralité esthétique totale) et les figures de style imposées depuis les débuts (bullet time, ambiance sépia, transitions en morphing, etc.). Le côté "théâtral" qui impose à Anthony Michael Hall de se tourner vers la caméra pour que l'on puisse plonger dans son œil à chaque nouvelle vision, pour artificiel qu'il soit, n'empêche pas l'acteur de rendre son personnage attachant : on a de la peine pour lui, coupé qu'il est de son fils JJ (pas de bol, l'acteur n'est pas le ... mais sans Sarah, rien ne va
... mais sans Sarah, rien ne va
même que dans les saisons précédentes) et de la charmante Sarah (jouée par Nicole de Boer, la deuxième Dax de la série Star Trek Deep Space Nine... co-créée par Michael Piller, comme Dead Zone). Cet aspect ‘soap opera' et le capital sympathie des acteurs sont finalement ce qui sauve la série, constituée par ailleurs d'histoires assez anecdotiques si on leur enlève le paramètre surnaturel de l'enquête. Dommage de ne pas avoir davantage concentré ces derniers épisodes sur une réelle conclusion. En l'état, la série débouche sur une ouverture, sans proposer le final auquel on aurait pu s'attendre ; au bout de six ans, les auteurs ne se décident pas à clore l'intrigue que David Cronenberg bouclait en 1h40 dans son adaptation de 1983. Un peu de patience et d'espoir seront peut-être suffisants pour voir éclore un téléfilm apocalyptique qui serait enfin dédié à la vision de fin du monde qui hante Johnny depuis la fin de la première saison.

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