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Cavemen - Saison 1

Pas drôle. Enervant. Opération marketing.
Vous aussi résumez une série en trois qualificatifs !

Cavemen ou le marketing viral. Voilà comment devrait être intitulée cette série. Lancée à grand renfort de buzz sur internet, cette série a fait plus que parler d'elle. Non pas que son thème soit original ou novateur. Il est tout simplement celui d'une série de publicité pour une compagnie d'assurance américaine. Le slogan de ces publicités était "so simple even a caveman can do it" et celles ci mettaient en scènes des hommes des cavernes (gros sourcils, pilosité abondante) dégoutés par l'humiliation infligée par ces affiches et vidéo. Une idée sympathique dans le cadre d'une opération marketing, et qui a fait son travail : les cavemen sont devenus extrèmements populaire, et l'image de la marque y est associée.


Le dérapage se trouve lui dans la tête de scénaristes un peu trop fainéants qui ont eu l'idée extraordinaire d'adapter en série ces publicités. Nouveaux acteurs, plus de moyens, une campagne de pub sur internet qui a fait son travail, un buzz extraordinaire, pour au final une série qui affiche clairement ses limitations dans l'épisode pilote.

Nous avons Joel (Jo), jeune cadre dynamique en charge des ventes dans une grande surface de mobilier/electroménager, son frère Jamie un peu simplet sur les bords et Nick, éternel étudiant contestataire. Tout trois sont des cavemen. Le premier cherche à s'intégrer au mieux dans la société, le suivant s'en fiche et le troisième dédie sa vie à penser a la Cause (oui, avec une majuscule) de son peuple. Ajoutez à cela la copine de Jo, jeune, jolie, blonde, et homo sapiens jusqu'au bout des ongles et sa famille rétrograde dont la beaufitude rappelle Dallas et vous aurez le tableau complet. Pour ce qui est de l'intrigue, ne cherchez pas trop loin. Après une tout petite introduction pour nous présenter le contexte, on se retrouve avec une critique ou une moquerie plus ou moins évidente des cavemen. Le petit Nick monte au créneau, le gentil Jo tente de le raisonner, et Jamie meuble.

Si après les deux premiers épisodes tout ce blabla communautariste et indentitariste ne vous donne pas la nausée, c'est que vous avez le coeur bien accroché. La série se veut être une comédie sur le thème de la tolérance, mais elle ne repose au final que sur un humour qui se révèle être une version un peu plus politiquement correct de celui que l'on peut faire en se moquant des radicalistes qui veulent redonner à la communauté XXX (insérez ici un nom de pseudo race) une identité forte. Nick joue le rôle du radicaliste, Jo celui joue le rôle opposé et Jamie fait de la figuration. Et ce n'est pas drôle. On sourit vaguement une ou deux fois dans le pilote, mais par la suite ce sont 20 minutes d'ennui profond qui sont infligées chaque semaine au chroniqueur consciencieux.

Il semblerait cependant que la très grosse chute de popularité de la série après le second épisode et la grêve des scénaristes finisse par avoir raison de cette série, et ce ne sera pas un mal. Après tout, une série qui se permet de remplacer l'acteur d'un des trois protagonistes principaux en cours de route (Jamie n'est pas joué par la même personne dans le pilote et dans les autres épisodes) ne table pas sur ses qualités intrinsèques pour attirer son public.

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    1 commentaires

    • Kei

      28/12/2007 à 16h49

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      Petite précision : le pilote n'a jamais été diffusé aux états unis car qualifié de raciste. Un comble quand même...

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