6.5/10

Bureau (Le) - Saison 1

Une version française de The Office largement en dessous de l'originale britannique. A voir cependant pour François Berléand.

On y passe huit heures par jour. Ses lieux de prédilection sont, dans le désordre, la fontaine à eau, le distributeur de friandises et sodas, l'imprimante collective, la photocopieuse, la salle de conférence, la cuisine, la salle de repos. On y croise la responsable administrative, cerbère gardant précieusement les fournitures, les gens de la compta, de la technique, les collègues et, bien entendu, les chefs et le patron.

Cet environnement social est le bureau, pilier de la vie sociale avec la famille et les amis. Un univers dont la sphère artistique fait bien souvent un drame, et rarement une comédie. Cela jusqu'à ce que Canal+ programme Le Bureau, adaptation d'une série anglaise, The Office.

Retroplanning

L'accueil de la Cogirep
L'accueil de la Cogirep (© Canal+)
Tout débute en 2001, lorsque la chaîne britannique BBC2 accueille sur son antenne The Office, une série comique écrite par la paire Stephen Merchant et Ricky Gervais. Ce dernier, ancien agent du groupe de rock Suede, gagnera son statut de comique anglais en vogue par son interprétation de David Brent, patron infecte et drôle de Wernham Hogg, une entreprise de papeterie de Slough, trou perdu de Grande-Bretagne.

Ces tranches de la vie au travail séduisent les amateurs de comédie cinglante, puis la chaîne américaine NBC qui adaptera la série en 2004, mais aussi Nicolas et Bruno, les auteurs des succulents Messages à caractère informatif programmés sur Canal+ entre 1998 et 2000. Ces derniers trouvent leur "anti-Caméra Café" comme ils le confient dans le numéro 2940 de l'hebdomadaire Télérama, et décident de se lancer dans l'adaptation française de la série.

Who's the boss ?!

Le Bureau prend alors les mêmes et recommence. Une tactique, il est vrai, payante car The Office n'a connu qu'une diffusion confidentielle sur TPS Star en 2003. Il s'agit donc d'un simili-documentaire naturaliste à orientation Strip-Tease avec une brochette d'employés de bureau dépressifs grisés par le manque de passion pour leur labeur. On y retrouve les mêmes personnages que dans la série originale : la standardiste (Laëticia), son petit ami manutentionnaire (Ludovic), le rigolo (Paul), le fayot réserviste de l'armée (Joël) et le patron.

Gilles Triquet en plein travail
Gilles Triquet en plein travail (© Canal+)
François Berléand incarne ce boss, Gilles Triquet, directeur régional de la Cogirep de Villepinte. Un homme qui conçoit qu'être comique et bon patron n'est pas incompatible. Du côté patron, M. Triquet est à ranger dans les mauvais, à la fois couard et incompétent. Du côté, comique, pareil : lourd, tendencieux, voire raciste. Mais Gilles Triquet est sympathique, beaucoup plus que David Brent, vaste immondice provoquant bien souvent le malaise (cf. la saison 2 de la version anglaise de The Office). Le personnage est un gentil benêt qui tente de mettre de la couleur dans la grisaille de ses subalternes.

Un choix discutable car la force de The Office tenait en ce sentiment de dégoût passioné envers David Brent. Mais aussi un choix compréhensible, le bide de The Office sur TPS Star et auprès des programmateurs tv français pouvant être imputé à cet humour cynique très anglo-saxon.

Car François Berléand est en effet intouchable. Avec ses chemises pastels, ses chaussettes de tennis avec pantalon et chaussures de ville, sa teinture repérable à dix kilomètres, son jeu tout en maladresse, il s'en tire en grand "performer" et incarne le patron franchouillard pas débrouillard parfait.

Les seconds rôles, constitués de comédiens inconnus ou très peu vus, donnent également une fraîcheur à l'ensemble comme la clim' près de son poste de travail.

Période d'essai renouvelable

Le Bureau s'appuie sur une trame tellement bien ficelée que la recette se révèle imparable. Cette satire désenchantée de la petite ou moyenne entreprise en fera en rire plus d'un, et plus encore ceux qui ont fait l'expérience du monde du travail.

Cependant uniquement dans l'optique de personnes vierges de toutes versions précédentes de The Office. Parce que contrairement à la version américaine, qui a su (et voulu) développer sa spécificité, Le Bureau n'est qu'une copie carbone, à une chose près : sa méchanceté édulcorée.

Les téléspectateurs qui ne sont pas abonnés à Canal+ pourront découvrir Le Bureau en clair à partir du dimanche 2 juillet à 20h30.

Les coffrets DVD des deux saisons et de l'épilogue de The Office sont disponibles dans les bonnes boutiques.

Visuels © Canal+

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    1 commentaires

    • liloulou

      16/06/2006 à 21h34

      Répondre

      Je dois dire que les épisodes sont de plus en plus drôles au fur et à mesure.

      En fait, j'ai mis 3 épisodes pour vraiment cerner le concept et le trouver irrésistible.
      Je crois que ce qui m'a le plus gêné au début était la manière de filmer, en caméra à l'épaule, avec beaucoup de zooms, comme lors d'un reportage mais en exagéré, ce qui fait que l'image ne se cale jamais très longtemps. Mais une fois habituée, je n'y faisais même plus attention. ( et pourtant, je suis ce qu'on peut appeler une anti-zoom ! )

      Il ne faut surtout pas manquer l'épisode où l'équipe est en journée de formation : hallucinant et vraiment très très drôle ! (et Berléand est dans un état !!!)
      En gros, je conseillerai à tous ceux qui peuvent le voir grâce à la redif en clair de ne pas hésiter : on passe un bon moment.

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