9/10

En analyse - Saison 1 - Semaines 6 à 9

La fin de la première saison d'En analyse est un feu d'artifice de retournements de situations. Encore un excellent moment à passer, doux, dur et dingue.

Les se­maines 6 à 9 - 9/10 ... pour ceux que le sujet in­té­resse...
Les DVDs - 7.5 Une tech­nique ir­ré­pro­chable mais aucun bonus

En analyse se positionne sur un ton analytique clairement freudien et ce depuis le tout premier épisode de la première semaine de thérapie. Et il faut dire que malgré les obstacles et les débordements sur la vie privée du psy et immanquablement sur celle de ses patients les cinq premières semaines restent dans une atmosphère de huis clos assez oppressante. Les sessions sont presque toujours complètes et n'empiètent pas sur un monde extérieur qui n'a lieu d'être que dans la recherche intérieure, les apparitions de la cellule familiale sont très sporadiques. Sur la fin de cette période on sentait déjà le déséquilibre parcourir de frissons l'échine de Paul atteint de désorganisation derrière ses phrases calmes et son ton posé.

Et lorsque la sixième semaine pointe le bout de son nez, les choses s'écroulent dans cet univers inamovible ou seule la recherche d'un endroit sécurisé est primordiale pour
les patients. Alors à ce moment les thérapies s'arrêtent, les sessions sautent, les divorces s'officialisent et les patients changent de vie et dévient de leur objectif initial tandis que Paul se met en colère, qu'il exulte de ses problèmes personnels. Cette nouvelle mise en scène sort du cadre du théâtre de la douleur et des souffrances de l'être humain. Elle devient larmoyante tout en gardant ce calme et cette sérénité observatrice fidèles à la bande d'eau qui se balance de droite à gauche sur le bureau de Paul (en arrière-plan) comme dans la présentation du titre à chaque épisode. Un final en feux d'artifices qui débouche sur un équilibre intermédiaire des plus savants malgré une semaine finale courte qui ne dépose pas les armes dans le cabinet de Paul et se permet de se passer intégralement en extérieur ou presque. Pas de morale, juste l'évolution de plusieurs vies en bien ou en mal, à elles d'en juger.

La réalisation prend avec ces moments intenses tout son sens. Les acteurs sont tout
aussi somptueux qu'ils ont été capables de nous le démontrer et les dialogues toujours aussi savoureux nous bercent dans la tempête de joies et de larmes confondues que les gens de cet univers s'infligent. Et on aime alors encore plus cette série que lorsqu'on l'a découverte. Les épisodes vont trop vite et malgré quelques moments mous, aucun ennui ne vient s'infiltrer dans les instants de grâce d'un monde en décomposition. Les silences après les pleurs comme les cris suivis de regards intenses magnifient les êtres humains et leurs douleurs. On retrouve vraiment un sens aigu de la tragédie couplé à ce petit rire narquois que maîtrise parfaitement Gabriel Byrne et qui le place en haut de la pyramide des personnages, si détaché et si impliqué à la fois.

On regrette une fois de plus l'absence de bonus sur les galettes, y compris sur ce dernier DVD de trois épisodes qui aurait eu largement la place d'être rempli de douceurs, mais concernant l'image c'est un sans faute comme la première partie nous le laissait présager. On apprécie chaque instant de cette édition qui certes reste sommaire dans son support mais possède en contenu intellectuel un gros morceau de culture moderne... pour ceux que le sujet intéresse bien évidemment. Les autres peuvent se laisser emporter aussi comme le personnage de Josh Charles, agnostique de la pratique qui ressort de sa thérapie changé et bouleversé de se comprendre enfin.

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