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L'Agence tous risques

L'agence tous risques c'est vraiment...

Une série qui a bercé notre enfance mais qui a mal vieilli, voilà ce que pourrait être vraiment L'agence tous risques. Et pourtant, c'est bien plus que ça, mais pourquoi ? Reprenons d'abord le pitch extrêmement classique : quatre anciens du Vietnam sont accusés d'un braquage de banque crapuleux commis pendant la guerre. Crapuleux ? Non, pas vraiment, car ils étaient aux ordres, malheureusement aux ordres d'un traître mort au moment même du braquage (dans la saison 5, nos amis de l'agence seront même jugés pour ce crime qu'ils n'ont pas commis). Bref, depuis lors, ces quatre vétérans sont poursuivis par la police militaire, et entre deux poursuites viennent au secours de la veuve et de l'orphelin. Car comme il est dit au générique : "Si vous avez un problème, si personne ne peut vous aider et si vous pouvez les trouver, peut-être pourrez vous engager l'Agence tous risques".

... La dernière chance au dernier moment

Et oui, car tout est là, dans ce rôle de chevaliers blancs qu'endossent (en rechignant toujours un peu bien sûr) les membres de l'équipe composée de John "Hannibal" Smith alias "le colonel" alias "j'aime qu'un plan se déroule sans accroc", Templeton "futé" Peck, "Looping" Murdock et Bosco "Barracuda" Baracus. Ce qui est amusant dans l'agence tous risques est probablement que même si les rôles sont caricaturaux au possible (le grand chef, le beau gosse, le malade mental et le gros costaud - Gary Gigax n'aurait pas fait mieux), les acteurs semblent parfaitement en adéquation avec leurs rôles (d'ailleurs une tentative malheureuse avec Tim Duningan dans le rôle du futé n'a pas dépassé le stade du pilote de la série).J'adore qu'un plan se déroule sans accroc
J'adore qu'un plan se
déroule sans accroc

Le reste - c'est-à-dire les autres protagonistes - n'ont finalement que peu d'importance. La journaliste des débuts (Amy Allen) ne servait que de cruche et faire-valoir pour montrer la haute complexité des plans d'Hannibal, à tel point que l'actrice s'est même plaint à la production du machisme de la série (et aussi de ses collègues masculins).
Revenons toutefois à nos moutons, c'est-à-dire aux chevaliers blancs. A chaque épisode on retrouve les mêmes éléments. Tout d'abord, une technique cinématographique assez molle et pas toujours heureuse ainsi que des acteurs pas au point (en VF c'est encore pire vu qu'il n'y a sans doute pas plus de trois doubleurs pour tous les seconds rôles). Par ailleurs la structuration de chaque épisode est classique : une personne (une famille, une communauté) est maltraitée par des dangereux malfaiteurs (une secte, un dictateur, un alligator géant, des martiens - cherchez les erreurs) et cherche à contacter l'agence tous risques (ce qui ce fera via une rencontre avec Hannibal déguisé). L'agence va alors se réunir (c'est à dire passer à l'hôpital chercher Looping) et commencer son enquête. A un moment ce sera la mouise et Barracuda devra bricoler un tank (avion, lance-roquettes, friteuse, tondeuse) avec les morceaux de barbecue (jambe de bois, horloge suisse, raquette de ping-pong) que Futé aura subtilisé habilement à une jeune fermière (réceptionniste, prostituée borgne) et hop, tout sera fini après un combat épique sans aucun mort.
Les fans noteront que la cinquième saison change la donne car l'agence sera aux ordres du fameux général Stockwell pour aider la patrie pourtant peu reconnaissante, la structuration précédente ne sera donc pas toujours complète.

Les mauvais coups, des truands // L'agence les règle au comptant...


C'est en raison de cette structuration si évidente que je disais au début de ce texte combien L'agence tous risques est loin d'avoir mal vieilli. Bien sûr, la qualité des textes, du jeu des acteurs et même visuelle sont d'une autre époque. En revanche on peut considérer que L'agence tous risques est un conte moderne en ce sens qu'il correspond aux critères de Vladimir Propp. Ce monsieur Propp a théorisé ce qu'était un conte de fée point de vue structure du récit et rôle des acteurs. Et cette structure appel à l'aide, quête, difficulté, résolution de la difficulté grâce à la magie (les inventions de Barracuda) et happy end est la marque d'un conte de fée.
Au final c'est pour cela qu'on ne peut pas s'empêcher de trouver la série sympathique : elle fait appel à des référents de notre enfance.

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Alf

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7 commentaires

  • nazonfly

    06/05/2008 à 12h06

    Répondre

    Très belle critique, et tellement vrai. Tu aurais dû signaler que tous les deux ou trois épisodes revenait aussi le moment où il fallait prendre l'avion et donc endormir Barracuda.


    Tellement de choses tirées par les cheveux, et d'autres cousues de fil blanc qu'on se demande comment ça a pu marcher.


    Ah, Hannibal, déguisé en dinosaure dans le générique, magnifique! 

  • pastis-mirabelle

    06/05/2008 à 13h20

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    Monsieur Propp... ça ne s'invente pas

  • riffhifi

    06/05/2008 à 14h36

    Répondre

    Il faut souligner aussi que la série est avant tout une version bourrine et parodique de Mission impossible : le chef aux cheveux blancs qui aime qu'un plan se déroule sans accroc, le malin qui aime se déguiser... mais bien sûr, le "plan" en question est toujours vachement plus primaire que ceux de leurs confrères ^^

  • Anonyme

    06/05/2008 à 15h50

    Répondre

    Je crois que personne n'avais jamais mis en relation l'Agence Tout Risques avec les théories de Vladimir Propp. Bravo.

  • Guillaume

    06/05/2008 à 22h29

    Répondre

    Ca nous replonge dans des souvenirs d'un autre âge !

  • DrJAy

    12/05/2008 à 17h47

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    90% des plans de générique venait du pilote...


    Ah, quelle série. Le coffret DVD a cessé d'être en VO à partir de la saison 3,  je crois (dernière que j'ai achetée), du coup.


     Heu, Greimas aussi, alors, on peut l'appeler à la rescousse...

  • Anonyme

    22/11/2010 à 18h18

    Répondre

    Moi j'adoir l'agance tous risque je le regarde tous les soir sur TMC barracouda ,hannibal,futé, loopigne et maintenen frenki


    ses tros cool

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